Facebook, Instagram et WhatsApp bientôt fermés en Europe par Zuckerberg ?

C’est la foire à l’empoigne entre Meta et l’Europe. La société a même menacé de ne bientôt plus proposer ses services sur le vieux continent. Chiche ?

Meta est un monstre ! Voilà, c’est dit. La société de Mark Zuckerberg possède certains des sites et applications les plus visités au monde. On ne va pas ici vous faire l’affront de vous présenter Facebook, Messenger, Instagram et WhatsApp. Ces services comptent des milliards d’utilisateurs et ont été les pionniers de la révolution numérique qui a changé le monde à jamais. Néanmoins, leur modèle économique n’a jamais vraiment fait l’unanimité puisqu’ils se sont dès le départ placés sur la revente des données personnelles des abonnés. Un procédé qui permet par exemple à leurs annonceurs de cibler en priorité les profils plus à même d’acheter leurs produits. Sauf que tout ça n’est pas du goût de certaines instances mondiales, à commencer par l’Union Européenne. Meta n’en a pas moins aucune envie de se laisser faire.

« Données fraiches ! Qui veut mes données fraîches ? »

En 2020, la Cour de justice européenne avait en effet annulé le Privacy Shield qui encadre le transfert de données entre les pays de l’Union Européenne et les États-Unis. La raison évoquée fut qu’elle allait à l’encontre du RGPD (Règlement Général de la Protection des Données). Selon ce dernier, un transfert ne doit être possible que si le pays qui reçoit les données personnelles offre un même niveau de protection que celui qui les envoie. Ce qui ne semble pas être le cas de la patrie de Mickey par rapport à l’Europe. Face à la situation, Mark Zuckerberg s’est fendu d’une menace qui n’a pas manqué de faire naître l’émoi chez une partie de la population. L’Américain a tout simplement annoncé que certains de ses services pourraient être bientôt indisponibles en Europe. Interrogée par nos confrères de City A.M, la société a même joué sur la corde sensible de la précarité de l’économie et de l’insécurité des emplois du moment :

Un manque de transferts internationaux de données sûrs, sécurisés et légaux nuirait à l’économie et entraverait la croissance des entreprises axées sur les données dans l’UE, au moment même où nous cherchons à nous remettre de Covid-19. L‘impact serait ressenti par les entreprises, grandes et petites, dans de multiples secteurs.

Doit-on donc vraiment se préparer à vivre dans quelques mois sans Facebook, WhatsApp et Instagram ? Rien n’est moins sûr.

Qui a le plus à perdre ?

En effet, si la formule de Zuckerberg a de quoi faire des vagues, il ne doit pas oublier qu’il navigue sur un lac de plus en plus calme. Il semble même être victime ces derniers temps d’une période de sécheresse. En 2021, pour la première fois de son histoire, Facebook a perdu des abonnés (4 millions pour être précis) au lieu d’en gagner. Son action s’est donc effondrée et la compagnie a perdu 174 milliards d’euros de valorisation en une journée. Ce n’est donc peut-être pas le meilleur moment pour se couper d’un continent au plus de 427 millions de fidèles tous les mois qui représente en plus près d’un quart de son chiffre d’affaire.

Meta sait également mieux que quiconque combien les utilisateurs d’applications sont volatiles et enclin à aller voir ailleurs s’ils doivent y trouver la tendance du moment. Un postulat encore plus vrai chez le public le plus jeune. Facebook et Instagram subissent ainsi la rude concurrence de Snapchat et Tik Tok. Ce dernier se porte même très bien et a enregistré des adhésions record sur le dernier quart de l’année 2021. Ce sont en effet pas moins de 650 000 personnes qui se sont inscrites chaque jour sur le réseau social chinois. Quant à WhatsApp et Messenger, les alternatives de services de messageries pullulent d’Olved à Skred, et mettent souvent en plus en avant un meilleur système de cryptage des messages par rapport aux deux autres vétérans. Là encore, peut-être pas le meilleur moment pour donner l’opportunité aux gens de changer leurs habitudes pour migrer vers l’herbe du voisin pour le coup vraiment plus verte.

À la faveur de la situation, il y a donc un peu moins de 0% de chance que Mark Zuckerberg mette ses menaces à exécution. Ça ne fait pas beaucoup.

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