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Tinder : La Russie veut tout savoir

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L'organe russe de régulation des médias exige que Tinder partage les données des utilisateurs russes.

Ce n’est un secret pour personne, la Russie a une conception bien à elle du respect de la vie privée, et des Droits de l’Homme en général. Dernièrement, le Kremlin a pour projet de créer un « Internet indépendant« , coupé du reste du monde. Ce projet fait sens à la volonté des autorités russes de verrouiller davantage Internet.

Pour mener à bien cet objectif, le gouvernement de Vladimir Poutine n’hésite pas à s’attaquer à des acteurs majeurs du web et du mobile, comme LinkedIn, Twitter ou encore Facebook.

Tes clés de chiffrement bistra !

D’après nos confrères du journal les Échos, Tinder est rentré dans le très enviable club des cibles à abattre. Le service de rencontre est dans la ligne de mire de Roskomnadzor, l’agence fédéral de supervision des communications, des technologies de l’information et des médias de masse. Charmant programme. Cette organisme étatique a exigé à Match Group, société propriétaire de Tinder, de donner accès, sans délai et sur demande, aux données des utilisateurs russes.

Dans les faits, Tinder devra sans sourciller fournir l’intégralité de ses clés de chiffrement au Roskomnadzor, mais aussi au fameux FSB, ex-KGB, les tristement célèbres services secrets russes. Mauvaise nouvelle, car d’après les autorités, l’application aurait collaboré et transmis « les informations nécessaires ». Et quand on sait la masse d’infos  que Tinder détient sur ses usagers (préférences sexuelles, âge, corpulence, manière d’écrire, intégralité des conversations, etc.), on ne peut que frisonner à l’idée de savoir que le FSB peut consulter ces données. Et bien sûr tirons un trait sur le respect de la vie privée, totalement illusoire visiblement.

Chacun sa version

On ne tient pas du tout la même version du côté de Match Group. La maison mère a affirmé avoir bien reçu des demandes de la part des autorités russes, sans y céder. Voici leur déclaration :

« Cette inscription ne fait en aucun cas partager des données avec l’agence de régulation et nous n’avons pas livré de données au gouvernement », assure Match Group.

Concrètement, on ne sait pas si Match Group dit vrai, tout comme les autorités russes, et on ne sait pas quelles peuvent être les conséquences d’un refus de collaborer pour Tinder. Les jurisprudences russes prouvent que les sanctions sont assez variables, selon les acteurs mises en cause : LinkedIn a été banni du territoire, alors que Facebook et Twitter n’ont eux écopé que d’une minuscule amende de 3000 roubles. Soit près de 41€. Difficile à encaisser pour ces multinationales riches à milliard.