Dark Web, Darknet : comment y accéder et y trouver ce qu’on cherche ?

Depuis les annonces qui foulent du pied les libertés individuelles, les mots clés « faux pass sanitaire » ou encore « fausse attestation covid » ont été recherchés des centaines de milliers de fois sur Internet. Le grand public s’est alors intéressé au dark web et ses darknets. Dans cet article nous allons tout vous expliquer…

Le dark web est un pan d’Internet qui n’est pas indexé par les moteurs de recherche. Il est en quelque sorte caché sans pour autant être inaccessible. Plusieurs réseaux cohabitent dans ce monde : Freenet, I2P ou Tor pour ne citer que les plus connus. Ce sont les « darknets ». Le premier demandant un gros investissement personnel et le second étant exclusif aux sites cachés, nous allons parler du plus accessible et polyvalent des darknets : Tor.

De l’anonymat et des sites cachés

Tor permet de surfer anonymement sur le Web « normal », mais aussi d’avoir accès à ce qu’on appelle les «services cachés» (hidden services ou Tor Sites). Ces sites, dont les adresses finissent en « .onion », sont accessibles uniquement via Tor et font couler beaucoup d’encre. Accusés, à raison de mettre à dispositions un paquet de choses illégales, les Barbie/Ken de BFMTV et Jean-Pierre Pernault oublient que c’est aussi un protocole qui permet de protéger les libres-penseurs, les dissidents et les journalistes. Mais bon, on n’a pas vu un journaliste dans les locaux de TF1 depuis 1983 donc…

Un système pour éviter la censure et protéger la vie privée

Tor est un réseau informatique décentralisé qui utilise une architecture en oignon (d’où le logo). Le système est composé de routeurs organisés en couches. Même s’il est théoriquement possible de retrouver un utilisateur (nous ne sommes jamais à 100 % anonymes), il est très difficile de le faire, car chaque routeur ne possède que peu d’information sur son successeur et son prédécesseur (seul le nœud «de sortie» est connu).

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Aujourd’hui, les ennemis de Tor concentrent leur force sur ces nœuds de sortie en essayant de les identifier, mais les développeurs ont plus d’un tour dans leur sac. Pour les FAI qui interdisent ou scrutent l’utilisation de Tor, il est possible de passer par un «bridge», une passerelle qui va faire passer le flux de Tor pour un autre protocole. Pour compliquer le tout, les données qui transitent sont chiffrées. Tor permet donc d’anonymiser les échanges de données sur Internet. Un dissident chinois pourra donc visiter un site, poster sur un blog ou un forum sans pour autant trahir son emplacement géographique ou son identité. Mais ce n’est pas ce qui nous intéresse ici…

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Voici un bel exemple de l’arnaque du moment : les faux « pass sanitaires ». Ici vous pouvez choisir votre pays dont la France. Nous vous déconseillons de tenter l’expérience, car il est impossible de générer un QR code qui sera valide. Il pourrait s’agir de personnes impliquées dans le processus de vaccination et qui feraient des faux, mais les probabilités sont minimes… Vous risquez donc de perdre votre argent et d’encourir une peine de prison et une amende.

Comment accédez au sites cachés de Tor (Android et Windows) ?

Pour aller sur un site caché, il faudra juste installer le navigateur Tor. Alors que le protocole et le navigateur étaient autrefois séparés, les gens en charge du projet ont décidé de simplifier le système pour gagner en popularité et en efficacité. Il faut dire qu’une simple extension dans le navigateur « normal » de l’utilisateur pouvait trahir l’anonymat.

Basé sur Firefox, le « Tor Browser » actuel est donc plus simple et plus sécurisé que jamais. Pour accéder à un site en .onion, il suffit de rentrer l’adresse dans la barre de recherche, mais cela ne fonctionnera qu’avec Tor Browser. Le problème c’est qu’il est difficile de trouver des liens pour le néophyte. Heureusement, nous sommes ceintures noires de Tor et nous allons vous donner les clé pour commencer…

Attention, zone de non-droit

Attention, dans les annuaires vous allez trouver des choses vraiment « limites » : trafic d’armes, trafic de stupéfiants, sites antisémites, sites complotistes… et pire. Il faut comprendre une chose : Tor c’est le monde de la liberté. Être pour ou contre telle ou telle chose, ça n’a pas de sens. Cela existe. Point. Un exemple : même s’il a été réédité en librairie cette année, le darkweb était le seul endroit où vous pouviez vous procurer un livre comme Mein Kampf. On peut le déplorer, mais on peut aussi être intéressé par le livre d’un point de vue historique. De toute façon les nazillons en herbe n’ont pas les compétences intellectuelles pour lire quelque ouvrage que ce soit. On trouve aussi des livres pour réussir son suicide, pour éviter d’être poursuivi pour meurtre en cas d’euthanasie, etc. Si cela vous choque, vous n’êtes pas obligé d’y entrer, vous êtes prévenus.


Darkweb : petit tour du propriétaire avec Tor

1/ Sous Windows/Mac Os

Installer le logiciel et établissez la connexion en cliquant sur le bouton. C’est tout ! Vous pourrez alors surfer sur Internet sans entrave, de manière anonyme (autant qu’on puisse l’être). Le moteur de recherche officiel est DuckDuckGo… Bien sûr, on trouve aussi des versions Linux et Mac.

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2/ Avec un mobile Android

Sur mobile Android, il fallait avant télécharger le duo Orbot/Orfox, mais c’est encore une fois révolu. Tor Browser est téléchargeable sur le Google Play Store et il ne vous faudra rien de plus. Pour parfaire votre anonymat, vous pouvez aussi configurer un pont (si vous vous connectez de Russie ou de Chine), mais nous verrons ça dans un prochain article. De France nous n’en avons pas (encore) besoin.

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3/ Bienvenue dans le darknet

Surfer de manière anonyme sur Internet c’est quand même pas mal, mais le but ici est de trouver des choses qu’on ne trouve pas ailleurs… Pas facile de commencer, car Google ne fonctionne pas là-bas. Si vous cherchez des sites en .onion, il faudra utiliser des moteurs de recherche spécifiques ou des « annuaires ». Eh oui, ce type de sites antédiluviens disparus au début des années 2000 est le meilleur moyen de trouver du contenu pertinent et des adresses.

Voici notre sélection de sites pour vous permettre de commencer.

Attention, il faudra copier-coller les liens dans le navigateur Tor.

Les moteurs de recherche :

  • Ahmia : http://juhanurmihxlp77nkq76byazcldy2hlmovfu2epvl5ankdibsot4csyd.onion
  • Torch : http://xmh57jrknzkhv6y3ls3ubitzfqnkrwxhopf5aygthi7d6rplyvk3noyd.onion
  • DuckDuck Go (version « hidden ») : https://3g2upl4pq6kufc4m.onion/

Les annuaires :

  • Original Hidden Wiki : http://6nhmgdpnyoljh5uzr5kwlatx2u3diou4ldeommfxjz3wkhalzgjqxzqd.onion
  • Hidden Wiki : http://zqktlwiuavvvqqt4ybvgvi7tyo4hjl5xgfuvpdf6otjiycgwqbym2qad.onion
  • TorLinks : http://torlinksge6enmcyyuxjpjkoouw4oorgdgeo7ftnq3zodj7g2zxi3kyd.onion

Sites divers :

  • Wikileaks (site pour les lanceurs d’alerte) : http://rpzgejae7cxxst5vysqsijblti4duzn3kjsmn43ddi2l3jblhk4a44id.onion/wlupload.en.html
  • ProPublica (actualités) : http://p53lf57qovyuvwsc6xnrppyply3vtqm7l6pcobkmyqsiofyeznfu5uqd.onion
  • Imperial Librairy (site de téléchargement de livres) : http://kx5thpx2olielkihfyo4jgjqfb7zx7wxr3sd4xzt26ochei4m6f7tayd.onion
  • Protonmail (webmail chiffré) : https://protonmailrmez3lotccipshtkleegetolb73fuirgj7r4o4vfu7ozyd.onion/login
  • The Pirate Bay (téléchargement de contenu) : http://piratebayztemzmv.onion

Notez que certains de ces sites ont aussi une existence dans le Web « réel » : ils veulent juste parler à toute éventualité au cas où ils se feraient interdire.

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4/ Attention aux arnaques (scams) !

Ne faites pas confiance à des sites qui vous promettent monts et merveilles sur le dark web. Déjà, si vous devez acheter une chose là-bas c’est qu’il y a de fortes chances que ça soit illégal. Ensuite, n’achetez rien sans garantie. Sur le dark web on trouve facilement des services d' »escrow » : un intermédiaire de confiance qui va prendre votre argent et payer le vendeur lorsque vous aurez donné votre accord. Autre chose : malgré tout ce qu’on peut dire sur le Bitcoin, cette monnaie n’est pas anonyme à moins de passer par un « mixeur » de cryptomonnaie. Il s’agit d’un procédé permettant de brouiller les pistes, mais qui n’est pas infaillible.

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