Il est partout et pourtant on ne le voit pas : comment fonctionne le Bluetooth ?

Que ce soit pour mettre du gros son avec une enceinte, imprimer une copie de sa pièce d’identité ou regarder une série avec un casque ou des airpods, le Bluetooth fait aujourd’hui partie intégrante de nos vies. Mais savez-vous vraiment comment il fonctionne ? Non ? Alors on respire un grand coup et on se lance.

Le Bluetooth constitue une prouesse technologique exceptionnelle. Créée en 1994 par la société suédoise Ericsson, la norme Bluetooth permet à deux appareils électroniques de se connecter entre eux sans que l’utilisation d’un câble ne soit nécessaire. Contrairement à la NFC qui est notamment utilisée pour le paiement sans contact, une configuration manuelle pour appairer les deux objets doit être réalisée au préalable.

Une fois la connexion faite entre les deux appareils, des fichiers peuvent être envoyés de l’un à l’autre. Ces fichiers peuvent être des audios, de la musique, du texte ou même des images. Magique ? Presque. Ces fichiers se transmettent par des ondes qu’on pourrait décrire et imager comme de grands cercles multidirectionnels. Sur le spectre électromagnétique, ce sont des ondes UHF (Ultra High Frequency) qui sont utilisées puisque le Bluetooth fonctionne à une longueur d’onde se situant entre 2,484 (0,001 près) et 2,4 gigahertz.

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Comment se déroule le transfert de données ?

La section du spectre sur laquelle fonctionne le Bluetooth se découpe en 79 canaux caractérisés chacun par une longueur d’onde différente. L’information transportée étant réduite et envoyée en bits, chaque canal possède en réalité deux longueurs d’onde : l’une pour le 1 et l’autre pour le 0. Les deux objets appairés se placent sur un canal. Le message à transmettre est alors regroupé en paquets de bits qui font le trajet d’un appareil à un autre en passant par le canal sur lequel se sont placés les deux appareils. On appelle onde porteuse l’onde porteuse du message. A noter qu’afin d’éviter les interférences et l’interception du message, le canal change toutes les 1 600 secondes (oui c’est vraiment énorme). On appelle cela des sauts de fréquence.

Le message envoyé se divise en trois parties. Les 72 premiers bits s’assurent que l’appareil sur lequel arrive le message est le bon. On les appelle le code d’accès. Ensuite, on retrouve l’entête qui fait 54 bits et contient des informations sur les données transmises. Enfin, les derniers bits sont l’information en elle-même. Leur nombre varie en fonction des données échangées. Tout cette manœuvre est rendue possible par la présence d’une micropuce Bluetooth directement intégrée aux appareils électroniques. En plus de son rôle dans la transmission du message et sa sécurisation, la micropuce limite les bruits parasites. Pratique pour les écouteurs sans fils et les casques notamment.

Du Bluetooth 1.0 au Bluetooth 5.0

Depuis son apparition à la fin des années 90, le Bluetooth a été perfectionné. Là où le Bluetooth 1.0 avait une vitesse de transfert de seulement 1MB/S (mégabit par seconde), une portée d’à peine 10 mètres et n’était pas exploité par les fabricants, le Bluetooth 5.0, apparu en 2016, a triplé la vitesse de transfert tout en consommant moins d’énergie, a une portée atteignant 240 mètres sans obstacles et est intégré à quasiment tous les appareils électroniques. En à peine vingt ans, le Bluetooth s’est imposé comme une technologie fiable, efficace et pratique, se rendant ainsi indispensable. En décembre 2019, le Bluetooth 5.2 s’est révélé être une nouvelle avancée puisque le Bluetooth à faible consommation d’énergie est désormais doté d’un profil audio. Vous l’aurez compris on n’a pas fini d’entendre parler du Bluetooth. Sauf que maintenant vous savez comme ça fonctionne.

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