Facebook laisse passer une incroyable campagne anti-vaccin

Alors que le réseau social s’est engagé récemment à lutter contre les fakes news et la désinformation, cette campagne anti-vaccin publiée sur le réseau social fait plutôt tâche.

Nous vous en parlions récemment dans nos colonnes. Les fakes news médicales ont particulièrement sévi sur Facebook en 2019. Le réseau social s’est alors engagé à lutter contre la désinformation de toutes sortes, et pas uniquement portée sur le domaine de la santé. Un message devait notamment apparaître sur les publications dont les sources étaient jugées douteuses par les modérateurs de l’entreprise.

Problème, des campagnes de publicité anti-vaccin continuent de pulluler sur le réseau social. La dernière en date a été mise en ligne le 9 décembre 2019 par l’organisme de médecine alternative Earthley. À travers un PDF de 9 pages, l’association met en garde contre « les méfaits » du vaccin anti-coqueluche. Selon eux, ce vaccin représenterait des « risques neurologiques ».  Ainsi, le rapport publié par Earthley raconte que le « taux élevé en aluminium » contenu dans le vaccin serait susceptible de causer des dommages neurologiques, et provoquer l’autisme chez les plus jeunes.

Des herbes et du gingembre pour lutter contre la coqueluche

Pour rappel, la coqueluche est une maladie mortelle qui tue chaque année 160 000 personnes par an. Et pour la vaincre, les illuminés de chez Earthley propose à leurs lecteurs d’opter pour leurs solutions maison : des herbes, un élixir de sureau et de la vitamine C. « Je ne suis au courant d’aucune preuve indiquant que les autres traitements abordés par cet article – les herbes, racines de pissenlit, la glycérine végétale ou le gingembre – aient quelconque effet sur la coqueluche », assure le professeur Peter Hotez, pédiatre et doyen de la National School of Tropical Medecine.

Comment de telles inepties, dangereuses qui plus est, se sont retrouvées sur Facebook ? Les règles du réseau social sur le sujet sont pourtant strictes. « Lorsque nous trouvons des publicités qui incluent de la désinformation au sujet des vaccins, nous les rejetons », expliquait Monika Bicket, responsable de la stratégie dans un post sur le blog Facebook. L’entreprise californienne botte légèrement en touche, et justifie la présence de cette publication par le fait qu’elle n’a pas été « officiellement reconnue comme un canular par l’Organisation mondiale de la Santé ». 

Facebook jouerait-il la carte de la mauvaise foi ? Les précédentes publications de Earthley laissent peu de place au doute et enchaînent les propos anti-vaccin. Alors que font les modérateurs Facebook ? La question reste entière.

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