Intelligence artificielle : Nicolas Krafft, ancien cadre de L’Oréal, sur la beauté de l’IA dans les cosmétiques

L’intelligence artificielle (IA) est une science qui consiste à apprendre aux ordinateurs à simuler un comportement intelligent et la capacité d’une machine à imiter un comportement humain intelligent. Selon Nicolas Krafft, un ancien dirigeant de l’Oréal qui a développé de nombreuses marques pour le géant français, cette IA est une formidable opportunité pour le monde des cosmétiques.

L’IA est la capacité d’un ordinateur à apprendre à partir de données externes et à utiliser ces enseignements pour faire des prédictions sur des événements futurs et ainsi atteindre des objectifs et des tâches spécifiques de manière flexible. Cela est vrai dans tous les domaines, y compris dans l’industrie cosmétique selon Nicolas Krafft, un ancien cadre de chez L’Oréal qui a une expérience de plus de 10 ans dans le domaine des cosmétiques.

Ce domaine de l’informatique est en train de changer notre façon de penser et de travailler, ainsi que la relation de l’homme avec les données et la technologie. Pour les biens de consommation, l’IA ajoute quelques aspects qui reposaient traditionnellement sur l’intelligence humaine. Il s’agit de la personnalisation, de l’automatisation, des réseaux de chaînes d’approvisionnement numériques et d’une meilleure façon de prendre des décisions. 

Au cours des dernières années, l’IA s’est infiltrée dans l’industrie de la beauté avec le potentiel de modifier complètement la façon dont les marques de beauté fonctionnent. On estime que les dépenses mondiales pour l’IA dans le commerce de détail – comme la mode, le luxe et les cosmétiques – atteindront près de 7,3 milliards de dollars d’ici 2022. 

L’ancien vice-président du Global Business Development de L’Oréal USA estime que les différentes applications de l’IA peuvent simplifier les processus et apporter des améliorations. Ce sont des choses que l’industrie de la beauté n’a jamais vues auparavant. Il prévoit que l’IA peut améliorer l’expérience du consommateur, ouvrir de nouvelles voies d’achat et élargir les choix des clients.

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Une transformation de l’expérience d’achat du commerce électronique

Nicolas Krafft comprend que les investissements les plus importants dans l’IA permettront de mettre en place de véritables stratégies de démarcation et d’offrir aux consommateurs des expériences d’achat améliorées. Il s’attend également à ce que l’IA transforme l’expérience d’achat du commerce électronique. Les fonctions d’essayage assistées par l’IA, qui peuvent changer l’activité et aider les détaillants en ligne à mieux répondre à la demande des consommateurs, en sont un exemple. 

Les consommateurs d’aujourd’hui sont uniques, car ils placent l’efficacité et l’excitation au-dessus de tout, et l’IA peut être un outil puissant pour y répondre. Cependant, le défi réside dans le manque de conseillers, de pharmaciens ou de coiffeurs pour proposer des idées ou des conseils concernant les produits qui peuvent dépasser le choix habituel d’un acheteur. 

L’Oréal a acquis ModiFace, une société de réalité augmentée qui permet de tester virtuellement le maquillage. L’entreprise a ainsi déjà commencé à tirer parti de la puissance de l’IA pour répondre aux besoins des consommateurs et les multiplier. Le logiciel – un conseiller de beauté virtuel – permet essentiellement aux clients d' »essayer » virtuellement des articles avant de les acheter en prenant une photo augmentée en fonction des différents choix de maquillage. Nicolas Krafft estime que cette collecte de données sur les consommateurs et l’engagement accru des clients entraîneront une hausse des ventes en magasin, notamment via le commerce électronique. « C’est un exemple clair de la façon dont l’IA peut contribuer à offrir au consommateur une meilleure expérience tout en offrant aux e-commerçants un solide soutien au développement commercial », déclare-t-il.

En plus d’améliorer l’expérience d’achat en proposant des options plus personnalisées et/ou améliorées, Krafft pense que l’IA peut améliorer la façon dont les produits sont distribués aux professionnels de la beauté. Ces derniers comprennent les stylistes, les esthéticiens ou les maquilleurs.

Ouvrir la voie à de nouveaux modèles commerciaux

Par exemple, les optimisateurs d’assortiments de couleurs pour cheveux pourraient être le résultat de l’IA dans le secteur de la beauté. Ceux-ci donneraient aux coiffeurs des moyens plus optimaux de choisir la meilleure couleur ou de produire en salon des articles personnalisés. Actuellement, les coiffeurs conservent des notes sur les formules précédemment utilisées pour les clients et les mettent à jour lorsqu’ils souhaitent changer de couleur de cheveux.

Demain, il pourrait y avoir des dispositifs aidant les coiffeurs à identifier la couleur de cheveux d’une célébrité sur son dernier post Instagram, à sélectionner les teintes qui correspondent le mieux à ce résultat pour la cliente sur la chaise et à la laisser l’essayer virtuellement avant d’appliquer la couleur. Sur la base de la teinte utilisée chaque jour dans le salon, l’appareil pourrait en outre aider le styliste à gérer ses stocks et à réduire les coûts. Grâce à la formation virtuelle, la machine pourrait guider le styliste jusqu’à l’obtention de la teinte souhaitée. Le styliste appliquerait alors la couleur sous la supervision du robot. 

Cela pourrait modifier le rôle du styliste et ouvrir la voie à de nouveaux modèles commerciaux de sociétés de beauté D2C. C’est le cas de Madison Reed, une entreprise qui vend des colorations capillaires professionnelles directement aux consommateurs sur abonnement et qui vient de lever 50 millions de dollars pour développer son activité. Grâce à une application de conseil en couleur basée sur l’intelligence artificielle, elle peut également fournir une consultation professionnelle en ligne, semblable à celle d’un salon, et donner au consommateur une indication sur les teintes à acheter et à mélanger, voire préparer un mélange de couleurs professionnel prêt à l’emploi.

Une combinaison efficace de l’IA et du service humain 

Selon Nicolas Krafft, « l’IA peut également être utilisée pour améliorer le secteur des ventes et du marketing ». Le traitement du langage naturel (NLP) est une branche importante de l’IA. Cette science étudie les interactions entre les ordinateurs et le langage humain, par lesquelles les ordinateurs apprennent à interpréter et à traiter de grandes quantités de données en langage naturel.

Par exemple, elle peut aider à traiter les commentaires que les utilisateurs fournissent sur les produits, que ce soit sur le site web de l’entreprise ou sur les médias sociaux. Cela signifie que le traitement et la consolidation des avis des consommateurs seraient beaucoup plus rapides, ce qui faciliterait d’autant l’adaptation des produits/appareils, des recommandations, des tutoriels, etc. L’impact serait énorme, car le délai entre l’avis de l’utilisateur et l’amélioration du produit serait nettement plus court. En d’autres termes, l’IA peut accélérer l’amélioration des produits pour satisfaire encore davantage l’utilisateur final.

Dans l’ensemble, les effets de l’IA peuvent être immensément positifs, mais que leur succès dépend de leur application. L’application de l’IA et de la PNL a un sens tant que l’expérience du salon et de l’achat est améliorée pour le consommateur et que la boucle de rétroaction/mise en œuvre est raccourcie pour les producteurs. Un déploiement sans faille de cette technologie et de ces avancées est indispensable à leur succès.
Il souligne toutefois que les technologies ne remplaceront en aucun cas complètement l’aspect humain. Au contraire, il pense que « l’industrie de la beauté s’améliorera grâce à une combinaison efficace de l’IA et du service humain ». Et plutôt que de le remplacer complètement, ces technologies peuvent contribuer à améliorer l’aspect humain du secteur de la beauté. Après tout, la beauté est subjective, et tout provient finalement des choix, des préférences et des goûts des consommateurs.

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