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L’interview de Kek, dessinateur, développeur et créateur des « Jeux Chiants »

Par Benoît Bailleul

Créateur de bandes dessinées, webmaster, développeur, Kek est plus connu à la rédaction pour son blog BD et ses jeux chiants jouables sur navigateur puis sur Android. Dernièrement nous avons parlé de sa nouvelle création : Frubble. Il répond à nos questions (qu’on n’espère pas trop «chiantes»).

Bonjour Kek, comment t’est venue l’idée de faire des «jeux chiants» et pourquoi sont-ils si…chiants ? (J’veux dire, c’est quoi ton problème, mec ?)
Ça part du fait que j’aime bien emmerder le monde, je pense…mais bon, gentiment ! La plupart des jeux vidéo sont très consensuels : « Bravo tu as gagné, merveilleux !! », « Oh non tu as échoué, recommence vite ! ».
Dans les Jeux Chiants, quand tu perds, tu te fais insulter. C’est pas méchant, si les gens ont un minimum de second degré, ils trouvent ça drôle. Enfin, en moyenne, la moitié des gens comprennent que c’est une blague, l’autre moitié trouve ça hallucinant et mettent une sale note. Moi ça me fait bien marrer quand je perds et que le jeu dit que j’ai fait le même score que Nabilla par exemple ! L’autre truc, c’est que ça part souvent d’un bug. Par exemple je développe un Pac-Man, et je me plante dans le code ce qui fait que les commandes sont inversées ou autre. Et en y jouant, je me dis « Eeh, c’est pas si mal comme ça, c’est bien relou ! », alors je reste sur cette idée et je continue à le développer pour en faire un jeu chiant. Je ne force personne à y jouer, et le nom est clairement indiqué. Mais il y a eu quand même plus de 4 millions de téléchargements, ça fait quand même beaucoup de masochistes. :)

jeu chiant

C’est simplement en souhaitant jouer à Puzzle Bobble que tu t’es rendu compte que ça n’existait pas en mode duel. Du coup tu t’es mis en tête d’en faire un, comme ça ? Ça te prend souvent ?
Dans la limite du raisonnable, je pense pouvoir développer un peu de tout et n’importe quoi. Si on ne me demande pas un jeu 3D temps réel multijoueur ou une application identique à Facebook, ça devrait aller. Et parfois j’ai l’idée d’un truc qui me serait utile, alors je me dis « Si c’est utile pour moi, ça devrait peut être l’être pour d’autres », c’est le cas de Frubble. J’ai adoré le faire, c’était pas évident, mais j’ai appris pas mal de choses, c’est le principal même s’il est loin d’être terminé. Pareil, j’ai créé l’application Conseil d’amis, en partant du principe que si on cherche un restaurant dans une ville par exemple, on regarde sur Google et on tombe sur plein d’avis de gens qu’on ne connaît pas, qui sont sûrement pertinents, mais peuvent aussi bien être laissés par le propriétaire du restaurant ou ses amis ou ses concurrents. «Conseil d’amis» se base sur les conseils de tes amis Facebook, pour conseiller des restos, des plombiers, dentistes, etc. Je me disais que cette appli me serait très utile vu que je préfère demander l’adresse d’un bon dentiste à des amis proches, qu’à une personne lambda.

Combien de temps ça t’a pris pour avoir une version jouable de Frubble ?
Je pense que j’avais une version jouable à 2, mais moche, en 3 semaines environ. Ensuite avec les options, un léger graphisme, etc., Ça m’a pris 5-6 semaines je dirais.

Avec quels outils tu travailles ?
Les rageux vont rager, mais je travaille avec Flash ! Enfin, avec Adobe AIR pour être exact. C’est un peu comme Unity par exemple, avec un seul code, il sort une application pour Android et iOS, ce qui est un gain de temps considérable. Avec des performances largement suffisantes pour ce que je fais. Couplé avec Starling et/ou Feathers (des librairies), on peut vraiment faire des trucs de qualité. On me dit souvent « Tu devrais bosser en natif, ou utiliser tel ou tel logiciel, etc. », mais sincèrement, il n’y a aucun truc que je ne peux pas développer avec AIR. Et comme je connais très bien Actionscript (le langage) vu que j’en fais depuis une bonne quinzaine d’années, j’en profite. Pour un client, j’ai développé une application qui permet de générer des PDF en plusieurs langues (dont chinois et russe) et qui le sort sur une imprimante via WiFi tout en sauvegardant les données de l’utilisateur sur Mailchimp. C’était un des trucs les plus complexes que j’ai fait, et je me suis dit que si je pouvais faire ça avec AIR, je pouvais faire n’importe quoi. Peut être qu’un jour je changerai d’outils, pour passer à Haxe par exemple, mais il y a une grosse communauté AIR avec des mises à jour régulières, donc en attendant…

jeu chiant
Tu as commencé quand le développement de jeux ? Tu as appris sur le tas ?
J’ai fait une école d’infographie pendant 2 ans où j’ai pas appris grand-chose si ce n’est que j’adorais travailler sur ordinateur et créer des trucs. Je suis sorti de là en 2001 et je ne savais pas quoi faire, je ne connaissais quasiment pas la programmation. J’ai acheté un petit bouquin pour faire des jeux en Flash et ça me faisait marrer de bricoler des petits trucs. J’ai appris la programmation en faisant des jeux, parce que j’adorais faire ça. Par la suite j’ai acheté plein de bouquins, et j’ai appris PHP pour sauvegarder des scores en base par exemple, Javascript et jQuery pour en faire en HTML, etc. Apprendre en s’amusant est une des clés pour avancer !

Tes jeux sont gratuits, tu fais ça juste pour le fun ou c’est un moyen de faire parler de tes autres activités ?
Ils sont gratuits, mais contiennent pour la plupart de la pub que tu peux enlever pour 2€, je suis peut être philanthropique, mais faut bien manger ! Je fais ces jeux sur mon temps libre, enfin, je suis freelance et je travaille pour des clients en tant que développeur (Samsung, Accor Hotels, Havas digital…), et j’essaie de travailler à 50% pour ces clients, et 50% pour des projets persos. L’idéal serait 100% sur mes projets persos, mais en fait j’aime bien aussi travailler en agence ou sur des projets sur lesquels j’aurais jamais cherché à travailler tout seul. C’est l’occasion d’apprendre plein de nouveaux trucs.

On a à peu près le même âge. C’est quoi l’ordinateur de tes débuts ? Ton meilleur souvenir de gamer imberbe ?
Mon premier rapport aux jeux vidéo c’était avec l’Atari 2600, quand je devais avoir 4-5 ans. C’était aussi une des premières consoles de jeu, on peut dire que j’ai grandi avec les jeux vidéo, et vue l’évolution (hallucinante) de la qualité des jeux. Le premier ordinateur c’était un Amstrad CPC 464 (moniteur couleur !) avec des cassettes audio. On a passé pas mal de temps avec mon frère dessus, Green Beret, Saboteur, etc. Ensuite on a eu un Amiga (aaah l’Amiga !!) qui était tout simplement formidable, et ensuite un PC (486 DX 33 je me souviens !). Mon meilleur souvenir je dirais que c’était les parties de Half Life en réseau, on apportait chacun notre gros ordi chez un pote, et on passait des soirées à jouer ensemble et s’insulter. Enfin quand ça marchait, après avoir passé des heures à résoudre divers problèmes de TCP/IP ou autre. Sinon en solo, je dirais Doom sur lequel j’ai passé un nombre incalculable d’heures, aussi bien pour le finir dans tous les modes, que de bidouiller le code pour changer des paramètres dans le jeu (exemple : le Minotaure devenait tout petit et courait à fond la caisse !)

Des nouvelles de Virginie ?
Eh non, je devais lui offrir l’album quand il est sorti, vu que c’est une BD qui parle d’elle quand même, elle avait dit « Ah oui OK » et puis je n’ai plus jamais eu de nouvelles. C’est pas grave, le plus important c’est tout ce que je raconte dans l’histoire !

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Auteur : Benoît Bailleul