Prêts pour les pénuries ? Chine – Taïwan : la guerre du retour à l’âge de pierre

Dans les années 70, l’expression « made in Taïwan » était utilisée pour parler d’appareils qui ne faisaient pas long feu. De nos jours, la situation a bien changé : l’île ne produit plus de biens bon marché et est même devenue le leader mondial en ce qui concerne la production de semi-conducteurs. Le réveil du conflit avec la Chine pourrait bien changer le monde tel que nous le connaissons…

Taïwan est en effet un fondeur de chips et de microprocesseurs très important. Une grosse partie des fondeurs sont basés à dans l’île, dont TSMC, le plus grand fondeur au monde. TSMC fabrique les puces A12 Bionic utilisées dans les iPhone d’Apple, les semiconducteurs de nVidia, Sony, AMD, ainsi que les puces Qualcomm Snapdragon massivement utilisées dans les smartphones Android. Mais ce n’est pas tout puisque UMC, le second plus gros producteur mondial est aussi taïwanais. À eux deux, ils représentent presque la moitié de la production mondiale. Et si vos pensez vous passer de ces processeurs, sachez qu’on en trouve maintenant partout : électroménager, voitures, appareils médicaux…

Une situation compliquée

Durant la pandémie et les confinements, la demande en objets électroniques (ordinateurs, tablettes, écrans, smartphones, télévisions, consoles de jeux…) a fortement augmenté alors même que les systèmes de production tournaient au ralenti dans tous les pays du globe. Le télétravail à lui aussi contribué à cette hausse de la demande, les consommateurs ayant nécessairement besoin d’être plus équipés. Le conflit sino-taiwanais est une situation tendue entre les deux pays qui remonte à 1949. Les tensions ont été ravivées récemment à cause en partie de la visite de Nancy Pelosi, la Présidente de la Chambre des représentants des États-Unis. Il faut dire que Taïwan est un pays, mais il n’est pas reconnu par la communauté internationale. Même aux Jeux olympiques, Taïwan ne peut pas montrer son vrai drapeau.

Qu’est-ce que la guerre du silicium ?

La Chine menace désormais de couper les liens économiques avec Taïwan, ce qui risque d’avoir un impact négatif sur l’industrie du smartphone et des microprocesseurs en général. En cas de guerre, la Chine pourrait mettre la main sur ce butin, même si le patron de TSMC a déjà prévenu qu’en cas d’attaque, « les installations deviendront inopérantes« . Bref, ils préfèreront faire couler le navire plutôt que de le laisser à l’Empire du Milieu.

tsmc
TSMC est non seulement le plus gros fondeur au monde, mais c’est aussi le leader sur les puces gravées en moins de 14 nanomètres : les plus sophistiquées qui soient…

De son côté, la Chine menace de couper les liens économiques avec Taïwan et cela pourrait avoir des conséquences dramatiques pour l’industrie de l’électronique. En effet, la production de puces et de microprocesseurs en serait gravement impactée, ce qui se traduirait par une hausse des prix des appareils et une potentielle baisse de leur qualité. Les fondeurs taïwanais auraient également du mal à trouver d’autres clients pour leurs produits. Cette « guerre du silicium » n’est pas loin de renverser notre petit monde tourné autour des nouvelles technologies.


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