Smartphones : tout savoir sur la charge sans fil et la charge inversée

Alors qu’elle était considérée comme une fonctionnalité «gadget» il y a encore peu de temps, la charge sans fil prend du galon. Elle est certes toujours moins efficace que la charge filaire, mais la différence de puissance est moins flagrante que les années précédentes. Dans cet article nous parlerons aussi de la charge inversée qui émerge petit à petit…

La recharge sans fil de nos smartphones fonctionne de la même manière que nos brosses à dents électriques ou que les plaques de cuisson. Il s’agit d’un champ magnétique généré par une bobine de cuivre se trouvant dans le chargeur et qui est récupéré sous forme d’électricité dans l’appareil à recharger. Le principe n’est pas neuf, mais il a fallu du temps pour améliorer le rendement. Les pertes sont en effet élevées puisqu’il faut que ce champ magnétique «traverse» l’air. C’est pour cela que les premières recharges de ce type culminaient à 5W alors qu’on atteignait déjà le double ou le triple avec un câble USB à la même époque.

Qi, le pionnier «grand public»

Mais pour nos appareils mobiles, le premier standard a vu le jour en 2008 avec le consortium « Qi ». Plutôt que de gérer un système «maison», les constructeurs n’avaient qu’à se reposer sur cette technologie. Certaines marques ont même proposé des coques spécifiques pour rendre compatibles leurs modèles. Qi est toujours dans la course (la norme est passée de 5W à 20 W en 2020), mais les constructeurs les plus à l’avant-garde proposent maintenant leur propre système. C’est notamment le cas de OnePlus avec leur OnePlus 8 Pro. Pour le premier smartphone de la marque à intégrer une recharge sans fil, la marque chinoise a mis les petits plats dans les grands puisque pour son flashship+ de 2020, l’appareil autorise une charge sans fil de 30 W !

Il ne faut donc qu’un peu plus d’1h20 pour passer de 0 % à 100 % (contre un peu plus d’une heure avec le câble), 35 min pour récupérer 50 % ou 15 % en 10 min. Attention, comme nous l’avons vu dans cet article sur la charge rapide, les derniers « pour cent » sont les plus longs à être récupérés… Il faudra certes avoir un chargeur « maison » au prix de 70 €, mais ce dernier gère le standard Qi ce qui veut dire que vous pourrez l’utiliser à moindre puissance pour un autre appareil. Pour éviter la chauffe le chargeur embarque un ventilateur qu’il est possible de désactiver la nuit si vous êtes en mode Ne pas déranger dans OxygenOS. Dans ce cas, la charge s’interrompt en cas de chauffe puis repart : astucieux. De leur côté, les concurrents sont un peu à la traîne avec des puissances qui culminent à 15 W chez Huawei et 10 W chez Samsung.

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La charge inversée : gadget ou vraie fonctionnalité ?

La charge inversée est quant à elle assez récente puisque le premier appareil qui l’a proposé est le Huawei Mate 20 Pro suivi par le Samsung Galaxy S10 et ses déclinaisons.

L’idée est simple : faire en sorte de recharger un appareil (téléphone, écouteur, souris, montre connectée, etc.) depuis son smartphone. C’est donc le téléphone qui va faire office de chargeur sans fil. Il suffit de mettre en action cette option, de définir un seuil à ne pas dépasser sur l’appareil qui charge l’autre et de poser votre périphérique au dos de l’appareil. Sur une paire d’écouteurs, c’est lent, mais c’est très pratique. Comme les appareils ne délivrent qu’entre 2,5 et 4,5 W, il faut compter 3 longues heures pour retrouver 100 % de la batterie sur les Samsung Galaxy Buds depuis un Galaxy S10e avec une perte de 25 % sur le smartphone. Pour regagner 22 %, il faudra 35 minutes.

De téléphone à téléphone, le gain n’est pas très «rentable», Nous avons rechargé un Samsung Galaxy S20 à 63 % (5000 mAh) avec un OnePlus 8 Pro (4510 mAh) chargé à 100 %. Dès la mise en route de la charge inversée, le Galaxy S20 annonce 1h41 pour une charge complète, mais il aura fallu en fait 1h47. Pas une grosse différence donc. Par contre, pendant cette expérience, le OnePlus 8 Pro est descendu à 32 %. Pour récupérer 37 % sur le Samsung, il aura fallu dépenser 68 % sur le OnePlus ! Un rendement exécrable de 54 %. Mais le chinois a au moins le mérite d’être altruiste avec le coréen…

Car, pour ne pas faire de jaloux, nous avons voulu faire l’expérience en sens inverse avec le OnePlus 8 Pro à 40 % et le Samsung à 100 %. Malheureusement, nous nous sommes rendu compte que la technologie de Samsung ne permettait de recharger que des appareils Samsung. Le OnePlus reste bloqué à 40% même s’il est écrit « En charge sans fil ». Quel dommage !

La charge inversée n’est pas activée par défaut, il faudra aller la déclencher dans ses paramètres et définir une limite sous laquelle vous ne voulez pas que votre appareil se décharge….
Il s’agit d’une solution de secours plus que de partage ici puisque soyons franc, les appareils qui permettent ce genre de «folie» sont souvent haut de gamme et pas vraiment «économes». Pour recharger ses écouteurs en rade : oui. Pour recharger le smartphone haut de gamme de son pote : bof. Notez que la charge inversée s’arrêtera au bout de quelques dizaines de secondes si l’appareil «chargeur» ne détecte rien et que quoiqu’il arrive, la charge s’arrêtera quand le smartphone en sera à 15 % (chez OnePlus) ou 20 % (Samsung).