Interview du créateur de « Gladys Assistant », la solution domotique gratuite et open-source

Pierre-Gilles Leymarie est le papa de Gladys Assistant, une solution simple et open source de domotique. Créé en 2013, le logiciel a subi une refonte totale cette année avec sa version 4. Un processus qui a pris presque 1 an de dur labeur…

1/ Pourriez-vous vous présenter et nous dire comment vous est venue l’idée de créer Gladys ?

gladys

Je m’appelle Pierre-Gilles Leymarie, j’ai 26 ans, et je suis fondateur de Gladys Assistant. Tout a commencé en 2013, il y a 7 ans. À l’époque j’avais 19 ans, j’étais étudiant, et je voulais pouvoir automatiser ma chambre d’étudiant. Je suis un grand fan d’Iron Man et j’étais inspiré par le Jarvis qu’on voit dans le film, je voulais le mien chez moi. Mes parents m’avaient offert un Raspberry Pi pour mon anniversaire, et j’ai commencé à me documenter sur ce qu’il est possible de faire niveau domotique avec ce micro-ordinateur. Ma première automatisation, c’était ma lampe de bureau avec une prise connectée 433 MHz, un émetteur 433 MHz branché aux ports GPIOs du Pi. Très low-tech, un peu de code Python pour faire fonctionner le tout, et j’avais une chambre d’étudiant (un peu) connectée !

J’ai commencé à écrire sur un blog créé pour l’occasion, je racontais mes aventures autour du Raspberry Pi, et petit à petit je me suis dit : et si je construisais un logiciel qui regrouperait toutes les possibilités que je décris sur mon blog ? Mon propre Jarvis, dans un logiciel clé en main ? Gladys Assistant était née ! La première version était très basique, c’était un assemblage de PHP et de scripts Python, mais elle m’a montré une chose: le public était intéressé. J’ai eu beaucoup de téléchargements, beaucoup de retours.

2/ Nous nous connaissons depuis l’époque du magazine L’officiel PC – Raspberry Pi. Que de chemin parcouru depuis la première version en PHP ! Mais par rapport à la version de 2017, qu’est-ce qui change ?

Beaucoup de choses ! La version de 2017 était conçue sur des bases écrites en 2015, c’était plus un produit pour un développeur confirmé que pour un public qui n’a pas de connaissances en programmation. C’était un produit formidable pour quelqu’un qui aime coder, bidouiller, mais très vite on a vu les limites du produit quand il était dans les mains de novices.

Alors on a revu notre copie. Il y a 2 ans, on a écrit avec la communauté un “manifeste technique” où on spécifiait tout ce qu’on voulait dans cette version 4 de Gladys Assistant. On a très vite compris qu’on allait repartir de zéro au niveau code. Après plusieurs mois de spécifications techniques, on a construit ce produit. Ça a pris presque 1 an et demi de tout réécrire, mais au vu du résultat ça en valait le coup. Le résultat, c’est un produit qui n’a plus rien à voir avec la v3. C’est un produit conçu pour être simple à utiliser, stable et rapide.

domotique
Ampoules, prises électriques, capteurs en tout genre, caméras, détecteurs de mouvement… Gladys Assistant prend en charge des milliers de périphériques à la maison tout en restant contrôlable à la voix ou depuis son smartphone.

3/ Comment ça va se passer pour les utilisateurs de Gladys 3 qui veulent passer à la version 4 ?

Les deux produits n’ayant rien à voir, il faut installer la v4, et configurer cette v4, comme si on installait un nouveau produit. Il n’y a pas de migration v3 -> v4 car ça n’aurait pas de sens, ce sont deux produits différents.

4/ Gladys est toujours open source, mais surtout gratuit. Comment tu achètes des biftecks hachés ?

Effectivement, la partie monétisation de tout projet, même open source, est importante, car tout projet à des coûts. J’ai lancé récemment Gladys Plus, un service additionnel complètement facultatif qui ajoute des fonctionnalités à Gladys Assistant pour 9.99 €/mois (sauvegarde chiffrée automatique, accès à distance chiffré de bout en bout). Je pense que c’est un mode de financement qui respecte mes utilisateurs, car il m’incite à travailler dans leur intérêt, et pas dans l’intérêt d’un tiers (pas de publicité, pas de revente de données).

5/ La communauté Gladys est forte de 3000 individus, mais combien de personnes sont vraiment actives ? Comment tu testes les intégrations d’autant d’appareils ?

Ce mois-ci, environ 900 personnes se sont connectées sur le forum, il y a de l’activité ! Suite au lancement, je pense que la communauté va de plus en plus s’activer. Je ne teste pas tout seul ! Le projet étant open source, des dizaines de contributeurs proposent des modifications au projet, et testent les intégrations. Le développement est collaboratif !

domotique
Avec un Raspberry Pi à 40 €, vous pouvez déjà commencer l’aventure Gladys !

6/ Quelle est la place du Raspberry Pi dans le microcosme ? De presque indispensable il devient presque anecdotique puisque Gladys peut-être déployé sur un NAS ou une Freebox Delta,non ?

Le Raspberry Pi reste la plate-forme la plus pratique pour commencer sur Gladys Assistant : abordable, silencieuse, et avec beaucoup de connectivités : Wi-Fi, Bluetooth, mais aussi GPIO, caméra pour Pi. C’est une plate-forme formidable pour la domotique. Après, effectivement, avec cette nouvelle version plus “pro”, on ne pouvait pas ignorer les plateformes que beaucoup choisissent pour leur domotique : les NAS Synology, les Freebox Delta, ou tout serveur qu’on peut faire tourner chez soi.

Retrouvez ici notre article sur la version 4 de Gladys