FaceApp : les États-Unis enquêtent sur l’application

Avec ses conditions générales douteuses, et ses origines russes, FaceApp ne plaît pas trop aux démocrates américaines, au point de demander une enquête officielle.

Nous vous en parlions hier dans nos colonnes : FaceApp, l’application photo ultra-populaire avec son filtre vieillissement, inquiète sur un point : des conditions d’utilisation douteuses, grâces auxquelles FaceApp s’octroient un droit illimité de modification et de réutilisation de vos photos. Mais ce qui gène réellement les autorités américaines, c’est que la société créatrice de FaceApp, Wireless Lab OOO, est basée à Saint-Pétersbourg, en Russie.

Un petit relent de guerre froide

Alors vous vous en doutez bien, les États-Unis ne sont pas très ouverts à l’idée de voir une application russe ultra-populaire dans leurs pays amasser des centaines et des centaines de photos de citoyens américains. Des clichés qui pourront donc être réutiliser à loisir par FaceApp, mais aussi peut-être par le gouvernement Poutine.

À l’approche des élections présidentielles, le Comité National Démocrate a alerté ses députés des dangers potentiels de FaceApp afin de « sauvegarder les campagnes présidentielles de 2020″. Selon la chaîne CNN, le sénateur Chuck Schumer a demandé officiellement l’ouverture d’une enquête fédérale, auprès du FBI et du FTC.

Pour Bob Lord, responsable de la sécurité au Comité National Démocrate, cette enquête est plus que nécessaire : « Cette application permet aux utilisateurs d’effectuer des transformations, comme le vieillissement, ce qui n’est malheureusement pas sans risque, puisque FaceApp a été développé par les Russes […] Il serait profondément inquiétant que les renseignements personnels des citoyens américains soient communiqués à une puissance étrangère hostile activement engagée contre les Etats-Unis », conclut-il.

Les craintes du parti Démocrate sont compréhensives. Comme nous vous le rapportions hier, nos confrères de TechCrunch ont confirmé que nos photos étaient parfois conservées sur les serveurs de FaceApp pendant 48h, tandis que d’autres étaient supprimées rapidement. Que deviennent les clichés stockés ? Mystère. Et c’est bien cette nébuleuse autour du devenir des photos qui inquiètent utilisateurs et politiques, à juste titre.