WhatsApp dévoile la liste des données qu’il récupère dans votre smartphone

Opération « transparence » pour WhatsApp qui fait une mise à jour de sa collecte de données dans le cœur de vos appareils. Et il y a de quoi surprendre.

WhatsApp, c’est le mastodonte des services mondiaux de messagerie. Crée en 2009 et rachetée en 2014 par Facebook (aujourd’hui Meta), l’application est utilisée par plus de 2 milliards de personnes dans le monde, aussi bien sous Android qu’iOS, et même depuis quelques temps, directement dans les navigateurs Internet. Petit à petit, le service a pratiquement éclipsé la fonction « Envoi de SMS » de nos cerveaux. Propriété de Monsieur Zuckerberg, le roi du data, cela va sans dire que l’Américain demande une contrepartie de votre part d’une manière ou d’une autre, que vous en ayez conscience ou pas. C’est justement ce voile obscure planant au-dessus de la collecte qui s’éclaircie aujourd’hui un peu, et on peut dire que la récolte est abondante pour Tonton Mark, même s’il a fallu qu’il se fasse taper sur les doigts pour nous en parler plus en détails.

Communication breakdown

WhatsApp a toujours clamé qu’il leur était impossible de lire ou écouter les conversations des utilisateurs qui sont chiffrées de bout en bout, ce qui semble bien être le cas, sauf dans des cas bien précis, comme on vous le dévoilait il y a quelques mois. Si la messagerie se fend aujourd’hui d’une nouvelle salve de révélations, ce n’est pas de gaieté de cœur mais surtout pour faire suite à l’amende de 225 millions d’euros infligée, il y a deux mois, par l’autorité irlandaise de protection des données (DPC). Cette condamnation record sanctionnait le non-respect du règlement européen de protection des données personnelles (RGPD). WhatsApp se voyait également donner jusqu’à début décembre pour changer sa politique de confidentialité et la rendre moins nébuleuse. D’où les révélations de ces derniers jours dont nous vous dévoilons les plus importantes en matière de récupération de données.

Profil bas

Tout d’abord, la compagnie américaine réitère son engagement sur le fait qu’elle ne lit, ni n’écoute nos conversations. Par contre, elle nous apprend que certaines informations nous concernant ne sont pas protégées. C’est par exemple le cas de notre photo de profil, de notre section « À propos », ainsi que des noms et des descriptions des groupes de discussions, tout comme la date à laquelle ils ont été créés et celles des mises à jour. Comprendre donc que si votre photo est celle d’un cheval et que vous faites partie d’une discussion « Vive le badminton », il est fort probable que WhatsApp se serve de ces informations pour vous afficher la publicité pour le t-shirt d’un pur-sang une raquette à la main dans Facebook ou Instagram, ses copains de chambrée chez Meta. C’est à peu près les seules informations personnelles qui sont collectées, mais les fouilles ne s’en arrêtent néanmoins pas là pour autant.

L’application se gave en effet également de tonnes de données techniques sur vos habitudes d’utilisation de l’interface. Et là, on peut dire que l’analyse fait froid dans le dos tellement elle semble intrusive d’une manière perverse.

Voici une liste non-exhaustive de ce que WhatsApp pêche dans vos terminaux :

  • Les heures de connexion,
  • Le nom des personnes à qui vous parlez, la fréquence des échanges et leur durée,
  • Le modèle de téléphone, son système d’exploitation et son niveau de batterie (!!!),
  • L’intensité du signal Internet,
  • La version de WhatsApp que vous utilisez,
  • Vos informations de connexion, dont votre opérateur téléphonique ou votre fournisseur d’accès Internet,
  • La langue que vous utilisez,
  • Votre adresse IP,
  • Votre fuseau horaire.

Sachant cela, même si WhatsApp n’a pas l’autorisation de collecter vos données de géolocalisation, elle peut toutefois savoir à peu près où vous vous trouvez en combinant votre adresse IP et le numéro de téléphone dont vous vous servez pour utiliser l’application. Ce dernier peut d’ailleurs être échangé avec certains opérateurs téléphoniques internationaux situés, entre autres, aux Pays-Bas, aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en Suède.

Si toutes ces révélations vous donnent envie de vous désinscrire, il faut savoir que cela prendra au moins 90 jours avant que vous soyez supprimé du système. Ce qui ne sera pas le cas de certaines de vos données, comme celles liées au journal de dépannage ou à l’activité de votre compte. Néanmoins, elles seront anonymisées et la compagnie justifie ces souvenirs en précisant qu’ils servent à rendre l’application plus performante, fiable et efficace.

Comme quoi, le gentil WhatsApp, même s’il le fait plus subtilement que les autres, se gave lui aussi de nos informations du matin jusqu’au soir. Besoin subitement d’une alternative VRAIMENT sécurisée ? Suivez le guide !