Passe sanitaire : le gouvernement incapable de prouver son efficacité ?

Le marché était simple : la CNIL donnait son approbation pour le passe sanitaire et le gouvernement s’engageait à prouver son efficacité. Or depuis le 9 juin, date d’entrée en vigueur de ce « laissez-passer », le gouvernement boude les avis de la CNIL. Pire, il n’a pas mis en place les indicateurs nécessaires pour jauger la pertinence du passe sanitaire…

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a été créée en 1978 pour veiller à la protection des données personnelles contenues dans les fichiers et traitements informatiques. Même si elle n’a qu’un rôle consultatif, elle est respectée par les citoyens qui sont de plus en plus conscients, et inquiets, de l’utilisation qu’on peut faire de leurs données.

Concilliante, la CNIL veut juste des chiffres…

Or, avant même la mise en place du passe sanitaire, lorsque le fichier « Contact COVID » a été mis en place en septembre 2020, la CNIL a demandé à ce que des indicateurs soient mis en place « afin d’évaluer plus précisément la contribution de ces dispositifs à la gestion de la crise sanitaire. » Rebelote en janvier 2021 dans un second avis. En juin 2021, la CNIL réédite sa demande et constate parallèlement « quelques lacunes dans la prise en compte de certaines exigences du RGPD » dans ce fameux fichier Contact COVID. Une mise en demeure a même été envoyée à l’ARS (Agence Régionale de Santé).

Olivier Véran devait passer sous un tunnel à ce moment-là parce que la CNIL attend toujours…

Le 30 novembre 2021, la CNIL a rendu public son quatrième avis après 18 mois de pandémie et on sent bien la lassitude dans ce dernier. La commission demande des données chiffrées alors que « malgré plusieurs demandes » une « telle évaluation n’a, à ce jour, pas été transmise. » Elle tonne : «l’utilisation des dispositifs précités reste conditionnée à des garanties relatives à leur efficacité.»

« Ça marche puisque les gens se vaccinent ! »

Mais la seule preuve d’une quelconque efficacité brandie par le gouvernement réside dans la hausse des vaccinations. Tordre le bras des Français pour qu’ils choisissent entre vaccination ou ostracisme : c’est la fierté de la bande à Castex ! Bien sûr avec cette troisième dose « Booster Turbo + », on recule d’autant plus la fin du passe sanitaire. La CNIL envoie des avis et la caravane passe…

Rappelons quand même que ce passe sanitaire est problématique sur plusieurs points :

  • Le vaccin limite les formes graves, mais les vaccinés peuvent transmettre le virus
  • Un test négatif ne signifie pas que la personne est saine 72 heures après
  • Avoir été infecté il y a moins de 6 mois n’empêche pas de contracter le COVID
  • Il est très facile de frauder et les contrôles sont rares
  • Des faux passes sanitaires mis en circulation sèment le trouble