Les jeunes envoient de plus en plus de nudes… Et de plus en plus jeunes !

En 2022, envoyer des nudes est presque devenu une activité commune comme aller au cinéma. Une étude montre même que les jeunes sont de plus en plus nombreux à s’y adonner.

Il y quelques décennies, pour que quelqu’un se retrouve avec une photo de vous nu entre les mains, c’était coton. Il fallait la prendre, puis la faire développer puis la donner. De nos jours, avec Internet et les smartphones, tout ça prend à peine quelques secondes…que certains regretteront amèrement toute leur vie. Une étude lève aujourd’hui le voile sur la réalité de cette pratique qui se démocratise de plus en plus jeune.

Nudes : ravageurs pour toujours

Une étude lancée à l’initiative de Ludovic Blécot, un sexologue clinicien lillois, a en effet été menée sur deux ans auprès de 10 700 Français et Belges âgés de 13 à 25 ans. Le panel était composé de 7545 femmes et 3155 hommes. Le sujet : l’échange de « nudes ». La première question était des plus simples : avez-vous déjà envoyé un ou des nudes ? À 74,5%, la réponse était « Oui ». Même si ce nombre peut paraître énorme vu de l’extérieur, il semble plutôt logique pour l’expert :

Ce chiffre élevé ne nous a pas forcément étonnés, notamment parce que les moyens technologiques disponibles ont donné une certaine ampleur à cette pratique.

S’il a voulu lancer cette concertation à grande échelle, c’est avant tout pour avoir une vision précise de la situation basée sur la réalité et non sur ce que le battage médiatique pourrait laisser penser de ses proportions réelles.

Les échanges avec les professionnels dessinaient un constat plutôt alarmiste qui était davantage lié à une représentation du phénomène qu’à la réalité.

Le sujet le plus médiatisé est celui du partage secondaire de photos de nu, c’est-à-dire par un tiers sans le consentement de la personne qui en est le sujet. On apprend ainsi que près de la moitié des personnes interrogées en ayant partagées en ont été victime. On voit alors que les gens ne savent pas comment réagir et se protéger face à ce problème puisque seules 7,95% d’entre elles ont ensuite déposé plainte. C’est très peu et il faut donc comprendre que la grande majorité doit alors vivre en sachant que des nudes d’elles circulent dans la nature. Comme une épée de Damoclès au-dessus de leur tête jusqu’à la fin de leur vie. Sachant que les envois se font également de plus en plus jeunes.

Tiens, un message de Benjamin Griveaux…

Dérap’âge incontrôlé

Selon les résultats de l’étude, les personnes de 17 ans sont proportionnellement plus nombreuse à avoir envoyé ce genre de photo dénudée que ne l’étaient au même âge les personnes aujourd’hui âgées de 18 à 25 ans. Ludovic Blécot donne une analyse sans appel de ce chiffre :

Cela veut clairement dire que l’on envoie des nudes de plus en plus jeune. Sauf que, paradoxalement, l’âge du premier rapport sexuel ne change pas, établi à 17 ans depuis une décennie.

Une façon de faire qui démontre que la pratique est devenue « normale » et ne porte plus de caractère singulier. On apprend dans les résultats que l’envoi se fait de la propre initiative pour 82,76 %, des interrogés mais aussi à la suite d’une demande de leur partenaire pour 64,07 %. Plus troublant, 86,8 % des personnes ayant envoyé des nudes confesse en avoir envoyé en dehors d’une relation de couple. Une évolution de la pratique assez déroutante qui montre bien qu’elle s’est totalement démocratisée et n’est plus jugée transgressive ou intrusive. Plus sombre encore, l’étude dévoile que 3 % des personnes ayant déjà envoyé un nude l’ont fait afin d’obtenir quelque chose en retour, comme des services, de l’argent, des relations sexuelles ou de la drogue. Et là, on peut voir combien les conséquences de ces innocents partages peuvent être graves.

Néanmoins, si vous avez des photos dénudées que vous voulez quand même garder dans vos smartphones mais pas à la vue de tous, on vous explique comment le faire sous Android. On a même fait un tuto vidéo pour vous.