La 5G va-t-elle clouer les avions au sol ?

La 5G, on la souhaite autant qu’on la craint. La faute à nombre de théories plus ou moins préoccupantes. Les avions peuvent-ils en pâtir ? Des compagnies aériennes se montrent justement très précautionneuses sur le sujet.

Il est loin le temps où on se connectait en « Edge » sur nos téléphones. Depuis, les choses ont bien changé et nous sommes aujourd’hui passés à la 5G, soit la cinquième génération des standards de débits. La vitesse se veut bien sûr plus élevée (100 fois plus rapide que la 4G) afin de répondre aux besoins de plus en plus grands pour naviguer sur Internet et charger des vidéos de haute qualité et autres fichiers imposants. Elle doit également permettre de supporter jusqu’à un million d’appareils au km², soit 10 fois plus que son prédécesseur. Cette augmentation générale du débit, si elle est plutôt bien accueillie par les utilisateurs, voit néanmoins s’élever face à elle des voix qui dénoncent de possibles effets néfastes sur la santé et la nature. Si rien de tout ça n’a été jusqu’à présent scientifiquement prouvé, une décision prise par des compagnies aériennes soulève une légère crainte.

777 pas gagnant

L’inquiétude nous vient en effet des États-Unis où le réseau 5G a été déployé depuis le 19 janvier par AT&T et Verizon. Même si les deux sociétés ont pour l’instant accepté de retarder le déploiement autour des aéroports, se pose tout de même sérieusement la question des perturbations possibles de la 5G sur les outils de navigations des avions. Les compagnies aériennes ont néanmoins pris les devants et certaines, dont Emirates, Japan Airlines ou China Airlines, ont décidé de prendre leurs précautions. Ainsi, de nombreux vols vers les États-Unis sont suspendus et l’utilisation d’avions Boeing arrêtée, le constructeur ayant annoncé que les signaux 5G pourraient perturber le radioaltimètre de son modèle phare le 777. Tout ça pour une question de fréquences un peu trop proches.

Fréquence interdite

La préoccupation vient en effet des fréquences que les États-Unis ont autorisées dans le cadre du déploiement de la 5G sur son territoire. Passant par des ondes radios, la bande va de 3,7 à 3,98 GHz. Celles dévoluent aux opérations aériennes se situent elles de 4,2 à 4,4 GHz, l’écart n’est donc que de 200MHz. Sachant qu’elles sont utilisées, entre autres, pour la communication, toute interférence entre les deux pourrait faire naître de réels problèmes. Pour les compagnies aériennes, la marge entre les deux fréquences n’est pas assez grande pour être sans risque.

Va-t-on voir la même situation naître en l’Hexagone ? Suivant les données annoncées, ce ne devrait pas être le cas puisque cette précaution a été prise en amont. Les fréquences pour la 5G vont en effet de 3,4 à 3,8 GHz, ce qui donne une différence plus sécuritaire de 400MHz avec celles utilisées par la radionavigation aéronautique.

Pour éviter le problème, il faudrait simplement ne pas mettre d’antenne 5G aux abords des aéroports mais cela va-t-il plaire aux abonnés qui se plaindront alors de ne pas capter le réseau à grande vitesse en descendant de leur avion ? Entre sécurité et qualité de vie, on sait très bien ce qui sera toujours choisi par la plupart des gens. Il n’y a qu’à voir la quantité d’imbéciles qui allument leur smartphone alors que l’avion n’est pas encore garé…


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