Huawei : trop chinois pour la 5G allemande

Nous avions déjà évoqué les difficultés des sociétés ZTE et Huawei pour pénétrer certains marchés. C’est notamment le cas aux États-Unis puisque les compagnies chinoises, accusées d’espionnage depuis la promulgation d’une loi de 2017 qui stipule que toutes les entreprises du pays doivent collaborer avec le renseignement chinois, subissent toute sorte de brimades.

ZTE avait un peu tendu le bâton pour se faire battre puisque la société avait en plus enfreint l’embargo américain sur les partenariats avec l’Iran. Le Département du Commerce américain a alors interdit à ZTE d’importer le moindre produit provenant des États-Unis durant sept ans. La société américaine Qualcomm ne vend donc pas de puce Snapdragon à ZTE par exemple. Android est un logiciel libre donc il ne devrait pas être concerné, mais les Google Services (Maps, YouTube, Gmail, etc.) sont la propriété du géant : pas de Google Apps pour ZTE donc. Huawei dispose de ses propres puces Kirin et rien ne dit que Google a quelconque grief contre la société, mais les USA se méfient depuis que Huawei est devenu n°2 en volume de vente. On croyait ces histoires cantonnées à l’Amérique de Trump, mais non, l’Allemagne s’y met aussi.

En effet, en tant qu’industriel spécialisé dans les réseaux, Huawei a naturellement répondu à un appel d’offres concernant le futur réseau 5G allemand. Malgré toute la bonne volonté de Huawei qui a lancé en Allemagne un laboratoire «dédié à la sécurité des informations», les dents grincent et les responsables parlent d’exclure le chinois de la liste des développeurs comme cela a déjà été fait en Australie par exemple. Et en France ? Comment les autorités régleront-elles ce problème ? Collaboration avec les Chinois ou principe de précaution ?