Les réseaux sociaux, nouveau danger de mort pour l’humanité ?

Que les réseaux sociaux soient aujourd’hui problématiques, c’est un fait. Mais des chercheurs vont plus loin en affirmant qu’ils sont une menace pour l’avenir de l’humanité.

Si vous vous souvenez des débuts des réseaux sociaux, vous aurez un petit pincement au cœur en louant l’esprit bon enfant qui y régnait. Les plus narcissiques d’entre nous y trouvaient un terrain de jeu parfait pour y raconter leur vie du matin jusqu’au soir et partager des photos de chats. D’autres, comme votre serviteur, s’amusaient à créer des pages nonsensiques comme « Pour tous ceux qui ont perdu un frère à Gstaad » en référence au film OSS 117 : Rio ne répond plus et on rigolait bien entre fans. C’était les débuts et tout était encore à faire.

Et puis le nombre d’inscrits augmentant à vitesse grand V, les artistes s’y sont mis, y voyant une manière de communiquer extraordinaire pour partager une information. Puis vinrent les entreprises qui pouvaient y faire sans effort la promotion de leurs produits. Elles n’avaient même pas à aller vers le client puisque c’est lui qui venait à eux en mettant sur leurs pages les célèbres « J’aime » ou « Suivre » !

Fils de pub

Les réseaux sociaux y vont vu en effet l’opportunité de vendre des espaces publicitaires et tout s’est emballé, nous laissant presque nostalgiques des photos de chats que l’on détestait au départ.

Aujourd’hui, alors que l’épidémie de Covid-19 secoue le monde depuis plus d’un an, c’est le phénomène de désinformation qui a pris des proportions problématiques, la méthode ayant déjà été pointée du doigt lors des élections américaines qui opposaient Hillary Clinton à Donald Trump.

Alors que la pieuvre sociale est de plus en plus tentaculaire, les scientifiques du monde entier mettent en garde contre les dangers qu’elle représente pour l’avenir de l’humanité.

Le social prend le globe

Le phénomène est aussi préoccupant que le réchauffement climatique.
Le phénomène est aussi préoccupant que le réchauffement climatique, c’est dire !

Il est facile de voir dans le phénomène un problème sociétal majeur mais ceux qui s’en alarment ces derniers temps, ce sont également des écologistes et des biologistes.

Dans un rapport pessimiste publié par dans la revue scientifique PNAS,  17 chercheurs demandent aux universitaires du monde entier de donner plus de temps et d’attention à l’analyse des conséquences des médias sociaux sur notre société moderne. Pour eux, le phénomène est en effet aussi préoccupant que, par exemple, le réchauffement climatique, en terme de poids sur l’équilibre général du monde.

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Cette étude de l’impact à grande échelle de cette technologie d’information sur la société est considérée comme une « discipline de crise », au même titre que celles sur les espèces menacées. Pour ces chercheurs, l’homme est la prochaine sur la liste si on ne fait rien pour endiguer les problèmes qui en découlent.

Ils mettent justement en cause le phénomène de la désinformation qui sévit de plus en plus sur les réseaux sociaux et qu’il est devenu presque impossible de modérer. Les algorithmes des réseaux sociaux restent à ce jour assez nébuleux dans leurs fonctionnements et le rapport demande à ce que l’on s’y penche plus particulièrement dessus pour pouvoir contrer les problèmes qui y sont liés.

Le texte prend un exemple fort avec la campagne qui s’est répandue pendant la pandémie de Covid sur les bienfaits de l’hydroxychloroquine pour combattre la maladie. Bien que les effets du médicament soient sujet à controverse, des gouvernements se sont jetés sur des stocks du médicament et en ont fait la promotion à leurs citoyens. Le résultat, c’est qu’il n’y en avait plus dans certains endroits pour soigner d’autres maladies sur lesquelles les effets positifs ont été validés par les hautes instances technocratiques de la santé mondialisée.

Cet exemple montre bien la dangerosité que peut avoir une information mal digérée qui se répand inexorablement et sans aucun contrôle sur les réseaux sociaux.

On s’en sort comment ?

Comme un cri du cœur à réagir au plus vite avant que les choses n’atteignent un point de non-retour (qui est peut-être déjà passé), les auteurs du rapport pensent que, si les choses continuent,  elles pourraient propager des idées dangereuses et contribuer à grande échelle à « la falsification des élections, les maladies, l’extrémisme violent, la famine, le racisme et la guerre ».

Pour eux, les hommes mangent aujourd’hui de l’information à tout va, souvent par des canaux non officiels et ne vérifient plus rien d’une manière scientifique. Y aura-t-il une prise de conscience collective dans les années à venir que cette méthode doit changer ? Pour Carl Bergstrom, professeur de biologie à l’Université de Washington et co-auteur du texte, il n’y a que très peu de raisons de se montrer optimiste.

L’un des messages clés du document est qu’il y a une confiance générale dans le fait que tout va s’arranger, que les gens vont finir par apprendre à trier les sources d’information, que le marché va s’en occuper. Et je pense que l’une des choses que dit le document est que nous n’avons aucune raison particulière de penser que c’est vrai. Il n’y a aucune raison pour que les bonnes informations se hissent au sommet de l’écosystème que nous avons conçu. Nous sommes donc très inquiets à ce sujet.

Il est vrai qu’à notre époque, si vous vous levez un matin en vous disant que la Terre est plate et que vous trouvez des millions de décérébrés qui se joignent à votre expertise basée sur votre incompétence, pourquoi penser qu’elle est fausse ?

Les chercheurs sont inquiets.

Nous aussi.

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