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Le Bitcoin, c’est quoi ? – Nos explications, nos solutions –

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La monnaie virtuelle Bitcoin intrigue, inquiète et fascine, et même si le soufflé est un peu retombé avec la chute de cette monnaie, tous les médias généralistes s’y intéressent. Après avoir entendu ou lu des énormités, la rédaction a décidé de faire le point sur cette invention : qu'est-ce que le Bitcoin, qui l'a inventé et comment en acheter ?

Si vous n’êtes pas resté 5 ans dans une cave, vous savez que le Bitcoin est une monnaie virtuelle ne dépendant d’aucune banque centrale et qui permet de régler des achats en ligne sans taxe et sans intermédiaire. Plus fort, il est possible d’échanger ses Bitcoins contre d’autres monnaies ce qui en fait une véritable devise monétaire sujette à la spéculation.

Certains petits malins, pionniers du Bitcoin, sont même devenus millionnaires puisque, depuis avril 2010 où 1 Bitcoin valait 0,3 $, le cours s’est envolé progressivement. Certes, il y a eu des hauts et des bas et surtout des «bas» dernièrement), mais les plus enthousiastes sont toujours à l’affût. De près de 1000 dollars en août 2013, la cryptomonnaie a commencé une ascension vertigineuse à partir de juin 2017 pour attendre un pic à 16 323 € en décembre de la même année.

Grandeurs et décadences

Le début de 2018 a eu raison de cette envolée, sans doute à cause d’un effet d’essoufflement de la demande (encore que, on ne sait pas trop). En effet, beaucoup de gens qui n’y croyaient pas au départ ont voulu acheter du Bitcoin lorsque TF1 a commencé à en parler au 13h. Et cette chute, même si les détracteurs du Bitcoin s’en réjouissent, n’est pas inhabituelle pour cette monnaie puisqu’entre novembre 2014 et janvier 2015, le Bitcoin avait aussi perdu 50 % de sa valeur avant de repartir de plus belle. La chute actuelle fait plus parler d’elle, car le Bitcoin est plus médiatisé et ceux ayant investi il y a un ou deux ans se sentent un peu «arnaqués». Mais c’est un peu comme au casino : si vous venez avec 100 €, attendez-vous à les perdre ! En 2019, c’est pire puisque le Bitcoin est à moins de 3300 € au moment de la préparation de ce sujet ce qui est quand même 10 fois plus qu’en novembre 2015.

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Qui l’a créé et comment ça fonctionne ?

Officiellement, la monnaie a été créée par Satoshi Nakamoto un Japonais de 42 ans, mais ce dernier n’a aucune existence légale. On peut donc en déduire que cette ou ces personnes souhaitent garder l’anonymat. Bitcoin se base sur les travaux déjà réalisés sur b-money et Bitgold, deux projets de monnaie virtuelle qui ont vu le jour au début des années 2000. Bitcoin prend forme en 2007, mais ce n’est qu’en 2010 que la monnaie est lancée. Le nombre de Bitcoins est déterminé à l’avance par un algorithme et n’atteindra son volume maximal que dans quelques dizaines d’années.

En attendant l’arrivée de ce «plafond», la monnaie est générée automatiquement par le «minage». Les «mineurs» effectuent avec leur matériel informatique des calculs pour le réseau afin de confirmer des transactions. Comme récompense pour leurs services, ils collectent des pourcentages de Bitcoins pour chaque mouvement validé. Quand on sait que les premiers mois l’ami «Satoshi» a été le seul mineur et qu’il est grâce à cela millionnaire en Bitcoin (donc multimilliardaire au cours actuel), on comprend mieux qu’il souhaite garder l’anonymat… Certains pensent aussi que Satoshi est tout simplement décédé en laissant un pactole dans un disque dur quelque part sur terre.

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Le blockchain, c’est quoi ?

Mais revenons sur la technologie employée : le blockchain. Il s’agit de la base du Bitcoin et des cryptomonnaies. Techniquement, c’est une base de données distribuée dont les informations sont vérifiées et groupées en blocs puis chiffrées. Dans les faits, le blockchain du Bitcoin fait office de grand «livre de compte» où toutes les transactions sont répertoriées.

Si vous avez un logiciel où vous stockez vos Bitcoins (et pas un service en ligne qui s’en charge pour vous), vous devrez dans un premier temps télécharger cette blockchain. C’est un peu long au début, mais c’est un passage obligé si vous souhaitez avoir le contrôle total sur votre argent. Notez que si le blockchain est chiffré, vous n’êtes pas forcement anonyme : les personnes sont identifiables, et même si il est difficile de dire ce que vous avez acheté avec, on peut toujours le supposer et connaître le montant.

blockchain

Les critiques

Bien sûr, un modèle de monnaie qui échappe à tout contrôle, même à son concepteur, s’est attiré les foudres des banques et des gouvernements. La Réserve fédérale des États-Unis qui a pourtant considéré que les monnaies électroniques « peuvent être prometteuses à long terme » a aussi pointé du doigt les risques et souhaité une surveillance du Bitcoin. Les banques de Chine, de France et l’Autorité Bancaire Européenne ont toutes mis en garde les utilisateurs dans un premier temps avant de partir dans différentes directions.

Bruno Lemaire, ministre de l’Économie et des Finances avait annoncé en 2018 la création d’une mission de vigilance sur les cryptomonnaies et de son côté la Chine souhaite réguler le Bitcoin et a commencé à interdire les sites d’achat sur son sol. Paradoxal quand on sait que 70 % du Bitcoin est «miné» en Chine…. Enfin, l’Ukraine très enthousiaste autour de cette monnaie souhaite offrir un cadre réglementaire au Bitcoin tout en souhaitant créer une monnaie électronique d’État. Même les banques qui critiquant la cryptomonnaie, car mise à l’écart, ont maintenant leur propre bébé : le Ripple (XRP).

Comment acheter sans risque ?

Pour l’instant, vous ne pouvez pas acheter des Bitcoins avec PayPal (le service y voit sans doute un concurrent). Il faudra aller sur une bourse d’échange (Coinbase, CoinHouse, Kraken, etc.) et payer par virement ou carte bancaire. Le temps que le site vérifie vos informations personnelles, quelques heures peuvent se passer (plus s’il s’agit d’un virement bancaire). Méfiez-vous des sites qui vous proposent des Bitcoins «immédiatement»  ! Sachez que vous n’êtes pas obligé d’acheter un Bitcoin «en entier». Chaque Bitcoin est divisible jusqu’à la 8e décimale, c’est-à-dire en sous-unités de 0,00000001 Bitcoin.

Par contre certaines plates-formes vont vous demander un montant minimum : de 30 à 100 €. Si vous voulez spéculer, il existe des plates-formes plus spécialisées comme HitBTC, mais si vous voulez payer avec cette monnaie, il faudra d’abord choisir votre porte-monnaie. Il s’agit d’un logiciel qui va gérer les transactions. On en trouve pour PC, Mac, mais aussi sous Android ! Au bout de 10 min (un peu plus si c’est la première fois, car il faut que le réseau se synchronise avec votre logiciel), vous avez rapatrié vos Bitcoins dans votre disque dur ou votre mobile. Mais attention, en cas de vol de la machine ou de panne physique, vous aurez tout perdu ! D’où l’intérêt de miser sur un service en ligne ou un wallet. Le service en ligne peut partir avec la caisse ou se faire pirater (mais il stocke tout pour vous) tandis que le wallet vous laisse seul maître avec les risques liés aux pannes/vols.

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Jaxx, le wallet sous Android

Il existe différents types de «wallet» («portefeuille» dans la langue de Nabila) pour stocker vos Bitcoins. En tant que client Bitcoin «léger», Electrum ne stocke pas l’intégralité de la blockchain sur votre disque dur, mais communique avec des serveurs pour récupérer l’intégralité des transactions sans pour autant envoyer votre clé privée.

À l’inverse, un wallet comme Jaxx stocke l’intégralité de la blockchain sur votre PC, mobile Android ou iOS sans passer par Internet. Il est même possible de les «appairer» pour que vous ne perdiez plus votre capital en cas de vol d’un de vos appareils. Certains fabricants proposent aussi des wallet physiques sous forme de clé USB. Intéressant, mais superflu pour le «petit porteur». Avec Jaxx, vous pouvez payez, recevoir de l’argent, synchroniser vos transactions avec un PC (pour éviter de tout perdre en cas de perte ou de vol), convertir dans n’importe quelle monnaie et même «miner» du Bitcoin si votre connexion le permet.

Jaxx s’occupe de gérer vos cryptomonnaies : Bitcoin, Ethereum et 83 autres devises virtuelles basées sur la technologie du blockchain…


Les idées reçues autour du Bitcoin

« C’est virtuel ça ne vaut rien ! »
Oui à peu près comme les bouts de papier dans votre portefeuille où il est écrit 20, 50, 100 ou 500 €

« C’est illégal ! »
Pas du tout. Il n’est pas illégal d’acheter du Bitcoin. Quant aux utilisations illégales qui sont faites de la monnaie (achat de drogue, armes, etc.), elles sont estimées entre 3 et 6 % des flux par des gens très sérieux (donc pas votre oncle alcoolique).

« C‘est encore une invention du capitalisme pour spolier les [mettez ce que vous voulez ici] »
À l’inverse d’un titre en bourse où on spécule sur la force de travail d’un groupe d’individus, ce n’est pas le cas ici. Personne n’est lésé avec le Bitcoin. Enfin peut-être un peu l’environnement puisque le Bitcoin consomme autant d’électricité que le Pérou.

« C’est une bulle qui fera pschitt »
C’est bien possible, mais comment savoir ? Demandez à ceux qui ont acheté des actions Euro Tunnel ou Euro Disney, ils seront de bon conseil… Le Bitcoin s’est pris une claque, mais il reste bien au-dessus de sa valeur d’origine. Par contre, ce n’est pas l’investissement idéal pour le bon père de famille…

« C’est un nouvel Eldorado, je vais devenir riche ! »
Là aussi c’est possible, mais comment savoir ? De gros investisseurs misent à fond dessus et certains voient cette monnaie dépasser les 100 000 dollars. Ma mère dit toujours : «le papier ne refuse pas l’encre»…

« Le Bitcoin est intraçable ! »
C’est tout le contraire même s’il existe des moyens détournés pour brouiller les pistes (achat mutualisé ou entre particuliers). Ceux qui ont déjà acheté des Bitcoins le savent bien : le site vendeur dispose de votre identité et de votre adresse Bitcoin unique. Les transactions sont donc traçables. Comme on n’est jamais 100 % anonyme sur Internet, le Bitcoin ne peut jamais être à 100 % intraçable.