Mal-être, dépression, suicide… Instagram nuirait gravement à la santé mentale

Mardi 14 septembre, le Wall Street Journal a dévoilé une enquête interne réalisée au sein de Facebook. L’enquête confirme qu’Instagram a un impact négatif sur la santé mentale, spécialement chez les adolescents. Une découverte plutôt gênante pour Facebook qui ne met pas tout en œuvre pour protéger ses utilisateurs.

Baisse de l’estime de soi et mal-être, bienvenue sur Instagram

Les principaux concernés par cette étude sont évidemment les jeunes. Les moins de 22 ans représentent 40% des utilisateurs d’Instagram. Parmi les révélations inquiétantes : « un ado sur cinq dit qu’Instagram nuit à son estime de soi ». Or, selon son propriétaire Facebook, plus de 500 millions de personnes se connectent chaque jour sur Instagram, et près de 1,4 milliards se connectent au moins une fois par mois. Ces nombres donnent le vertige. Pas besoin d’être bon en maths pour comprendre qu’un nombre massif d’adolescents est concerné. La découverte de cette enquête par le Wall Street Journal n’est donc pas à prendre à la légère.

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A un âge où l’estime de soi est difficile à trouver, la culture du physique parfait renvoyée par Instagram est responsable d’une perte d’estime de soi inquiétante. Uniquement confrontés à des corps sans imperfections car retouchés, les adolescents ont l’illusion de voir la réalité. Ils se sentent immanquablement inférieurs à ces personnes si parfaites. Cela peut déboucher à de profond mal être, des dépressions, des troubles de l’alimentation et même des suicides. En moyenne, les utilisateurs d’Instagram passent trente minutes par jour sur Instagram. Mais pour certains, le temps se compte en heures, d’où des conséquences aussi extrêmes. 6% des utilisateurs américains relient d’ailleurs leurs pensées suicidaires à Instagram selon le Wall Street Journal.

Les adolescentes majoritairement concernées

Comparé à TikTok, YouTube, Twitter ou Facebook, Instagram se distingue comme LE réseau social du paraître. Le type de contenu a une visée largement plus narcissique. Les Instagrammer publient majoritairement pour présenter leur vie sous son meilleur jour. L’autodérision, le ridicule et le naturel ne font pas partie des pratiques courantes.

Dans l’étude, on découvre également que les filles sont plus touchées que les garçons. 32% des adolescentes interrogées affirment que quand elles se sentent mal, Instagram les fait se sentir encore plus mal, contre 14% chez les adolescents. Passent-t-elles plus de temps sur les réseaux sociaux que les garçons ou sont-elles plus facilement sensibles à cette exposition de manière générale ? L’étude ne le précise pas.

Facebook, une réponse pas franchement convaincante

Actuellement, Facebook travaille à la création d’un réseau social pour les moins de 13 ans. Stratégiquement, les jeunes constituent un marché fructueux pour la société. Le maintien d’un tel projet serait incompréhensible aujourd’hui. Incompréhensible mais pas impossible au regard de l’attitude de Facebook. Rappelons que l’enquête révélée est une enquête interne que Marck Zuckerberg a très probablement eu sous ses yeux. Pour autant, hormis l’obligation pour les profils de moins de 16 ans d’être en privé, aucune importante modification n’a été apportée. Remettre en cause la bonne volonté du réseau social n’est pas une aberration, au contraire.

Immédiatement après la fuite de l’étude, le géant américain a réagi via un communiqué. « Nous travaillons de plus en plus sur les comparaisons [de son corps avec celui des autres] et l’image négative du corps » peut-on notamment lire. Aucune action visant à diminuer les effets néfastes d’Instagram, chez les plus jeunes notamment, n’a clairement été annoncée. Pire, le Wall Street Journal a même révélé qu’en interne, un responsable a défendu Instagram en soulignant que cette comparaison constante incarnait le concept d’Instagram, « Les gens utilisent Instagram parce que c’est une compétition. C’est ça qui est amusant. » Tout est dit.

Ces nouvelles révélations sonnent comme un énième rappel du danger qu’encourent des adolescents en étant si tôt sur les réseaux sociaux. Mentalement, il faut être fort pour ne pas être démoralisé en voyant des centaines de personnes plus attrayantes que soi, souriantes et souvent dans des endroits sublimes ; et ce plusieurs heures par jour. Ces individus sources d’une remise en question de soi sont aussi bien des influenceurs que nos amis les plus proches. Sur Instagram, tout semble beau. Et le changement n’est pas pour maintenant.

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