StopCovid : Cédric O veut sauver l’application du naufrage

Cédric O a lancé une bouteille à la mer lors de son audition au Sénat ce jeudi 8 octobre. Il espère trouver « des alliés et des relais » pour relancer la machine StopCovid, et reconnaît un « manque de pédagogie » du gouvernement pour promouvoir l’application. C’est le moins qu’on puisse dire.

Il est temps de faire un peu d’humour en cette veille de week-end puisque nous allons à nouveau parler du sketch StopCovid. Après avoir eu le droit à un mea-culpa savoureux du Premier ministre Jean Castex en août 2020, c’est au tour de Cédric O de s’illustrer à nouveau. En effet, le secrétaire d’État en charge de la Transition numérique et principal initiateur de StopCovid, a été auditionné par la commission d’enquête du Sénat ce jeudi 8 octobre 2020. 

Autant dire tout de suite que le moment n’a pas été très agréable pour notre chouchou, puisqu’il était invité à donner des explications concernant le fiasco total qu’a été et qu’est toujours StopCovid. Pour rappel, l’application était censée s’imposer comme un outil complémentaire aux gestes barrières, et devait œuvrer activement pour freiner la propagation du virus. Seulement, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 

  • 2,6 millions de téléchargements
  • 472 notifications envoyées
  • 7969 personnes déclarées positives depuis l’application

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Un carton plein comme on peut le voir. Ces résultats étant indiscutables, Cédric O a enfin reconnu devant les sages du Palais du Luxembourg l’échec de StopCovid. « Je pense que nous sommes d’accord pour dire qu’il y a eu un vrai enjeu d’adoption autour de l’application », a-t-il déclaré. Avec 1,1 million de désinstallations depuis le lancement de l’appli le 2 juin dernier, on ne peut pas vraiment parler d’adoption en effet.

Le naufrage franco-français doit bien faire marrer nos voisins européens. En premier lieu, l’UE s’est fait un malin plaisir de nous exclure du programme d’harmonisation des applications de traçage médical. En effet, la Commission européenne a décidé de regrouper toutes les applications de tracing européennes développées via l’API de Google et Apple. Pratique notamment pour croiser les données des différentes applis et permettre la traçabilité des malades dans tous les pays membres. Enfin partout, sauf en France bien sûr. 

Cédric O veut sauver le soldat StopCovid

Et puis il suffit de regarder les chiffres des autres solutions de traçage médical. L’application utilisée au Royaume-Uni cumule 16 millions de téléchargements, tandis que la version allemande enregistre 18 millions d’utilisateurs. On est loin du million difficilement amassé par StopCovid. Malgré ce constat d’échec, ce cher Cédric O ne veut toujours pas enterrer StopCovid : « Si nous voulons relancer l’application, nous avons besoin de trouver des relais et des alliés », assure-t-il.

Le politique appelle les médecins généralistes, les conférenciers, et tout le secteur de la restauration et des débits de boisson à motiver les Français à télécharger StopCovid, rappelant qu’il s’agit « d’un combat collectif ». Pas certain qu’avec les récentes fermetures successives, les restaurateurs et les gérants de bars soient enclins à vendre StopCovid pour les beaux yeux de Cédric O.

Quoi qu’il en soit, le discours tenu par le secrétaire d’État n’a pas eu l’effet escompté auprès des sénateurs. On vous laisse en fin d’article la réponse cinglante du sénateur David Assouline : « Si vous lancez une application et qu’elle ne marche pas, c’est votre responsabilité ». Clair, direct, implacable.