L’Ukraine gagne la bataille d’Internet et le cœur de la toile

Alors que le conflit fait rage sur son territoire, l’Ukraine est en train de gagner la bataille de l’image sur Internet alors que les soutiens affluent de toute part.

L’armée russe a décidé il y a maintenant quelques jours d’envahir l’Ukraine. Des affrontements ont maintenant lieu dans de nombreuses villes importantes du territoire, notamment à Kharkiv ou Kiev. Vladimir Poutine a sidéré tout le monde en justifiant son attaque dans un but de « dénazification ». Sur les chaînes de télé du pays de Tolstoï, de faux reportages tournent en boucle montrant le peuple ukrainien comme auteur d’actes de cruauté mettant en danger les Russes. Si la propagande fonctionne en Russie, partout ailleurs dans le monde, personne n’est dupe. Au petit jeu de la communication sur la toile, on peut même dire que c’est l’Ukraine qui rafle tous les suffrages.

Qui Mème me suive

C’est en effet un grand élan de soutien et de solidarité envers le peuple ukrainien qui est né de ce conflit. Si les gouvernements du monde entier ont pris des sanctions économiques contre la Russie, les Internautes n’en finissent plus eux aussi de soutenir à leur manière le pays attaqué. C’est ainsi que nous avons vu de nombreuses publications qui sacralisent quelques symboles importants de la résistance de l’Ukraine face à ses assaillants. C’est en effet presque une nouvelle mythologie qui se crée autour des événements qui se déroulent en ce moment même sur le terrain.

Nous avons tout d’abord vu la naissance de Saint Javelin, icône à l’aspect presque religieux d’une madone qui tient justement entre ses mains le célèbre lance-missile de fabrication américaine qui aide les combattants ukrainiens à repousser les assauts des chars d’assaut.

L’armée a annoncé avoir détruit 14 avions, 8 hélicoptères, 102 tanks, 536 véhicules blindés et 15 systèmes d’artillerie grâce à lui. On peut comprendre en effet que l’objet revête aujourd’hui un caractère de protecteur sacré. C’est également le cas du NLAW, autre arme contre les blindés venue cette fois-ci du Royaume Unis.

We DO need another hero ! (Désolé, Tina !)

Dans les airs, le pays a aussi besoin de héros et a vu la naissance du redoutable Ghost of Kyiv (Le Fantôme de Kiev). Ce pilote de MiG-29 virtuose aurait abattu 6 appareils ennemis à lui tout seul dès le premier jour. Les Services de Sécurité Ukrainien ont depuis annoncé qu’il avait fait la peau à 10 jets russes. Sa légende n’a fait grandir depuis le début du conflit même s’il est impossible de savoir s’il est bien réel. Il est ainsi fort probable qu’il ait été créé de toutes pièces dans le simple but de booster le moral des troupes et de leur donner de l’espoir.

Plus ancré dans la terre ferme se raconte l’histoire de l’Ukrainian Reaper (le moissonneur ukrainien) ! Le soldat aurait déjà fait 20 victimes parmi les membres de l’armée russe à lui tout seul et en deux jours. Une photo présumée de ce combattant circule même sur les réseaux sociaux qui vantent sa bravoure.

Mais celui qui est le plus glorifié pour son courage et dont on a pour le coup la certitude qu’il existe, c’est bel et bien Volodymyr Zelensky. Le président ukrainien continue de tenir tête à Vladimir Poutine, se découvrant un vrai pouvoir de rassembleur et de chef de guerre. Partout sur la toile, des publications louent sa force de caractère et sa manière efficace de galvaniser l’effort collectif ukrainien pour repousser ceux qui veulent s’en prendre à ses terres. Un rôle surprenant pour cet ancien comédien qui a gagné la version ukrainienne de Danse avec les Stars en 2006…

Pendant ce temps, la Russie n’en finit plus d’accueillir des sanctions avec, entre autres du côté des médias, le blocage de la chaîne de télé Russia Today ou du site d’information Sputnik un peu partout dans le monde. Même Apple a annoncé qu’elle stoppait la vente de ses produits sur le territoire russe. Autant dire que même si la guerre en elle-même n’a pas encore décidé de son vainqueur, celle du soutien d’Internet a été largement gagnée par l’Ukraine. Même les Simpsons sont derrière le pays. C’est dire.


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