Ingérence dans la présidentielle ? Google va financer l’AFP pour traquer les « fake news »

Parfois, on tombe par hasard sur une actualité et on se demande si elle vient d’un compte parodique ou du Gorafi, mais non c’est la réalité et c’est à la fois amusant et terrible. C’est ainsi que nous apprenons aujourd’hui que l’AFP va être financée par Google pour faire la chasse aux « fake news »…

Pour les élections présidentielles de 2022, pas question de laisser les ignorants dans leur jus. Ah non ! Du côté de l’AFP on a décidé de prendre les choses en main. Pas question de laisser dire qu’Emmanuel Macron est un reptilien sataniste, que le COVID est l’oeuvre des illuminatis chinois ou que la Terre a une forme de courgette. Pour cela, l’AFP a décidé de créer un label « Objectif Désinfox ». Une des plus grandes agences de presse dans le monde avec Reuters et Associated Press part en croisade. Et pour une totale indépendance, l’AFP a choisi… Google.

Une ingérence étrangère ?

On pourrait croire à une blague, mais non. On demande donc à une entreprise américaine de participer aux débats de la présidentielle en quelque sorte. Que l’AFP veuille vérifier les faits ou faire de la démystification (« fact-checking » ou « debunkage » pour les Jean-Claude Van Damme du fond de la classe), c’est bien légitime, mais pourquoi demander à Google France ? Il s’agit d’une société commerciale étrangère. Et on lui demande de trancher le vrai du faux sur des actualités qui concernent un événement politique majeur. On rêve…

Comme le précise le communiqué AFP ci-dessus consacré au sujet : « ce programme de lutte contre la désinformation […] sera gratuit et géré par l’AFP en toute indépendance éditoriale, grâce au soutien financier de Google. » Visiblement au pays des « fact checkeurs » les liens et conflits d’intérêts n’existent pas… Certains devraient néanmoins ouvrir leur dictionnaire et relire la définition du mot indépendance.

Du pré-digéré pour journalistes dociles et précaires

Mais concrètement comment ça va se passer cette association ? Des formations en ligne, des réunions avec des « experts », mais également du « prêt-à-mâcher » ou du « déjà digéré ». Comme vous voulez. On parle donc d’une plate-forme collaborative avec un dispositif de signalement de contenus trompeurs et surtout une mise à disposition de contenus « fact-checkés » pour les journalistes. Vous vous rendez compte comme c’est bien ? Même plus besoin de travailler quand on est journaliste, il suffit de reprendre les dépêches (bon ça, on connaît) et on peut même y apposer le label « Objectif Désinfox » pour se donner bonne conscience. C’est du temps de gagné ! Les journalistes précaires auto-entrepreneurs pourront prendre leur second job plus rapidement chez Burger King et les journalistes en CDI pourront se concentrer sur les petits fours et les séances d’autoflagornerie.

L’AFP proche du pouvoir ? Fake news !

Enfin si l’association AFP/Google vous fait tiquer à cause du géant américain, ne soyez pas dupe. Selon Libération, un huitième des membres du conseil supérieur et un peu plus du quart des membres du conseil d’administration sont désignés par le gouvernement. Et quand on sait qu’un tiers du budget dépend de l’argent public, on imagine mal les « fact-checkers » chercher des poux dans l’abondante chevelure de Jean Castex…


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