Trump banni de Twitter : la célébration de la censure ?

Le « camp du bien » applaudit et les bobos de la Tech (salut les gars !) se sont vite dépêchés de faire des articles pour répandre la bonne nouvelle : le compte Twitter de Donald Trump Jr a été suspendu pour une durée indéterminée. Pas le compte @POTUS officiel (et qui se « passe » de président en président), mais bien son compte perso sur lequel il harangue ses partisans et raconte ses âneries. Aussi clivant que peut l’être « orange man », peut-on se réjouir de son bannissement de Twitter ?

Certes, il n’a sans doute jamais ouvert un livre de sa vie, il est calculateur, teigneux, goujat et mauvais perdant, mais peut-on vraiment se réjouir de voir Donald Trump Jr, le 45e président des USA encore en activité jusqu’au 20 janvier se faire bannir de Twitter ? Le camp du bien a la réponse : « Bien sûr que oui ! Twitter est privé même s’il est public et l’incitation à la prise du Capitole est un délit », « Avec une application stricte des CGU, il aurait dû être viré il y a longtemps ! », « C’est le Président, il n’a pas besoin de Twitter, il peut prendre officiellement la parole quand il veut ». Il est intéressant de voir des gens se réjouir de la censure et de la limitation de la liberté d’expression…quand cela va dans le sens de leurs idées politiques.

Une liberté d’expression à deux vitesses

Si Trump a enfreint la loi et s’il a vraiment incité à la violence, il y a la justice pour le punir : ce n’est pas à Twitter de décider qui parle et qui ne parle pas. La leçon de Twitter passe d’autant plus mal lorsqu’on sait qu’il est souvent bien peu compétent à dégager les djihadistes en Air Max de son réseau. Certes, Trump est influent, mais quand on sait que Erdogan ou Kadyrov ont encore leur compte, ce fait réfléchir. La vérité c’est que Twitter n’est pas impartial et ne l’a jamais été. Il y a des précédents, notamment en 2019 en Égypte lors des manifestations contre al-Sissi.

Dans le cas Trump, Twitter justifie sa décision par la crainte de «nouvelles manifestations armées» aux États-Unis, mais ça ne l’empêche pas de laisser des criminels au pouvoir s’exprimer… tout en muselant leurs opposants.

Et la censure ne concerne pas que Twitter puisque Trump a aussi été « kické » de Facebook. Imaginez que Mark Zuckerberg a dû confirmer que Trump ne pourrait plus rien publier sur sa plate-forme. Ou comment un type de la Silicon Valley dit à l’homme le plus puissant du monde et démocratiquement élu de fermer sa boîte à camembert.

Même le président mexicain s’en est même ému : «J’ai lu la lettre du propriétaire de Facebook et je l’ai senti plein d’arrogance en évoquant ses règles […] Qu’en est-il de la liberté et du droit à l’information ? Et du rôle des autorités légalement et légitimement constituées ?». Eh oui, nous vivons dans un monde où le président mexicain prend la défense de Trump et où Ruffin et Son-Forget sont du même avis. Étrange ce début de 2021, non ?

facebook trump
« Les lois on s’en cogne, c’est nous qu’on décide »
-Marko le robot

Après la nouvelle politique de WhatsApp sur les données personnelles, de nombreuses personnes s’intéressent de plus en plus à Signal ou Telegram, et le réseau social Parler, sorte de Twitter de la liberté d’expression, connait lui aussi un regain d’intérêt. Et c’est la même chose avec l’essor des VPN qui se popularisent de plus en plus dans toutes les couches de la société… Reprenez votre vie numérique en main.


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