Arnaques et cafouillages : le pass sanitaire dans la tourmente

Le pass sanitaire est la victime de nombreuses utilisations frauduleuses mais connaît aussi son lot de bugs gênants.

Depuis le 21 juillet, il n’y en a que pour lui dans l’actualité : le pass sanitaire. Une bataille existe notamment entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Ces derniers se font d’ailleurs un plaisir de confirmer leur mécontentement tous les samedis en manifestant dans les rues de plusieurs grandes villes françaises. Une chose est sûre, c’est que le sésame tant décrié n’est pour l’instant pas prêt de disparaître. Profitant de cette aubaine, certains arnaqueurs s’en donnent à cœur joie pour trouver de nouvelles combines.

Pass sanitaire de déjà-vu

Un bon faussaire s’adapte toujours à l’actualité du moment pour y trouver l’écho de crédibilité dont il a besoin pour raconter son histoire. En ce moment, un des termes les plus polémiques en France est donc celui de « Pass Sanitaire ». C’est comme ça que l’on a vu arriver de beaux spécimens d’escroqueries prenant en toile de fond l’objet de toutes les convoitises. La dernière prend la forme d’un e-mail envoyé par la Police Nationale qui vous contacte « suite à une enquête de suspicion de fraude au pass sanitaire ». En gros, on vous soupçonne d’être détenteur d’un faux pass.

Pour prouver le contraire, vous devez envoyer une capture d’écran de votre pass sanitaire, une photo du même document mais dans son format papier ainsi qu’une version PDF. Histoire de pousser l’arnaque jusqu’au bout, il vous est également demandé des copies de votre carte d’identité recto-verso et même un selfie de vous la tenant dans votre main. Tout ceci n’est bien sûre qu’une vilaine manière détournée de récupérer vos données personnelles et de s’en servir frauduleusement, voire de les vendre sur le darknet, comme il est de coutume.

Pourtant, tout a l’air bien vrai dans ce message. L’adresse mail est celle d’un certain Laurant Casinier et l’extension « @police-national.fr » (bloquée depuis par l’Afnic) est quelque peu crédible (en tout cas pour une personne qui n’est pas très à cheval sur les accords des adjectifs). De quoi tomber dans le panneau assez facilement pour quelqu’un d’un peu crédule et soucieux de prouver sa bonne foi. Sachez toutefois que jamais la police nationalE ne vous contactera par mail si elle a une information vous concernant à partager avec vous. Ce sera toujours fait par courrier ou téléphone (ou directement chez vous à 6 heures du mat’ si c’est sérieux).

Impaires et pass

Dans un autre registre, mais cette fois-ci matériel et comme le relatent nos confrères de L’Est républicain, un septuagénaire a eu la mauvaise surprise de se voir dans l’incapacité de faire valider son pass sanitaire. Mais pourquoi ? N’avait-il pas reçu ses doses obligatoires pour confirmer un schéma vaccinal complet ? Oh que si ! Et il était même allé plus loin que ça puisque ce n’était pas deux doses que cet habitant avait reçu mais bien trois ! Pourtant, arrivé dans un restaurant, impossible au moment du contrôle pour les patrons de l’établissement de valider son pass qui ne semblait plus reconnu. Et l’homme de se voir refuser l’entrée.

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Cette mésaventure, le ministre de la santé avait pourtant prévenu qu’il n’y aurait pas lieu qu’elle arrive, affirmant que la troisième injection n’impacterait pas la validation des pass. Il faut croire que le bon élève est allé trop vite pour les mises à jour de l’application TousAntiCovid qui n’avait pas encore eu le temps de s’adapter à l’arrivée de cette troisième dose.

Dans tous les cas, le pass sanitaire est officiellement en place dans l’hexagone jusqu’au 15 novembre. De quoi voir fleurir entre temps de nombreuses autres arnaques et couacs.