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À quoi ressemblera l’école du futur ?

Les nouvelles technologies sont partout. À la maison, au travail… Et bientôt à l'école. Des établissements innovants voient le jour dans le monde et pourraient bien se généraliser. Projetons-nous dans le futur.
Un texto par-ci, une vidéo de lolcat par là… Les smarphones, tablettes et ordinateurs portables n’ont pas bonne réputation dans les établissements scolaires. Pourtant, de plus en plus s’équipent de ces terminaux connectés, aux potentialités nombreuses. Imaginez : l’enseignant utilise un Tableau Numérique Interactif (TNI), tablette tactile grand format pour des cours plus ludiques. Utile aussi pour délivrer les informations sur les tablettes des élèves : textes, vidéos, sons…

école du futur
Dans cette école du futur anglaise, les salles de classe n'existent plus... remplacées par des espaces ouverts d'apprentissage

Les étudiants annotent les cours avec leur stylet, les partagent, rendent leurs devoirs à distance, etc. Et avec la visioconférence, plus besoin d’être physiquement en présence de l’enseignant. Pour l’apprentissage de l’anglais par exemple, on fait appel à un professeur de Brighton qui dialoguera en direct avec les élèves. Internet permet de s’affranchir des frontières tout en favorisant la curiosité intellectuelle. Avant Google et consorts, à qui posait-on nos questions ? Nos parents, nos amis et… nos professeurs. Ces derniers ont donc tout intérêt à se saisir de cet outil.

Une refonte globale pour l’école du futur

L’introduction de nouvelles technologies dans les salles de classes ne fait pas tout. L’école du futur repense sa pédagogie, ses emplois du temps et même son architecture. Plus de salles de cours cloisonnées, on ouvre l’espace d’apprentissage. Finis les cours magistraux où l’on suit un programme fixe. Place à la pédagogie de projet où l’on implique des groupes sur une réalisation au long cours (plusieurs mois). Finie la classe de 30 élèves alignés en face du prof. Place au regroupement par compétences et intérêts pour favoriser cohésion et motivation, qui passe aussi par l’autonomisation de l’étudiant. Avec Internet, il est facile d’apprendre par soi-même. Les enseignants auront justement la charge de montrer comment le faire efficacement.

L’école du futur repense aussi sa pédagogie

L’école du futur en France n’est pas pour demain. Les expérimentations existent. Le projet «École du futur» conduit dans les Yvelines depuis 2003, par exemple, teste la plupart des dispositifs cités ici. Le pays semble pourtant frileux dès que l’on parle de généralisation des procédés. Tout juste commence-t-on à voir apparaître régulièrement des ENT (Environnement Numérique de Travail, plateforme où les élèves peuvent télécharger des cours mis en ligne, entre autres). Un réseau similaire existe pour les professeurs, éducscol, pour s’échanger des documents pédagogiques. Les outils sont là, le paradoxe aussi. Les petits groupes d’étudiants dialoguant via leurs tablettes avec un professeur du bout du monde, pendant que d’autres travaillent sur un projet collectif de chez eux par visioconférence, c’est technologiquement possible, et pourtant loin de bientôt devenir la norme.

Débat autour de l’école du futur

Équiper élèves et professeurs en tablettes et autres coûte cher. Et quand on sait que la durée de vie de ces appareils ne dépasse pas 2 ans, on peut craindre une facture à rallonge, mais pour qui ? De plus, le «tout-technologique» peut aboutir à des extrémités controversées : à partir de la rentrée 2014 aux États-Unis, l’apprentissage de l’écriture cursive (attachée) deviendra optionnel dans 45 états sur 50, au profit de l’écriture sur clavier d’ordinateur.

5 écoles du futur qui existent déjà

Expérimentations ou projets déjà rodés, le monde compte plusieurs établissements scolaires qui ont fait le choix de la modernité.

France : l’école innovante d’Amiens

L’école primaire Châteaudun, depuis 2007, articule son projet pédagogique autour des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TICE). Le tout dans le cadre du projet écoles innovantes de Microsoft. La firme américaine propose en effet un appui logistique (mais pas de matériels) pour les écoles qui souhaitent se moderniser. À Châteaudun, TNI, tablettes tactiles et ordinateurs ont remplacé les tableaux noirs et les craies.

Japon : la Hybrid Kids Academy

Une école pour les élèves en difficulté d’apprentissage et d’intégration sociale, pathologique ou non. Concrètement, chaque élève se voit prêter une tablette tactile dans la salle de classe (empruntable au domicile). Un enfant trop lent pourra photographier le tableau s’il n’a pas le temps de tout recopier, un autre qui a du mal à parler utilisera une application de synthèse vocale, etc. Le but affiché est de redonner confiance aux élèves en difficulté.

Angleterre : la New Line Learning Academy

L’établissement fournit à chaque élève un ordinateur portable, mais il met surtout l’accent sur l’architecture. Les salles de classe sont remplacées par des «places d’apprentissage», espaces ouverts pouvant accueillir jusqu’à 120 élèves, avec écran géant et écrans tactiles déplaçables. La pédagogie par projets est la norme ici. Le bâtiment comprend aussi un laboratoire, une salle de danse, une scène de théâtre ou encore gymnase «entièrement équipés».

Belgique : la Katholiek Onderwijs Vilvoorde (KOV)

Derrière ce nom complexe se cache l’une des 16 écoles-test au monde qui bénéficie de la Samsung Smart Learning Suite. Le constructeur coréen a fourni aux étudiants et professeurs tout le matériel nécessaire à l’école 2.0 : TNI, PC portables, Galaxy Note 10.1 avec docks clavier, ainsi qu’une armoire réseau pour fournir Internet. Un serveur local permet l’échange de fichiers et le professeur peut contrôler les tablettes des étudiants avec son TNI si besoin.

Pays-Bas : l’école Steve Jobs

Dès le mois d’août à Amsterdam, 11 écoles n’auront pour seul matériel que des iPad. Plus de salles de classe, de récréation, de réunions parents-prof, et même plus de professeurs d’ailleurs. Les bâtiments seront ouverts à des horaires précis, avec une tranche de présence obligatoire. Les enfants choisiront d’eux-mêmes de jouer ou d’apprendre, sur le sujet qu’il souhaite, en lançant l’une des applications éducatives installées sur les tablettes. Selon Gertjan Kleinpaste, principale d’une de ces écoles, «ce que nous faisons semblera assez normal en 2020». On attend de voir.