DMA : le chiffrement de WhatsApp en danger ?

Malgré ses nombreux défauts en termes de confidentialité, l’application WhatsApp propose tout de même un chiffrement de bout en bout sur les messages. Pourtant le nouvel accord européen Digital Market Act, sensé encadré les GAFAM risque bien d’avoir un effet pervers…

Connaissez-vous le DMA ou Digital Market Act ? Il s’agit d’un accord européen qui permettra aux PME du secteur technologique d’exister par rapport aux géants américains et ce, dès janvier 2023. Au programme : consentement explicite pour la publicité ciblée, plus de choix au moment de choisir son navigateur ou son moteur de recherche, des fonctions « sans contact » non restreintes (possibilité d’utiliser les capacités NFC dans son smartphone sans se demander si c’est oui ou non compatible), mais aussi « interopérabilité des plus grands services de messagerie ».

Et c’est là qu’il y a un hic.

Bien sûr, toutes ces mesures sont prometteuses à l’heure où on sent de plus en plus de méfiance vis-à-vis des GAFAM (Google, Mazon, Facebook, Apple et Microsoft). Et puis cela permettrait sur le papier à une personne qui possède une messagerie X d’envoyer des messages à un ami qui n’utilise que Y. Cependant cette dernière mesure pose un problème technique évident : comment faire communiquer WhatsApp, Viber, Snapchat, Telegram ou Signal ?

Un sacré micmac…

Même si ce dernier n’est pas concerné par cette mesure (il faut un chiffre d’affaires annuel supérieur à 7,5 milliards de dollars, une capitalisation boursière d’au moins 75 milliards de dollars et 45 millions d’utilisateurs dans l’UE), comment les autres vont-ils régler ce problème d’interopérabilité ? On parle d’un délai exceptionnel de 2 à 4 ans, mais cela va forcément avoir un impact sur le chiffrement des messages, des appels et des pièces jointes. Les gros vont-ils payer pour les petits ? Qui va décider du protocole à utiliser ? Ne risque-t-on pas de voir un affaiblissement, voir un abandon, du chiffrement sur les messageries instantanées ?

Encore une mesure qui part d’un bon sentiment, mais qui se heurte à une réalité que les décideurs européens ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre… Bruxelles est pavée de bonnes intentions.


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