Un ancien de Facebook balance : le réseau social est "aussi addictif que le tabac"

L’ex directeur de la monétisation de Facebook, Tim Kendall, vient de révéler les différentes stratégies mises en place par Facebook pour créer de la dépendance chez ses utilisateurs.

Facebook, le père des réseaux sociaux, est peut-être aussi addictif que le tabac ou l’alcool. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2019, 60% des Français ont indiqué utiliser des réseaux sociaux quotidiennement. Il suffit d’aller faire un tour dans la rubrique Équilibre Digital, disponible sur de nombreux smartphones récents, pour voir le problème en face.

Dans mon cas, il est plutôt effrayant de voir que j’ai passé 4h43 sur Facebook la semaine passée, moi qui me considère pourtant comme un anti-réseau social. Comment expliquer cette addiction ? Tim Kendall, ancien directeur de la monétisation chez Facebook, vient de révéler quelques-unes des méthodes utilisées par le réseau social pour rendre accro ses utilisateurs. 

Celui qui faisait partie des collaborateurs proches de Mark Zuckerberg s’est exprimé devant le Comité de l’énergie et du commerce américain. Il  a confessé avoir honte des actions qu’il a menées pour l’entreprise californienne. Très rapidement, il s’est vite aperçu que le modèle commercial qu’il était en train de construire consistait « à capter toute l’attention humainement possible », au détriment des éventuels problèmes d’addiction.

Pour lui, Facebook est comparable à l’industrie du tabac. « Nous n’avons pas simplement crée quelque chose d’utile et d’amusant. Nous avons adopté une partie de la stratégie de Big Tobacco avec pour ambition de rendre notre offre aussi addictive, dès le départ », expliquait-il à l’audience.

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Crédits : TechCrunch Tim Kendall, ancien directeur de la monétisation chez Facebook

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Si l’industrie du tabac s’est diversifiée pour maintenir cette addiction au plus haut (ajout de sucre, de parfums mentholés, etc.), Facebook a procédé de la même façon. Le réseau social s’est régulièrement doté de nouvelles fonctionnalités pour améliorer sa formule initiale et maintenir l’intérêt des consommateurs : « Les mises à jour de statut, les tags sur les photos et les « J’aime » qui ont fait de la réputation quelque chose de primordiale et ont jeté les bases d’une crise de santé mentale chez les jeunes », résume amèrement l’ancien cadre.

Pour Tim Kendall, la désinformation, les théories complotistes, les fakes news, tout ce qui gêne Facebook actuellement, sont comparables « aux bronchodilatateurs du tabac, qui aident la fumée à couvrir une plus grande surface des poumons ». Quant aux insultes, aux messages de haine, aux appels à la violence, ce sont d’autres mécanismes supplémentaires qui permettent à Facebook d’entretenir cette addiction. 

« Les réseaux sociaux s’attaquent aux parties les plus primaires de votre cerveau. L’algorithme maximise votre attention en vous frappant à plusieurs reprises avec du contenu qui déclenche vos émotions les plus fortes », détaille-t-il. Rage, haine, dégout, injustice, racisme, sexisme, antisémitisme, homophobie, tout ce qui pousse à réagir constitue le terreau de Facebook. « Ces algorithmes ont fait ressortir le pire en nous », conclut Tim Kendall. Peut-être est-il temps d’arrêter ces réseaux sociaux non ?

Source : Clubic