Netflix va (enfin) payer ses impôt en France !

On n’y croyait plus. Netflix va enfin déclarer ses revenus français au fisc de notre beau pays. L’impôt sur les bénéfices sera donc dorénavant encaissé par Bercy. Jusqu’alors, la plateforme de streaming déclarait aux Pays-Bas le chiffre d’affaires générés par les abonnés français.

Vous ne le savez peut-être pas, mais lorsque vous vous abonnez à Netflix, vous signez auprès de Netflix International VB, la filiale néerlandaise du service de streaming américain. Figurez-vous que cela va changer très prochainement, puisque Netflix va enfin déclarer ses revenus générés par les abonnés français en France, et non plus aux Pays-Bas !

Et autant dire que la manne financière sera conséquente. On estime que Netflix réalise 800 millions d’euros de CA dans l’Hexagone, si l’on se base sur les 6,8 millions d’abonnés recensés dans le pays, et s’ils ont choisi en majorité la formule standard à 11,99 € TTC par mois. À titre comparatif, Netflix déclarait jusqu’alors un chiffre d’affaires ridicule de 26 millions d’euros en France.

De fait, Netflix va également payer au fisc français un impôt sur le bénéfice. Ici aussi, la nouvelle somme versée sera nettement supérieure à celle actuellement versée : seulement 564 174 euros en 2019. Selon nos confrères de Capital, cet impôt pourrait s’élever cette fois-ci à 25 millions d’euros, à un taux de 33,3 % que l’on pourrait qualifier d’irréaliste.

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Un assouplissement de la chronologie des médias à la clé ?

En réalité, Netflix devrait plutôt s’acquitter d’une dizaine de millions d’euros, ce qui reste toujours mieux que le demi-million versé en 2019. Mais pourquoi donc Netflix voudrait-il changer son organisation, au risque de payer plus de taxes ? Tout simplement parce qu’un assouplissement de la chronologie des médias a été promis par l’État français. 

En échange d’un investissement entre 20 et 25% de son chiffre d’affaires français dans des productions françaises et européennes, Netflix verra le délai de la chronologie des médias légèrement diminué. Pour rappel, Netflix doit attendre 36 mois pour diffuser sur sa plateforme un film sorti en salles. Voilà pourquoi les catalogues américains de Netflix ou d’Amazon Prime Video sont plus séduisants, puisqu’ils ne sont pas soumis à cette particularité juridique française.

Pour rappel, Netflix s’acquitte d’ores et déjà de plusieurs obligations auprès de l’État français. La firme de Reed Hastings paie la TVA à 20% sur les services en ligne, et une taxe de 5,15 % de son chiffre d’affaires au Centre national du cinéma et de l’image animée. « Après l’ouverture de notre bureau à Paris en janvier 2020 et le lancement de plus de 20 films et séries réalisés localement, cette évolution confirme notre engagement de long terme aux côtés des industries créatives françaises », a précisé Netflix. Attention tout de même car Netflix pourrait jouer les filous : la structure française pourrait facturer son service depuis l’étranger pour réduire son profit imposable. L’avenir nous dira si Netflix « joue le jeu » ou pas…

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, sachez que Netflix a signé un partenariat avec Canal+ et qu’en ce moment le « pack » Canal+, Disney+ & Netflix est proposé à seulement 25 €/mois : cinéma, séries, programmes familiaux, docus… et du sport bien sûr.

Source : Capital