Google tue ses enfants (et c’est une habitude)

Vous pensez que Google n’a que des bonnes idées ? Détrompez-vous ! Depuis de nombreuses années, la firme de Mountain View multiplie les projets, mais parfois la magie n’opère pas. Lorsque cela arrive, la maison mère Alphabet ne tergiverse pas et tue sans vergogne les décevants rejetons…

Dernièrement Google a signé l’arrêt de mort d’Android Auto. Lancée en 2014 pour les ordinateurs de bord de certaines voitures, l’appli avait été ensuite adaptée en version mobile. Elle permettait d’utiliser des fonctionnalités triées sur le volet pour les utiliser en voiture avec le minimum de risques pour le conducteur : messagerie, GPS, musique, etc. Cette application qui n’a jamais vraiment séduit le grand public va définitivement s’arrêter avec la généralisation du prochain Android 12, mais les fonctionnalités seront greffées au mode conduite de Google Assistant. Une sorte de renaissance donc. Mais dans le petit monde d’Alphabet, nombreux sont les projets « D-C-D ».

Google+ : une coquille vide

Commençons par le plus connu : Google+. Ce réseau social a longtemps été un boulet pour la firme américaine. Censée concurrencer Facebook, cette plate-forme n’a jamais conquis les cœurs. Google a alors forcé la main de sa communauté puisque les possesseurs d’une boîte Gmail ou d’un compte YouTube étaient officiellement comptés dans les utilisateurs de G+. Au final, on comptera des millions d’abonnés avec très peu d’engagement de leur part : 3 minutes par mois et par utilisateur contre 6 heures/mois pour Facebook. La coupe est pleine, Google décide de fermer le rideau. Le calice est bu jusqu’à la lie puisqu’à cause d’une faille de sécurité, la mort programmée de G+ est encore avancée de quelques semaines. Date du décès : 2 avril 2019.

Il était possible de supprimer ses informations de G+, mais vous étiez à jamais considéré comme un utilisateur…

Android Things : une incursion ratée dans l’IoT

Android Things n’aura pas fait long feu. Lancé en mai 2018, cet OS orienté IoT avait pour but de faire communiquer des objets n’ayant rien à voir les uns avec les autres dans le but de créer une sorte de système domotique généralisé. L’idée était aussi d’attirer les fans du Raspberry Pi qui commençait à séduire les geeks. Pas de bol, d’autres solutions existaient déjà et le Raspberry Pi est compatible avec tellement d’OS que Android Things fera « pshit », pour citer un amoureux de la tête de veau. Depuis janvier 2021, aucun projet non commercial n’est le bienvenu et tout sera arrêté en janvier 2022. Les mauvaises langues disent que Android Things est décédé avant même son lancement. Une prouesse.

La grande communauté de la Framboise n’a jamais adoubé Android Things

Google Music : des débuts intéressants

Vous vous souvenez de Google Music ? Le concept était à l’époque très novateur : les utilisateurs pouvaient uploader jusqu’à 50 000 chansons de leurs MP3 personnels sur la plate-forme (personne n’allait vérifier leur provenance) pour les écouter sur les appareils de leur choix. En payant un abonnement, vous aviez en plus un catalogue musical assez conséquent disponible en stream. Cela peut sembler normal en 2021, mais il y a 10 ans… Entre août et octobre 2020, le service a fermé ses portes. L’appli de base permettant de lire sa musique en local n’existe même plus et Google oriente les utilisateurs vers YouTube Music qui fait à peu près la même chose sauf qu’il faut maintenant payer pour uploader des titres en FLAC, M4A, MP3, OGG ou WMA. On peut difficilement considérer qu’il s’agit d’une renaissance et non d’une mort puisque toutes les fonctionnalités gratuites ont disparu. Bizarrement et alors qu’il s’agissait de la même structure, il a quand même fallu transférer tout son catalogue d’un service à l’autre.

Cette capture a 10 ans. À l’époque on pouvait mettre 50 000 titres dans le cloud sans que Google ne vérifie leur provenance. Tout ça gratuitement. YOLO.

Le studio de développement Stadia : 2 ans et 0 jeu

Lancé fin 2019, Stadia est une plate-forme de jeu dans le cloud. Pas besoin d’un PC à 1500 € qui déboite puisque votre vieux coucou, ou même un mobile peut faire l’affaire. Les jeux tournent sur de puissants serveurs à distance. Un très bon service qui fonctionne sur abonnement ou sous forme de boutique d’achat de jeux. Des licences connues bien sûr, mais Google lance quand même un studio pour créer des titres exclusifs. Pour bien faire, on choisit le cocréateur de la série des Assassin’s Creed pour le diriger. Seulement voilà, après un an et demi, rien de va plus. Le service fonctionne bien malgré certaines critiques (il faut une connexion rapide pour en profiter), mais le studio a fermé. Nombre de jeux sortis : 0. La cause ? Selon des témoignages anonymes, Google s’est voulu plus gros que le bœuf avec des équipes trop réduites, pas assez de moyens, une communication désastreuse, un environnement de travail dysfonctionnel et des délais de développement sous-estimé. On ne s’improvise pas Bestheda ou Electronic Arts comme ça.

Des tonnes de projets abandonnés…

Vous pensez qu’on a fait le tour ? Pas du tout. L’application de mesure en réalité augmentée Google Measure est passée à la trappe en juin 2021, car trop approximative, notamment sur les petits objets. Idem pour l’application Google Shopping qui garde néanmoins sa place dans les onglets du moteur de recherche malgré son succès mitigé. Google VR Dreams, vous vous souvenez ? Ce truc en carton qui permettait de placer un smartphone à l’intérieur pour simuler de la réalité virtuelle ? Impossible d’en acheter en 2021 et on ne trouve plus de nouvelles applications. Pourtant, un casque de réalité virtuelle à 20 € en 2015, c’était fort. Idem pour la solution de sécurité à domicile Nest Secure. Lancé en 2017 et tué en 2020. Pareil pour le projet de géolocalisation en cas d’urgence Trusted Contacts qui est aussi mort en 2020 après 4 ans de bons et loyaux service et plus d’un million de téléchargements. Il faut dire que l’appli était devenue obsolète lorsqu’il est devenu possible de partager sa position à des tiers de confiance sur Google Maps.

Trois bouts de carton, un élastique, deux velcros et on s’amusait bien à l’époque…

Vous en voulez d’autres ? Le site Ars Technica a carrément fait une section Google Kills sur son site !