Pass Sanitaire : ils font leur marché sur Google Images et Twitter

Pour aller au cinéma, au restaurant, au parc d’attractions ou au stade, il vous faut le sacro-saint « pass sanitaire ». Test de PCR de moins de 3 jours, 2 doses de vaccin ou certificat de rémission sous la forme d’un QR code. Comme seules les forces de l’ordre peuvent contrôler une identité, il est aisé pour les récalcitrants de frauder en récupérant des codes sur Internet…

Nous sommes en septembre 2021 et les Français sont plus divisés que jamais. Nos élites avaient réussi à monter les pauvres contre les très pauvres, mais avec ce pass sanitaire ils ont réussi un coup de maître. Entre les anti-pass qui sont accusés d’être des « antivaxx », les vaccinés qui ne veulent pas « pointer » pour aller au ciné, les gros tas de saindoux présentateur TV qui veulent venir chercher les indécis « avec les dents » et ceux qui chopent le Covid malgré leurs 2 doses, la France vit au gré de la « crise sanitaire » et des décisions absurdes des dirigeants.

Pendant qu’on tue à petit feu l’hôpital public, la recherche, le chômage et la retraite, Jean-Louis se demande si Jacqueline n’a pas pris des risques inconsidérés en allant en vacances en Italie tandis que Fatima attend de pied ferme sa troisième dose depuis qu’elle a entendu parler du variant ukrainien (ou autrichien, ils ne savent pas trop sur BFM TV). Lorsqu’on a peur de mourir et que le voisin est un danger pour soi, on a moins envie de râler parce qu’il manque 100 € sur sa retraite ou qu’on sera indemnisé moins longtemps chez Pôle Emploi. Rassurons quand même Jean-Louis et Fatima : l’âge moyen des victimes du covid est de 81 ans alors que l’espérance de vie est de 82 ans.

Le pass sanitaire : nouveau point de division

Le pass sanitaire est donc devenu un nouveau point de tension. Même les gilets jaunes, pourtant unis il y a quelques mois, sont divisés. Entre les « Mais ils ne sont pas obligés d’aller au resto les antivaxx« , les « Moi je me suis vacciné pour emmener les enfants au zoo« , les « J’ai tous mes vaccins, mais celui-là j’en veux pas » et les « Mais s’ils sont vaccinés, de quoi ils ont peur ?« , elle est loin l’odeur des merguez sur les ronds points.

qr code pass sanitaire
Un journaliste de RTL a laissé trainer son QR code sur Internet. Nous allons le prévenir via « 3615 boomer ».

Et puis il y a ceux qui n’en démordent pas et qui veulent casser le système. Ceux qui fraudent pour aller voir Kaamelott, aller au Parc Astérix ou à la boxe. Ceux-là savent bien que sur Google Images on trouve des QR codes prêts à être scannés. Mais qui sont ces gens qui exhibent leur pass sanitaire de la sorte ? Des idiots. Comme ce journaliste qui ne sait pas qu’un QR code peut se lire même en étant incomplet et qui utilise le sien pour illustrer son article. On trouve aussi des photos de réseaux sociaux avec encore d’autres idiots qui photographient leur QR code avec des messages du type « lol tro b1, ce soir je vé avec Kevin au Macoumba ». Il n’y a qu’à se baisser pour les ramasser. Attention, les QR codes les plus « utilisés » ont fini par être banni de TousAntiCovid Verif, mais sur les 30 minutes où nous sommes partis à la pêche, nos avons récupéré 6 codes dont 5 étaient encore valides…

Le supermarché du QR code

On trouve aussi des choses amusantes sur Twitter en suivant le hashtag #PassDeLaHonte, comme ce monsieur qui a passé un test PCR et qui est d’humeur partageuse. Il écrit : « Et un petit pass pour le WE, jusqu’à lundi 18h30″. Il ironise ensuite : « Interdit d’usurper mon identité, ceci est ma sauvegarde dans le cloud ». On peut trouver ça amusant ou idiot de fournir un QR code valide de la sorte, mais ce qui nous a surtout interpellés c’est la quantité de gens qui répondent au tweet en taguant @PoliceNationale. Inutile de vous dire que dans le fil de conversation, le point Godwin est atteint très rapidement. Ce monsieur a pourtant le droit de partager sa clé des champs comme il l’entend.

Par contre, l’usurpation d’identité peut être punie par la loi de 15 000 € d’amende et de 1 an d’emprisonnement. Mais comme les QR codes ne montrent que le nom, le prénom, le sexe et la date de naissance, le commun des mortels qui utilise TousAntiCovid Verif pour les contrôles passe forcément à côté des incohérences tant que l’appli montre un point vert qui dit « c’est bon ! ». La police est occupée et « le demi c’est pour la 4 ».

pass qr code

À lire également : Sécurité, anonymat… Comment changer son adresse IP ?