Jet privé : comment suivre à la trace les riches pollueurs ?

Malgré l’urgence écologique, certains puissants continuent de voyager en jet privé et de cramer de l’énergie pour gagner deux heures. Aujourd’hui, vous pouvez les suivre et les pointer du doigt sur Internet !

L’heure est grave, nous le savons tous et sans un effort collectif, nous n’arriverons pas à sauver notre planète. Autant dire que… Mais nous ne sommes pas ici pour broyer du noir dès le lundi matin. Non, nous sommes ici pour parler de ceux qui ont vraiment décidé de ne faire aucun effort et qui voyagent en jet privé à travers la planète avec autant de naturel que vous quand vous prenez le bus pour faire 3 kilomètres. Hélas pour eux, la discrétion de leurs petites escapades n’est plus vraiment assurée et les voilà bien embêtés.

Saouls les radars

Il existe en effet de nombreux moyens légaux de suivre aujourd’hui les va-et-vient des avions qui survolent nos têtes à longueur de journée. Il suffit d’avoir les bonnes informations, l’équipement adéquat et savoir où chercher. La loi américaine exige par exemple que les avions se trouvant dans certaines zones soient équipés du système par satellite ADS-B. Ce dernier envoie à intervalle régulier la position de l’appareil par radio aux contrôleurs aériens. Le site Flightradar24 possède ainsi plus de 34.000 récepteurs au sol sur la planète entière. De quoi capter de nombreuses informations sur le lieu de départ, celui d’arrivée et combien a duré le vol. Certaines personnes s’en sont donc fait une spécialité et partagent des données de vol de ceux qui se servent un peu trop souvent de leurs jets privés.

C’est le cas par exemple de Celebrity Jets créé Jack Sweeney sur Tweeter. En plus de celle-ci, cet Américain de 19 ans a automatisé 30 autres pages suivant les trajets de célébrités. Celle connue sous le nom d’ElonJet suit par exemple les aventures d’Elon Musk et son avion privé. Elle est suivie par près de 500 000 personnes et tape un peu sur le système du Sud-Africain qui a même proposé à l’étudiant de lui racheter pour 5 000$. Ce qui doit représenter l’argent gagné en une demi-seconde par le patron de Tesla.

La page I fly Bernard pointe également du doigt les déplacements des milliardaires français en jet privé, le nom faisant référence à Bernard Arnault. Un autre compte, laviondebernard, placarde le patron de LVMH en suivant son jet et celui de la société Total. Mais sinon, c’est vraiment si grave que ça que des gens riches utilisent des avions privés alors qu’ils ont les moyens ? Alors comment dire…

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« Pollution, je dis non ! » (les Inconnus)

Sur la page I fly Bernard, vous trouverez des informations qui risque de vous faire enrager comme jamais. Il est vrai que l’on nous demande -parfois à juste raison- de faire attention à notre comportement concernant les dépenses énergétiques. C’est encore mieux quand l’effort vient de nous-mêmes puisque nous sommes tous concernés par l’écologie. Et puis vous tombez sur ce genre de post sur Tweeter et vous commencez à vous demander quel impact ce que vous faites de votre côté a vraiment face à celui de Martin Bouygues :

Consommation de trois jours de vol = 7 ans en moyenne d’empreinte carbone d’un Français. Que faire contre ça si ce n’est se sentir impuissant face à l’inconscience de certains puissants ? Surtout, n’oubliez-pas de couper votre WiFi ! Il y a quelques jours, l’agence de marketing Yard a élu Taylor Swift  « célébrité la plus pollueuse de l’année », avec 170 vols depuis janvier. On n’ose même pas calculer l’empreinte carbone de la chanteuse.

Face à cette dérive, certains, comme Bill Gates, conscients du problème mais n’arrivant pas à se priver de leur jet, utilisent la compensation carbone pour essayer de contrebalancer leurs propres émissions de CO2 en finançant des projets censés les réduire. Oui, c’est mieux que rien mais, comme le dit l’adage « Le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas. ».

Et la vie privée dans tout ça ?

Alors bien sûr, même milliardaires, ces personnes ont le droit au respect de leur vie privée. C’est un raisonnement qui se tient. Il faut néanmoins préciser que ces jets privés appartiennent la plupart du temps aux entreprises de ces fortunés pollueurs. Il peuvent donc très bien ne pas être à l’intérieur de leur oiseau de métal. On peut imaginer qu’ils prêtent leurs coûteux coucous ou qu’ils l’affrètent pour aller chercher un invité. Cela ne diminue pas leur empreinte carbone pour autant. Rappelons aussi que toutes ces données sont publiques et que les sites dont nous vous avons parlé ne font que centraliser les informations pour permettre à tout le monde d’y avoir un accès facile.


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