NFT : nouveau paradis du blanchiment d’argent ?

Les NFT ont le vent en poupe. Les malfrats pourraient donc justement en profiter pour monter dans le bateau et y faire un peu de lessive de leur argent sale.

Les NFT (pour Non Fungible Tokens) n’arrêtent pas de faire parler d’eux. Objets digitaux (GIF, JPEG, cartes de foot, œuvres d’art, porno…) uniques authentifiés par la blockchain, ils commencent à faire trembler le monde avec leurs prix qui dépassent parfois l’entendement. Il y a quelques mois, Jack Dorsey, PDG de Twitter, a vendu son premier tweet pour 1630 ETH (2,9 M€ à l’époque, 5,460 M aujourd’hui). Le groupe King of Leon a également proposé son album sous format NFT pendant deux semaines seulement. Résultat : 766 ETH de récoltés (1,4 M d’euros à l’époque mais 2,56 M aujourd’hui). Le marché est donc florissant et ouvre des possibilités sans fin, comme le prouvent les deux exemples sus cités bien éloignés sur le fond, mais finalement pas sur la forme. De quoi attirer ceux qui ont quelque chose à cacher ?

Des NFT lessivés ?

L’être humain ne serait pas l’être humain s’il ne cherchait pas constamment comment pervertir les nouvelles technologies et inventions qui jalonnent son histoire. Pourquoi se servir d’Internet pour changer le monde quand on peut y regarder du porno ? Pourquoi envoyer un e-mail à sa grand-mère quand on peut hameçonner celle de quelqu’un d’autre et lui vider son compte ? On ne va pas passer la journée à faire le tour du sujet mais vous voyez l’idée. Aujourd’hui, nous parlons de NFT et il est donc temps de réfléchir à la perversion que l’on peut insuffler à la chose.

Le célèbre investisseur Mr Whale s’est justement posé la question il y a quelques jours et sa conclusion est limpide comme de l’eau de source. Pour lui, cet explosion de la valeur des NFT n’est pas très nette et même plus que suspicieuse :

C’est un moyen de plus en plus populaire d’acheter de l’art numérique, de blanchir de l’argent et d’échapper à la surveillance. Tout le monde peut voir beaucoup de ces images gratuitement, alors pourquoi dépenser des millions pour elles ?

L’art étant subjectif, la valeur des œuvres est effectivement difficilement quantifiable si ce n’est, peut-être, en prenant en compte la rareté ou la reconnaissance de celui qui la crée. Pourtant, la plupart du temps, on ne sait rien de ceux qui achètent les NFT puisque le principe de base de la blockchain, c’est justement qu’elle est anonyme. Dans ces cas-là, tous les doutes sont permis sur la motivation de l’acheteur. Fan ou trafiquant d’armes laisseront effectivement la même empreinte invisible. Il est d’autant plus très simple de le faire.

Méthode man

Mr Whale explique en effet comment procéder en quelques étapes qui semblent plutôt facile à suivre sur le papier. Celui qui a de l’argent à blanchir achète tout d’abord un NFT avec de l’argent clean. Puis il le rachète avec un autre compte avec des cryptomonnaies illicites. Il ne lui reste alors plus qu’à déclarer l’argent comme profit d’un NFT vendu comme si de rien n’était. Voilà, l’argent est blanchi ! Et tout cela dans un anonymat qui ne soulèvera absolument aucune attention de qui que ce soit. Après tout, nombreuses sont les plus grosses ventes de tokens qui ont été faite par des acheteurs dont on ne connaît rien si ce n’est le sobriquet. Si cette analyse de Mr Whale peut faire sourire sur sa véracité, certains faits questionnent. Quand le dessin d’un caillou est vendu plus de 130 000$, il est notamment permis de froncer un sourcil.

Le monde des NFT est encore tout jeune et beaucoup reste à faire pour en éviter les dérives qui semblent se profiler, voire déjà être là. À quand une arrivée de régulateurs ? Pas sûr que ce monde qui revendique sa liberté et ses propres règles les accueillent à bras ouverts. Et les escrocs de se frotter les mains en sirotant des cocktails au soleil après avoir revendu tranquillement leur photo de caillou en aillant sûrement fait un bénéfice !


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