Pour le retrait de son bloqueur de pub du Play Store, Disconnect Inc. attaque en justice Google

Disconnect Inc., à l’origine de l’appli anti-tracking publicitaire du même nom, vient d’intenter une action contre Google pour abus de position dominante en Europe. Le motif ? Le retrait successif de l’appli du Play Store.

Google et les procès pour abus de position dominante, c’est une longue histoire, un livre dont de nouvelles pages s’écrivent régulièrement depuis le vieux continent. Après l’Union européenne, ce sont cette fois les développeurs de chez Disconnect Inc qui s’en prennent au géant américain. La start-up américaine a décidé de mener une action légale en choisissant bien évidemment la cour européenne qui semble observer une certaine hostilité à l’égard de la firme de Mountain View. La raison d’une telle action ? Le retrait de l’application éditée par Disconnect Inc. du Play Store sans motif valable, selon les membres de la start-up.

Disconnect est une application ironiquement créée par un ancien de chez Google, conçue à l’origine pour de bloquer les pubs sur Facebook. Depuis 2010, elle rassemble une dizaine de millions d’utilisateurs et ne cesse d’étendre son champ d’action. Cette dernière s’est aussi fait des ennemis, comme Google, qui a déjà supprimé l’application deux fois au cours de l’année 2014.

Disconnect Malvertising permet de bloquer les publicités ainsi que les fonctions de tracking des applications tierces. Du tout bon pour l’utilisateur qui souhaite préserver ses infos personnelles. Du moins bon pour les applications tierces en question, le freemium étant un modèle qui a la côte, et en particulier sous Android, bloquer les pubs revient à priver les développeurs de leur source de revenus principale.

C’est ainsi que Google s’appuie sur le règlement du programme Google Play pour les développeurs et sa clause 4.4 :  « les annonces associées à votre application ne doivent pas interférer avec d’autres applications ni avec les annonces associées à celles-ci ». Le géant américain a déclaré au site : TechCrunch :

« Notre règlement du Google Play (en particulier la clause 4.4) interdit les applications interférant avec d’autres applications. Nous appliquons ce règlement uniformément et les développeurs le soutiennent. Toutes les applications doivent appliquer ce règlement et il y a plus de 200 applications pour la vie privée sur le Google Play qui l’appliquent » – Google

Sur le blog de Disconnect Inc., l’équipe à l’origine de l’appli accuse la section 4.4 du règlement d’être si vague qu’elle permet à Google de bannir n’importe qu’elle application sans réel motif. La société se défend de ne pas être un bloqueur de publicité, mais un bloqueur de sources invisibles de tracker et de malwares qui prennent souvent la forme de publicités. La nuance est mince et les développeurs soupçonnent Google de ne pas vouloir laisser pulluler ce genre d’application. La publicité est la première source de revenus de la firme. Une suspension incompréhensible pour Casey Oppenheim, CEO de la start-up, qui confirme avoir respecté le cahier des charges de Google, pour le développement de Disconnect Malvertising.

« Cette expérience […] surligne un dangereux problème : Google a bien trop de pouvoir sur la distribution d’applications sur Android et peut tuer des applications sans justificatif » Casey Oppenheim.

Aucune information concernant un procès sur le territoire américain. Dans son intervention, le CEO fait référence à l’avertissement envoyé par le Sénat US à Google incitant ce dernier à nettoyer son écosystème de pub de ses malwares.

Pour le moment, la version Android de Disconnect Malvertising est disponible uniquement en téléchargeant l’APK depuis le site du développeur ce qui confère une visibilité bien moindre que sur le Play Store.

Source : techcrunch