GAFAM : Zemmour, Le Pen, Montebourg et Mélenchon montent au créneau

Les GAFAM, même si elles nous font peur, on les utilise tous les jours et on les nourrit de nos données. Les politiques réagissent à cette hégémonie américaine sur la récolte.

Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft… Ce sont les rois du numérique et ils nous suivent partout, de nos téléphones à nos ordinateurs en passant par nos assistants personnels. Comme de petits espions bien polis et faussement serviables, ils nous épient, moissonnent nos informations et nous connaissent finalement mieux que nos familles et nos amis. Sauf que nos amis connus sous l’acronyme GAFAM n’ont qu’un seul but : vider nos bourses ! À part cette particularité d’objectif, ils ont un autre point commun : ils sont tous américains. À quelques mois de la présidentielle, des politiques français confient leur inquiétude sur cette réalité des faits et les solutions qu’ils proposent pour contrer le problème.

Donner, c’est donner, repris, c’est volé ?

Il faut en effet savoir que le gouvernement américain peut exiger d’avoir accès aux données stockées sur les serveurs détenus par Google, Amazon ou Microsoft. Il peut donc mettre légalement la main sur toutes les informations des entreprises internationales qui s’en servent au quotidien. De quoi se lancer gentiment dans de l’espionnage industriel en toute légalité. Interrogé par Le Point, l’éditorialiste Eric Zemmour, pressenti pour être candidat aux élections présidentielles, demande une réaction du gouvernement pour éviter cette situation dans le futur.

Cela constitue un risque pour notre indépendance, notre souveraineté et la protection des données stratégiques et personnelles. (…) C’est un vrai hold-up ! La France doit se ressaisir et investir massivement dans un écosystème français souverain, puis le rendre obligatoire pour les données de l’État, des administrations et des entreprises stratégiques.

Selon lui, la solution viendrait donc de la création d’un « cloud souverain national » qui permettrait l’indépendance. Il cite d’ailleurs quelques entreprises françaises qui pourraient faire l’affaire, comme OVHcloud, Whaller, Scaleway et Wimi.

Même son de cloche chez Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement National, pour qui « tout ce qui relève du domaine régalien ou stratégique de l’État doit être exclu de tels partenariats ». Elle en appelle à ce que la République française privilégie une indépendance nationale pour tout ce qui est préservation des données stratégiques du gouvernement.

(…) Le Rassemblement national appelle à la mise en place de la préférence nationale et européenne, dans ce domaine comme dans tous les autres. Lorsqu’il s’agit de projets stratégiques ou sensibles, nous croyons évidemment nécessaire de limiter les appels d’offres à des entreprises uniquement nationales.

Bleu, blanc, bouge !

De son côté, Arnaud Montebourg préconise lui aussi le Made in France et rejoint les deux sus-cités sur le fait que le gouvernement se doit d’utiliser des services français pour héberger ses données. Il explique que c’est possible aisément et que l’offre existe déjà, se prenant lui-même en exemple.

Pour le site laremontada.fr, nous travaillons avec la pépite nantaise Clever Cloud, que nous avons trouvée via l’association Euclidia, promoteur de solutions de cloud européen alternatif à Gaia-X. (…) Nous hébergeons les données personnelles et tous nos contacts dans le CRM OHME dédié aux acteurs non lucratifs et dans SendinBlue pour le routage de nos e-mails. Ce sont deux sociétés françaises dont les sièges sociaux sont en France et dont les serveurs sont en France et en Europe selon les standards RGPD les plus exigeants.

Pour Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise, « La maîtrise des données est un des enjeux stratégiques de notre ère numérique. ». Il pointe du doigt cette dépendance en la matière de la France envers d’autres pays. Lui aussi s’inquiète du fait que le service de renseignements américains puisse exiger la livraison de données détenues par les GAFAM. Le politicien soutient en plus que le pays a toutes les cartes en mains pour changer les choses, et fait une proposition pour supporter la création tricolore dans un futur proche.

La France a les moyens d’être à la pointe de l’excellence en matière de numérique, comme elle l’a souvent été. (…) Nous proposons ainsi de créer une agence publique des logiciels libres, qui planifiera leur développement en fonction des besoins de nos services publics comme de nos entreprises.

Quel que soit le prochain politique à la tête de l’État, cette question de la sauvegarde des données sensibles sera sans doute au centre de certains débats. Même si avec le Secrétaire d’État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques en maillot Google, on sait déjà ce que ça va être compliqué…