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Huawei, Xiaomi, Oppo, Lenovo : les smartphones chinois prennent le pouvoir

Huawei vient de le démontrer une fois de plus avec ses P9 et P9 Plus, les constructeurs chinois livrent des appareils de plus ne plus qualitatifs. La chine est devenue un acteur majeur du marché des smartphones. Cette tendance va-t-elle s'installer durablement ? Eléments de réponse.

Sans appel ! Les chiffres des analystes du marché mobile (IDC, Counterpoint) ne laissent pas de place au doute : sur les 10 plus gros constructeurs de smartphones, en terme de volume de vente, 7 sont chinois. Globalement, Huaweï se hisse sur la troisième marche du podium, derrière Apple et Samsung, toujours leader malgré une baisse de ses parts de marché. Les projections pour 2016 et au-delà montrent aussi que l’Empire du Milieu pourrait bien détrôner ses concurrents. Pour réussir ce tour de force, les constructeurs chinois disposent de sérieux atouts.

 

Top 5 des constructeurs de smartphones

1 – Samsung

2 – Apple

3 – Huaweï

4 – Xiaomi

5 – Lenovo

 

Un faible coût de production…

 

Cela peut sembler une évidence, mais rappelons que, contrairement à la plupart des constructeurs européens (Archos, Memup…) qui délocalisent la production de leurs appareils en Chine, Huaweï, ZTE, Xiaomi et consorts sont déjà sur place. L’approvisionnement des composants, la main d’œuvre, la supervision de la production… Autant d’éléments qui coûtent moins cher à un constructeur du cru. Pour certains, comme Huaweï, la stratégie consiste à fabriquer ses propres composants, à la manière de Samsung qui intègre ses processeurs Exynos à ses modèles.

 

… Mais un écart de prix qui se réduit

 

Proposer des prix défiants toute concurrence a été l’une des clés du succès des constructeurs chinois lors de leur arrivée sur le marché international. Maintenant que la percée est réussie, on note une montée progressive du prix moyen pour se rapprocher de plus en plus de la concurrence (LG, Samsung, HTC…). L’exemple le plus flagrant est celui du Mate S de Huaweï, phablette haut de gamme proposée à 649 euros. Bien que performante, elle n’arrive pas au niveau des autres appareils de cette gamme de prix, malgré des nouveautés logicielles intéressantes.

 

La Chine, vecteur d’innovations technologiques…

 

Fini le temps où les produits chinois avaient une réputation de copies bon marché. Aujourd’hui, les innovations viennent de l’Empire du Milieu. On se souvient par exemple du capteur photo/vidéo rotatif de l’Oppo N3. Mais, on pourrait citer les écrans « borderless » (sans bordures), dont le Nubia Z9 (filiale de ZTE) est un bon exemple. Et que dire de la technologie « Force Touch », lancée par Huaweï sur son Mate S, avant qu’Apple n’arrive avec son « 3D Touch ». Parfois, cela ne prend pas, comme le capteur photo rotatif, qui laisse plutôt la place aux deux capteurs classiques, mais dotés de la même définition élevée (Asus ZenFone Selfie). Mais parfois, les idées pourraient bien devenir la norme, comme les écrans sans bords.

 

OnePlus, un cas à part

La société chinoise OnePlus n’entre pas dans le moule de ses concurrents. Avec son public plutôt technophile, plus confidentiel, et son système de distribution par invitation privée, OnePlus n’a pas encore les armes pour rivaliser avec Xiaomi, Huaweï ou Oppo.

 

… Mais pas forcément adaptées à tous

 

Les surcouches Android chinoises changent assez radicalement l’expérience utilisateur. Pour un public européen, elles sont même parfois rédhibitoires, à l’heure où de plus en plus de constructeurs essayent de rapprocher leurs appareils d’une expérience Android « pure ». En Chine, il n’est pas rare qu’une application de messagerie, WeChat par exemple, intègre en réalité tout ce dont vous pourriez avoir besoin : interface de paiement mobile, GPS, comparateur de billets d’avion, localisateur de taxis… Une approche bien différente de celle à laquelle nous sommes habitués. De plus, les mises à jour sont beaucoup plus fréquentes. Xiaomi n’a pas besoin d’attendre une version compatible avec les opérateurs pour les proposer, et l’utilisateur profite de corrections et/ou de nouvelles fonctions au moins une fois par mois. Difficile de transposer cela chez nous, sauf sur les téléphones « nus » (non rattaché à un opérateur).

 

Une implantation de plus en plus marquée…

 

La stratégie de développement des constructeurs chinois est simple sur le papier : s’implanter en dehors de ses frontières, notamment en Europe et sur les marchés émergents. La France est assez bien lotie avec Huaweï, Xiaomi, Oppo ou encore Meizu, dont les appareils sont facilement disponibles en boutiques et/ou sur des sites Web dédiés, en français. Si, avec le marché mondial qu’est Internet, on peut se procurer n’importe quel modèle de smartphone, savoir qu’une firme possède un ancrage local rassure les consommateurs, souvent réticents à passer par un relais non officiel. Et la stratégie est payante : Wayne Lam, analyste chez IHS Technology, précise qu’en 2015, Huaweï a vendu environ la moitié de ses mobiles en dehors de la Chine. Cela comprend les marchés d’Amérique Latine, du Moyen-Orient, mais aussi d’Europe de l’Ouest, d’Australie et des États-Unis. Rien qu’au troisième trimestre de cette année, Huaweï a augmenté ses exportations de mobiles vers l’Europe de 98 % par rapport à 2014, sur la même période. Xiaomi, de son côté, grâce à une gestion de ventes quasi exclusivement en ligne, maintient des prix bas et pénètre rapidement le marché international.

 

… Mais pas encore globale

 

Tous les constructeurs chinois ne sont pas encore facilement accessibles sur le marché français. Des sites de vente plus généralistes proposent de s’occuper de l’import des appareils, mais se pose alors le problème du Service Après-Vente (SAV), comme pour tout achat en ligne d’ailleurs. Un autre problème majeur reste la compatibilité avec les fréquences 4G locales. Récemment arrivés sur le marché, il n’est pas rare que des smartphones chinois ne gèrent pas tous les types de fréquences, un souci auquel l’utilisateur moyen ne va pas forcément faire attention.

 

Des produits « premium »…

 

Les appareils chinois sont de bonne qualité. L’affirmation peut paraître péremptoire, mais force est de constater qu’au fil des ans, les constructeurs de l’Empire du Milieu ont largement amélioré les finitions de leurs smartphones. Utilisation du métal, finesse, soins apportés aux détails… On est loin de l’impression « plastique bon marché » que l’on pouvait avoir à une certaine époque, au point que cela en devient un argument marketing : le smartphone le plus fin/léger du monde (jusqu’à l’arrivée du suivant) est bien souvent chinois, comme le Vivo X5 Max ou le Oppo F1.

 

Le tout dernier Huawei P9 affichant fièrement son partenariat avec Leica

 

… Mais parfois en deçà de la concurrence

 

La hausse de qualité des appareils chinois est indéniable, mais elle concerne surtout les hauts de gamme. Si les entrées et milieux de gamme chinois affichent des prix très attractifs (moins de 150 euros en moyenne), leurs fiches techniques le sont beaucoup moins. D’une manière générale, celui ou celle qui veut être à la pointe de la technologie ira voir ailleurs pour profiter des processeurs les plus puissants, par exemple.

 

2016 : une année de progression

 

S’il est prématuré d’affirmer que 2016 verra l’avènement de l’hégémonie chinoise, une chose est sûre : durant cette année, rien ne devrait freiner notablement l’ascension des constructeurs de l’Empire du Milieu sur le marché mondial du mobile. Pour savoir si Huaweï détrônera Apple ou Samsung, il faudra encore patienter, un peu.

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