Pornhub et YouPorn au tribunal : les sites porno bientôt interdits en France ?

Et si les sites proposant de la pornographie étaient bientôt interdits en France ? C’est une réalité qui pourrait voir le jour alors que les principaux fournisseurs d’accès ont été assignés en justice.

Si nous étions dans un film Marvel, peut-être existerait-il un univers parallèle où la pornographie n’existerait pas. Mais comme nous n’avons droit qu’à notre pauvre réalité, il n’en est rien et la pornographie est en accès libre d’un simple clic sur une URL. Il y a 30 ans, pour qu’un ado de moins de 18 ans tombe sur des images pornographiques, il fallait qu’il rivalise de malice tellement il était compliqué de mettre la main sur ce genre de vidéo. Il pouvait enregistrer le film diffusé sur Canal + en cachette et attendre après que ses parents sortent de chez lui pour le regarder sur le magnétoscope. Il pouvait aussi aller partager sa trouvaille chez des amis. Bref, c’était la galère. De nos jours, alors que chaque collégien a déjà un téléphone portable connecté entre les mains et qu’Internet est une porte ouverte sur des milliards d’heures de vidéos pornographiques, la quête de l’image défendue est quelque peu simplifiée. Pourtant, ces sites sont officiellement interdits au moins de 18 ans mais les méthodes de vérifications de l’âge des visiteurs ne sont pas très poussées.

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Il est en effet presque risible de constater l’espèce de fausse candeur avec laquelle chaque entrée sur un site de type Porhub est accompagnée de l’affichage de la simple phrase : Avez-vous 18 ans ?

Un simple clic sur « J’ai 18 ans ou plus » et vous avez accès aux vidéos pour adulte. Une belle marque de confiance en la sincérité humaine qui fait vraiment chaud au cœur de la part de ces sites. Sauf que l’on sait tous que tout ceci n’est qu’un jeu ridicule d’apparence et de dupe et que n’importe quel gamin va se faire un malin plaisir de mentir. Pour contrer le problème, deux associations de protection de l’enfance (e-Enfance et la Voix de l’enfant) ont assigné en justice plusieurs fournisseurs d’accès Internet. Elles demandent purement et simplement le blocage de sites pornographiques comme YouPorn, Redtube et consorts.

Comme ces sites ne font aucun effort pour cadenasser leurs contenus avec sérieux, il semble plus simple de s’attaquer directement à SFR, Orange, Free, Bouygues Telecom, Colt Technologies et Outre-mer Télécom. Tous les grands fournisseurs présents sur le territoire français sont donc invités jeudi 9 septembre au Tribunal judiciaire de Paris pour discuter du problème. Ils devront y faire part de leurs engagements pour interdire aux mineurs d’accéder aux sites proposant du contenu pornographique. Il est en effet inconcevable qu’il soit aussi simple de rentrer sur les pages Web et les associations demandent au juge de prendre en compte « le trouble manifestement illicite causé par les sites pornographiques visés en raison des messages, images et vidéos à caractère pornographiques susceptibles d’être vus par des mineurs ». Elles clament même qu’un jeune sur trois âgé de 12 ans a déjà eu accès à des contenus pornographiques.

Les sites pour adultes vont-ils bientôt devoir changer les choses comme d’autres avant eux ?

Chemin de croix pour le X

La pornographie n’est en effet pas le seul divertissement qui est interdit au moins de 18 ans. C’est également le cas, par exemple, des sites de paris en ligne. Ces derniers font pourtant les choses dans les règles puisque il faut justifier de son âge dès l’inscription avec la présentation de sa carte d’identité en plus d’une photo de vous pour confirmer que le document est bien le vôtre. Voilà un fonctionnement que le monde du divertissement pour adulte connecté devra peut-être bientôt mettre en place. Au moins pour se donner bonne conscience et montrer qu’il est prêt à faire un semblant de pas dans le bon sens de la protection des mineurs.

En mars 2021, le CSA avait déjà mis en demeure plusieurs sites afin qu’ils mettent en place un système de vérification de la majorité plus efficace. L’amende promise si rien n’était fait n’a pas eu l’air de les faire broncher plus que ça. À voir si cette nouvelle approche des associations aura cette fois-ci un réel impact sur leur attentisme.