La pénurie de puces électroniques est-elle partie pour durer ?

La pénurie de puces électroniques (aussi appelées semi-conducteurs) ne cesse de s’intensifier. Alors qu’une stabilisation progressive était espérée en début d’année, de nouvelles estimations mettent aujourd’hui en lumière la probable longévité de la crise…

Jeudi 23 septembre, la firme de consulting AlixPartners, a donné de nouvelles estimations quant à la perte financière pour le marché de l’automobile. Alors qu’elle prévoyait une perte de 61 milliards d’euros en janvier puis de 110 milliards en mai, elle prévoit désormais une perte se situant aux alentours de 180 milliards d’euros.

Le marché de l’automobile au ralenti

Pour rappel, la pénurie des semi-conducteurs est en partie due à la crise du coronavirus. Les mesures prises pour lutter contre la pandémie ont mis l’industrie de production de puces à l’arrêt. En parallèle, les demandes se sont accrues, en raison du développement massif du télétravail. Un manque d’anticipation de la part des fournisseurs suite aux différents confinements est également pointé du doigt comme une explication à cette pénurie. L’augmentation de la consommation de produits électroniques de manière générale aurait dû mettre la puce à l’oreille aux fournisseurs (NDLR : nos rédacteurs Baptiste et Stéphane font le concours du jeu de mot le plus bidon, excusez-les).

Les puces étant indispensables à la production d’ordinateurs, téléphones, consoles de jeu, voitures, machines à laver et tout type de produit électrique, la baisse de leur production se fait largement ressentir. Parmi les conséquences de cette carence, on a donc pu observer une réduction de la production automobile. Selon les dernières estimations d’AlixPartners, ce sont près de 7,7 millions de voitures qui ne seront pas construites cette année. Des difficultés pour acquérir la PS5, l’annulation du Galaxy Note de 2021, des délais plus longs pour les commandes de cartes bancaires et une sortie retardée de l’iPhone 13 constituent également des symptômes observables cette année.

Un nombre de fournisseurs limité dans le monde

Face à ce manque, des choix ont dû être faits. Les fournisseurs de semi-conducteurs ont ainsi décidé de privilégier la création de téléphones portables et d’ordinateurs. Une décision expliquant pourquoi le secteur de l’automobile est bien plus mal en point que celui des smartphones ou des ordinateurs.

Basé à Taïwan, TSMC produit les puces pour Nvidia, Qualcomm, Apple… Rien que ça.

Pour comprendre pourquoi cette crise perdure, il faut préciser qu’il existe une faible quantité de producteurs de semi-conducteurs, notamment de semi-conducteurs avancés. De moins en moins d’entreprises ont les capacités techniques pour réaliser les nouvelles puces, de plus en plus sophistiquées. Les principaux acteurs pourraient se résumer à la société taïwanaise TMSC,  le coréen Samsung et l’américain Intel. L’un des premiers enseignants de cette crise, c’est d’ailleurs à quel point il existe une dépendance d’une majorité des pays vis-à-vis de ces fournisseurs.

À quand un retour à la normal ?

Pour sortir de la crise, une seule solution émerge véritablement : l’accélération de la production par les fournisseurs. Facile à dire, moins facile à mettre en œuvre. Ces derniers investissent énormément d’argent. TMSC déploie actuellement des moyens importants pour relancer son marché. La compagnie travaillerait notamment à la création de deux usines de production de semi-conducteurs.

Le processus de relance devrait prendre un certain temps. Ce dont on peut être sûr c’est qu’on ne devrait pas retrouver un rythme de production normal avant 2023. Aucune certitude donc, d’autant plus que l’arrivée incessante de nouveaux variants est un frein supplémentaire. Si les estimations d’AlixPartners se sont révélées fausses, c’est en grande partie car personne n’avait prévu l’irruption du variant Delta.

Alors, toute cette histoire semble partie pour durer ? Ce n’est pas l’avis du milliardaire Sud-Africain Elon Musk qui dernièrement assuré lors de la Italian Tech Week de Turin que la pénurie allait se résorber « à court terme ». Selon lui, de nombreuses usines sont en cours de fabrication et tout devrait rentrer dans l’ordre plus vite que l’on croit. Le patron de Tesla, qui a subit de plein fouet cette pénurie, prend peut-être ses désirs pour des réalités.


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