Vinted visé par la CNIL, faut-il s’inquiéter ?

Vinted fait dans la vente de vêtements et autres objets d’occasion. Fait-elle pareil avec les données de ses utilisateurs ? Les autorités de protection des données de France et de deux autres pays se penchent sur la question.

« Tu le mets plus ? Vends-le sur Vinted ! » Voilà le motto de la société créée en 2008 en Lituanie. Se posant comme un marché en ligne communautaire, elle permet de revendre/échanger/acheter toutes sortes de choses. Au départ plateforme réservée à la seule vente de vêtements, vous y trouverez aujourd’hui également des sacs, des accessoires, des jouets, des livres et même des meubles. Avec plus de 17 millions d’utilisateurs et 5 millions de visiteurs uniques quotidiens en France, son application est la quatrième la plus visitée dans l’Hexagone sur le secteur de la vente par correspondance. Sachant combien la concurrence est rude, la performance est assez exceptionnelle. Hélas pour Vinted, ce succès pourrait être voilé par une affaire de conformité pas très réglementaire.

Sur Vinted, on trouve même du retrogaming ! Avec des prix parfois un peu fantaisistes…

T’as une carte d’identité ? Mets-la sur Vinted !

La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) a en effet annoncé par le biais d’un communiqué de presse datant du 18 novembre la constitution d’un groupe de travail européen pour se pencher sur le cas de Vinted. Dans le viseur, des écarts possibles par rapport à la RGPD, comme expliqué sur le site de la CNIL :

À la suite de la réception d’un nombre significatif de plaintes concernant le site de vente en ligne de vêtements vinted.com, géré par l’entreprise lituanienne Vinted UAB, les autorités de protection des données en France, en Lituanie et en Pologne ont décidé de coopérer pour contrôler la conformité du site au RGPD.

Ce qui est pointé du doigt par les utilisateurs mécontents de la plateforme, c’est cette demande d’une copie numérisée de la carte d’identité afin de pouvoir recevoir l’argent des ventes. Une exigence rare qui ne semble pas vraiment justifiée et qui pourrait ne pas être conforme au règlement. Les CNIL vont dont contrôler la légalité de cette façon de fonctionner. Autres sujets passés au crible, la procédure et les critères qui permettent de bloquer un compte, ainsi que le temps de conservation des données par Vinted.

Les semaines à venir vont donc être un peu stressantes pour la société lituanienne, même si un porte-parole de Vinted a déjà communiqué sur la collaboration totale de l’entreprise avec le groupe de travail :

Vinted se mobilise au quotidien pour proposer une plateforme simple d’utilisation, fiable et transparente à tous ceux qui souhaitent acheter et vendre des vêtements de seconde-main entre eux. Dans ce cadre, nous nous engageons à préserver la vie privée de nos utilisateurs et à protéger leurs données personnelles. Dans l’attente d’une communication formelle de la part du groupe de travail, nous tenons à affirmer notre volonté de collaborer pleinement avec les autorités compétentes, comme nous l’avons déjà fait avec l’autorité lituanienne de protection des données par le passé.

Une manière calme de rassurer les utilisateurs de la plateforme qui connaît néanmoins une année 2021 un peu troublée, puisque elle est déjà dans le collimateur d’UFC-Que choisir depuis le début de l’année.

Tu veux des frais cachés ? Paye-les sur Vinted !

C’est en effet en mai que l’association de consommateurs UFC-Que choisir a lancé une action de groupe contre Vinted pour « pratique commerciale trompeuse ». En cause, une commission de plus ou moins 5% encaissée sur les ventes par la société sous l’intitulé « Protection acheteurs ». Le problème étant qu’elle n’apparaît qu’au moment de payer et qu’elle est présentée comme optionnelle. Pourtant, malgré tous les efforts du monde, il n’est pas possible de la refuser ou de la supprimer. Pour quelque chose d’optionnelle, ça fait désordre.

L’heure de se recycler est-elle venue pour Vinted ?


Laisser un commentaire