Decryptage News

Trump et Google vont tuer Huawei (la suite)

Google aide Huawei
Huawei est loin d'être sorti des ronces, mais quelques bonnes nouvelles viennent éclaircir cet horizon bien sombre.

Il y a du nouveau dans l’affaire du « Huawei Ban ». Bon, la situation est toujours catastrophique, mais l’entreprise chinoise peut souffler un peu. On vous explique pourquoi.

Un sursis de 90 jours

Premièrement, le Département américain du Commerce a accordé (peut-être pris de soudain remords) une licence générale temporaire de 90 jours à Huawei, pour poursuivre ses activités. Si l’on veut lire entre les lignes, le gouvernement US ne revient absolument pas sur sa décision. Ce délai n’est qu’une « courtoisie » envers Huawei, pour laisser le temps à la firme de se retourner et de trouver des solutions avec ses partenaires.

Dans les faits, quelles vont-être les conséquences de ces trois mois de répit pour les clients de Huawei, particuliers et entreprises confondues ?

  • Pour vous, possesseur de smartphone Huawei ou Honor :  Vous pouvez garder votre smartphone encore quelque temps. Ce sursis de 90 jours autorise Google à continuer de fournir à Huawei les mises à jour de sécurité et les MAJ système Android. L’enjeu est là comprenez-vous, on ne parle pas d’une interdiction de Huawei sur le sol US, mais bien d’une interdiction faite à Google de commercer avec Huawei. De fait, tous les clients à travers le monde sont concernés.
  • Concernant les entreprises : Huawei est une entreprise florissante, avec de très, très nombreux partenaires. Certains magazines américains, notamment nos confrères de The Verge, s’aperçoivent de l’importance crucial du constructeur chinois pour plusieurs opérateurs locaux et régionaux aux Etats-Unis. Ces petites et moyennes structures ont besoin d’avoir accès aux différentes technologies de Huawei pour rester compétitives face aux monstres des télécoms mondiaux (Verizon, AT&T, etc.). Sans ce support, ces sociétés sont condamnées. La solution du Département du commerce ? Trois mois pardi ! Cela doit-être suffisant pour trouver des alternatives non ? Non, pas vraiment.

Google à la rescousse ?

Entendons-nous bien, Google n’est en rien responsable de la situation. La firme de Mountain View ne fait qu’appliquer à la lettre le décret émis par l’administration Trump et le Département du Commerce américain. D’après nos confrères de l’agence Reuters, Huawei travaille en « étroite collaboration » avec le géant du high-tech sur une solution aux récentes restrictions américaines.

Abraham Liu
Abraham Liu, représentant de Huawei auprès des institutions européennes

Le représentant de Huawei auprès des institutions européennes, Abraham Liu, a déclaré que le fabricant asiatique n’avait pas blâmé Google pour cette décision, « qui a été contraint de couper ses liens commerciaux avec la compagnie ». 

« Ils n’ont aucune motivation à nous bloquer. Nous travaillons en étroite collaboration avec Google pour trouver comment Huawei peut gérer la situation et l’impact des décisions prises par le Département du Commerce américain », soutient-il.

Pour Abraham Liu, le second constructeur de smartphone au monde est victime « d’harcèlement et d’intimidation » de la part des Etats-Unis. L’homme conclut ainsi : « Ce n’est pas seulement une attaque contre Huawei. C’est une attaque contre l’ordre libéral, fondé sur des règles ».