Reconnaissance faciale : quels risques, quelles techniques pour y échapper ?

La reconnaissance faciale se démocratise depuis quelques années et met en avant son efficacité. Pourtant, il existe des moyens de passer outre et de faire dérailler le système.

La reconnaissance faciale a toujours eu un petit goût de science-fiction et de bons films d’espionnage. On se rêve tous en James Bond ou Ethan Hunt en train de rentrer dans un laboratoire ultra secret en portant des lentilles de contact et un masque reproduisant à merveille le visage de ce savant fou qui veut faire exploser la Terre.

Et puis la technologie est devenue réalité et on a vite déchanté.

Souriez, vous êtes filmés

Caméra de surveillance
Il y a plus d’un milliard de caméras de surveillance dans le monde.

Quand le monde et son milliard de caméras de surveillance se transforme en laboratoire et que vous  êtes déjà à l’intérieur sans vous en rendre compte, les choses se compliquent. Alors toutes ne sont pas munies de reconnaissance faciale, mais la rapide démocratisation de l’application ne fait aucun mystère sur l’objectif à terme.

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Quant sera-t-il de la liberté de circulation quand vous serez traqués du soir au matin dans la rue et filmés sans votre consentement ? Quand votre simple visage permettra à des sociétés et des gouvernements d’avoir accès à toutes vos informations personnelles ?

En France, cette technologie est officiellement interdite sur la voie publique en direct. Par contre, elle peut être appliquée, depuis 2012, à posteriori, par les services de police par exemple si une affaire le justifie. Néanmoins, les expérimentations sont permises aux mairies et sociétés et certaines de s’en privent pas en faisant appel à des compagnies privées.

Pendant le confinement, ce fut le cas à Cannes pour vérifier que les habitants portaient bien le masque. A Metz, le club de football a investi dans un logiciel et possède un fichier à disposition de ceux qui sont interdit d’assister aux matches de l’équipe. Même si cela n’a encore jamais été mis en place, la loi Larrivé de lutte contre le hooliganisme pourrait en légitimer l’utilisation.

Car la mise en place de la reconnaissance se fait toujours dans un but d’apporter plus de sécurité. Elle peut permettre par exemple d’arrêter des terroristes ou des criminels en cavale. A quelques années des Jeux Olympiques de Paris de 2024 et des millions de touristes qui débarqueront alors dans la capitale, la question se pose sérieusement sur sa mise en place officielle.

D’ici-là, on vous explique les failles d’une telle technologie.

Je ne suis pas celle que vous croyez !

Alors loin de nous l’idée de vous transformer en quelqu’un de louche dans la rue, mais il va falloir passer par des changements cosmétiques pour que vous ne vous ressembliez plus.

Il y a d’abord la méthode dite de « Jason Bourne ». Un couvre-chef, des lunettes noires, rajoutez un masque sur votre bouche et vous passerez outre toutes les identifications du monde. En tout cas, celles dans les lieux publics. Si vous arrivez grimé de la sorte à l’aéroport, vous risquez de louper votre vol.

Beaucoup plus malin et contestataire dans l’âme, vous pouvez vous peindre le visage avec des bandes de couleur noires ainsi que des motifs brillants et asymétriques. Cet hommage indirect aux peintres cubistes met en effet très à mal les logiciels de reconnaissance faciale qui ont alors des difficultés à vous identifier. Dans certaines villes comme Londres, des manifestations de personnes maquillées sont organisées pour protester contre la multiplication des caméras dans les rues.

CV Dazzle
©Cocoa Laney

Je suis celle que vous croyez que je ne suis pas

Il ne faut surtout pas oublier que la reconnaissance faciale équipe également de nombreux systèmes que nous utilisons quotidiennement par choix. Il en est par exemple du déverrouillage de certains téléphones qui peut se faire en scannant votre visage avec la caméra du smartphone.

Un tel procédé ne pouvait qu’entraîner des dérives du côté des hackers et des voleurs qui rivalisent de supercheries pour passer entre les mailles du filet.

Avec la technologie deepfake, vous pouvez en effet de nos jours très facilement implanter le visage de quelqu’un sur celui d’un autre. Il vous suffit de mettre la main sur des vidéos de la personne qui s’est filmée et vous pouvez le recréer sans trop de problème avec les bons logiciels.

Avec le nombre de vidéos qui circulent en libre-service sur les réseaux sociaux, les pirates peuvent se servir et s’amuser. Il est ainsi possible de déverrouiller un téléphone ou avoir accès à des informations privées sur d’autres services en diffusant une vidéo face à la caméra.

Aux États-Unis, vous pouvez recevoir votre chômage en scannant votre visage pour prouver votre identité. Le système a bien sûr été détourné par certains qui se sont servis dans les poches déjà pas très pleines de malheureuses victimes.

Il va falloir suivre cette évolution avec intérêt avant de sortir sa boite à maquillage ou de s’imposer le look Jason Bourne.

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