Vrai ou faux ? Google se pose en ministère des vérités !

Dans une volonté honorable de lutter contre la désinformation, Google s’apprête à faire évoluer son algorithme pour qu’il détecte et affiche les résultats de recherche jugés non fiables. Mais jugés par qui ? Voilà la question.

Alors que Google vient malencontreusement de transformer un pauvre ingénieur polonais en un serial killer abominable, la firme de Moutain View vient d’annoncer des changements à venir dans son moteur de recherche. En effet, l’entreprise américaine va apporter sa pierre à l’édifice dans la lutte contre la désinformation, la manipulation et les fake news.

Pour ce faire, le géant du Web veut modifier son algorithme pour qu’il soit en mesure de détecter les résultats de recherche qu’il jugera non fiables. En ligne de mire du moteur, les sujets les plus chauds et les plus récents qui sont repris en masse, alors que les médias n’ont pas encore forcément le recul suffisant pour juger la fiabilité d’une source ou non. « Il arrive que les informations fiables que vous recherchez ne soient pas encore en ligne. Cela peut-être particulièrement vrai pour les nouvelles de dernières minutes ou les sujets émergents, lorsque les informations publiées ne sont pas forcément les plus fiables », explique Google.

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Google, bientôt seul juge de la fiabilité des contenus sur Internet ?

Si l’on peut penser que Google essaie de devenir le nouveau ministère de la Vérité (1984, George Orwell), la firme de Moutain View ne l’entend pas de cette oreille évidemment. Pour elle, l’objectif principal est de « sensibiliser les utilisateurs sur le fait que ce qu’ils pourront lire à ce sujet risque d’être modifié par la suite et que les premières sources qui s’en sont emparées ne sont peut-être pas les plus fiables ». 

Pour l’instant, Google a d’ores et déjà lancé les premières phases de test de cette fonctionnalité. Pour l’heure, elle est d’ailleurs limitée aux recherches effectuées aux États-Unis et aux contenus en anglais, avant d’être éventuellement déployée si les résultats sont concluants. Reste que savoir qu’une société privée va être seule juge lorsqu’il s’agit de déterminer la fiabilité ou non d’un article fait froid dans le dos.

Il serait donc intéressant de savoir comment va fonctionner avec exactitude ce nouvel algorithme. Se basera-t-il sur une logique purement mathématique en jugeant un article « fiable » selon le nombre de sources disponibles ? Ou va-t-il procéder à un véritable travail journalistique en croisant les sources, seule méthode « fiable » justement pour juger ou non de la qualité d’une information ? La question reste entière, et c’est un problème.

Source : Siècle Digital