Naked Yoga : la nudité autorisée fait carton plein sur YouTube

La nudité sur les services de vidéos en ligne non spécialisés dans la chose, c’est rare. Voire interdit. Pourtant, une pratique sportive arrive à échapper à la guillotine de la pudeur, pour le plus grand plaisir des amateurs !

Trouver des vidéos d’hommes et de femmes en plein ébats sexuels brulants n’est pas des plus compliqués à notre époque sur la toile. On se demande même si Internet n’a pas été créé par l’industrie pornographique. Pour se rendre compte de l’ampleur du mouvement, le seul Pornhub a compté 42 milliards de visites en 2019, soit 115 millions par jour. C’est tout simplement plus que Netflix, pour prendre un exemple mastodonte.

Par contre, c’est encore derrière YouTube qui ne propose pourtant pas le même contenu, loin de là. Le service vidéo de Google préfère les blagues, les clips musicaux et les tutos pour savoir comment mettre son mascara ou réparer sa télé tout seul. La politique de la société a toujours été de proposer du contenu loin du divertissement pour adulte et les modérateurs se font un plaisir de bannir toutes vidéos jugés violentes, pornographiques ou simplement politiquement incorrectes.

Ce qui ne veut apparemment pas dire que la nudité y est interdite. La preuve avec le Naked Yoga.

Naked Yoga : une pratique portée aux nus

Très à la mode en ce moment, le Naked Yoga s’est en effet taillé la part du lion sur YouTube. Si vous avez fait des études jusqu’en sixième, vous devez savoir que « Naked » signifie « Nu » en anglais. Cette pratique sportive propose donc de faire du yoga dans le plus simple appareil. Là où se cache la surprise, c’est que les vidéos sont en visionnage libre sur le réseau de streaming de Google avec, tout de même, un petit bandeau qui vous prévient au départ que les images « peuvent être inappropriées pour certains utilisateurs ».

Néanmoins, il suffit de vous connecter avec votre compte Gmail à votre espace et vous pouvez lancer la vidéo sans problème. Et là, face à vos yeux ébahis, vous découvrirez des personnes nues comme des vers en train de vous donner un cours de yoga. Tout cela sans aucun floutage d’une quelconque partie intime, tout étant bien visible, que ce soit les poitrines et les vagins de ces dames ou les pénis de ces messieurs. Et puisque le yoga est une affaire d’étirement et de souplesse, inutile de vous dire que les vidéos qui y sont consacré ne laisse pas beaucoup de place à l’imagination.

Mais que font les modérateurs de chez YouTube ? Sont-ils trop occupés à faire du yoga pour oublier de censurer ces vidéos ? L’affaire est plus complexe que ça.

Au nom de la pédagogie

Au nom de la pédagogie
©Pixabay

Le Naked Yoga et sa liberté de partager ses corps nus nous montrent en effet que Google n’interdit pas systématiquement la nudité grâce à une subtilité derrière laquelle on peut se cacher comme un buisson : la pédagogie.

Oui, vous vous souvenez, en début d’article, on vous parlait des tutos YouTube. Et bien si vous en faites un sur une pratique qui exige de la nudité, alors vous la justifiez et votre vidéo sera alors considérée comme légale à partager.

C’est en substance ce qu’a expliqué un porte-parole du site de streaming à nos confrères de Konbini.

YouTube a des politiques claires qui déterminent le type de contenus qui sont acceptables ou non sur notre plateforme et nous retirons rapidement les vidéos qui enfreignent ces politiques lorsqu’elles nous sont signalées. Nous pouvons faire des exceptions pour certains contenus si leur objectif est éducatif, documentaire, scientifique ou artistique.

Tout s’explique ! En cherchant bien, vous pourrez donc trouver, entre autres, des vidéos de performances d’artistes totalement nus, des tutos sur l’épilation du maillot, des speakerines qui vous présentent les nouvelles du monde en tenue d’Eve et, parce que pourquoi pas, des séances d’ASMR dans la même mouvance de liberté épidermique. Certaines font même des millions de vues.

Cette ouverture d’esprit peut surprendre de la part d’un service de streaming américain, peuple qui se montre pourtant plus souvent prude sur le sujet. Il n’y a qu’à voir Facebook qui continue de suspendre de manière systématique les profils qui partagent L’Origine du monde, fameux tableau de Gustave Courbet qui met en scène un corps de femme nue. Même sanction sur Instagram, qui appartient lui aussi à Monsieur Zuckerberg.

Y a encore de la route à faire !