Wish expulsé des résultats Google France aujourd’hui !

Accusé par la répression des fraudes de proposer des produits dangereux, la plate-forme de vente en ligne Wish vient de disparaître dans les résultats des moteurs de recherche en France.

Mise à jour du 30/11/2021 : Ça y est, Wish a complètement disparu des recherches de Google France. Avec un VPN, on voit bien que cela ne concerne que l’Hexagone. Comme prévu, le site n’est pas banni au niveau des DNS comme les sites de téléchargement illégaux, vous pouvez donc y accéder depuis votre navigateur en tapant l’adresse ou en utilisant un marque-page. Notez aussi que l’application Wish a disparu du Google Play Store, faites donc très attention si vous devez la télécharger sous forme d’APK. Mais bon, le mieux est d’oublier ce site et son application… Si vous souhaitez savoir pourquoi cette décision a été prise, nous vous invitons à lire l’article ci dessous.

Article publié le 24 novembre 2021 :

Wish, le site de vente en ligne, compterait aujourd’hui plus de 100 millions de clients à travers le monde et sa capitalisation en Bourse dépasse les 14 milliards de dollars. Même si l’on pense souvent, qu’à l’instar d’AliExpress, le site est chinois, il n’en est rien puisqu’il a été créé à San Francisco en 2010 par la société ContextLogic. Par contre, se positionnant comme un simple intermédiaire entre vendeurs/acheteurs pour qui elle ne gère que les transactions, la plateforme propose finalement exactement les mêmes produits, essentiellement venus du pays de Xi Jinping. Ce qui pose un petit problème à la répression des fraudes hexagonale.

Chine your face, Wish !

Il faut dire que ce genre de site est un grand paradis du n’importe quoi qui ne s’embête pas une seconde à vérifier une quelconque norme de sécurité ou de provenance. Déjà, les contrefaçons y sont reines et les matériaux utilisés pour leur fabrication rient au nez de toute idée de contrôle de dangerosité. Quand vous commandez des Nike Air Jordan à 35 € au lieu de 150 € dans un magasin en France, il ne faut pas s’étonner que l’odeur de toxicité de la semelle vous saute aux naseaux en ouvrant votre paquet qui vient de parcourir 10 000 kilomètres. Devant tant de laisser-aller, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) avait, dès novembre 2020, constaté des irrégularités sur les offres disponibles sur Wish, pointant du doigt justement le caractère contrefait de nombreux produits. Bien décidée à ne pas laisser le mal se propager dans nos frontières, la DGCCRF a aujourd’hui tout simplement demandé à ce que le site ne soit plus indexé dans les moteurs de recherche et n’apparaisse donc plus dans les résultats de Google et consorts. Cette mesure ne permettra également plus à l’application Wish d’être disponible sur les stores.

Elle intervient après une enquête de l’administration française sur la sécurité des produits vendus sur les plateformes de vente en ligne. Wish est épinglé après une analyse de 140 produits qui a montré de nombreux manques en matière de sûreté et de risques pour la santé. Ainsi, 90% des appareils électroniques, 62% des bijoux et 45% des jouets ont été jugés dangereux, que ce soit dans les normes de sécurité ou les matériaux utilisés pour les fabriquer. Wish a reçu un premier avertissement il y a deux mois et a été sommé d’enlever les produits illicites, mais, une fois disparus, ceux-ci faisaient toujours leur retour sous un nom différent. Devant le manque évident de réaction et de bonne volonté de la société américaine, la DGCCRF a décidé de taper du poing avec cette désindexation du site dans les résultats de recherche. Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, s’est montré ferme au micro de nos confrères du Parisien :

Ces acteurs bafouent la réglementation sur la sécurité des produits et c’est inacceptable. Il n’y a pas de raison de tolérer en ligne ce que nous n’acceptons pas dans les commerces physiques.

Cette décision envers Wish sonne-t-elle la mort du site en France ? Rien n’est moins sûr.

Tu me vois, tu ne me vois plus, tu me vois…

Tout d’abord, si Wish ne devrait en effet plus apparaître dans les résultats des moteurs de recherche d’ici une semaine, cela ne signifie pas que le site ne sera plus accessible depuis la France. En effet, si vous tapez l’adresse dans la barre de navigation, vous pourrez toujours vous y rendre dans aucun problème et y acheter en toute liberté des produits dangereux mais pas chers. La vraie question est de savoir jusqu’où intervient la décision de la DGCCRF, et surtout sur un point très précis : la publicité. Qui n’a jamais vu une pub Wish apparaître sur les pages qu’il visite sur Internet ? La plateforme américaine dépense des millions pour ça et il est difficile de passer à côté. Si la sanction du gouvernement concerne également cette pratique commerciale, il est possible que la pollution Wish disparaisse de notre champ de vision publicitaire. À voir dans quelques jours si ce sera ou non le cas.

Curieux nous sommes également de savoir si la sanction envers Wish sera bientôt élargie à d’autres plateformes, comme AliExpress, qui proposent exactement la même offre répréhensible selon Bercy.

On savait que Wish proposait des articles de contrefaçon et des produits avec des photos « non contractuelles ». On sait maintenant que ce sont des produits dangereux. Qui veut d’un iPhone 13 à 63 € ?