Dropshipping : l’arnaque préférée des influenceurs

Le dropshipping est une pratique légale en France qui flirte pourtant très souvent avec l’arnaque et l’illégalité. Particulièrement apprécié par les influenceurs, cette technique commerciale fait pourtant de nombreuses victimes de son sillage, à commencer par le jeune public de ces stars des réseaux sociaux.

Il peut être parfois difficile de prospérer dans le milieu du e-commerce. Sauf que depuis quelques années, une méthode miracle et légale, qui permet de gagner des dizaines de milliers d’euros, a fait son apparition : le dropshipping. De quoi s’agit-il ? Le principe est simple : un vendeur propose des articles en ligne, sans les avoir en stock et sans les produire directement. 

Selon le site Définitions Marketing.com, voilà comment on peut résumer cette pratique : « le dropshipping est une forme de e-commerce par laquelle le site vendeur ne possède pas de stocks et fait livrer le client final directement par son fournisseur sans, le plus souvent, que le client ne le sache. Le principe du dropshipping peut être utilisé pour une partie de l’assortiment du site marchand ou pour la totalité de l’offre ». 

Le dropshipping, une pratique légale qui peut rapidement tourner à l’arnaque

Le dropshipping est rapidement devenu la chasse gardée des influenceurs. En effet, les marques se sont rapidement tournées vers ces stars d’Instagram et TikTok pour leur proposer de mettre en avant leurs produits, contre une rémunération plus que généreuse bien entendu (entre 40 000 et 100 000 euros par mois chez certains influenceurs). Une fois le contrat signé, ils n’ont plus qu’à présenter ces produits à leurs millions d’abonnés sur les réseaux, qui sont d’ailleurs souvent de jeunes adolescents.

Dans la grande majorité des cas, les produits proposés sont « des répliques de produit de luxe »  venant d’Asie, comme l’expliquait l’ex-candidate de télé-réalité Feliccia Gül Taskiran dans son live Instagram. Une manière élégante pour évoquer des contrefaçons, ni plus ni moins. À ces soi-disant produits de marques Dior, Balenciaga ou autre en promotion, il faut rajouter des produits potentiellement dangereux pour la santé du consommateur comme ces bougies pour oreilles (graves risques de brûlures d’après l’Assurance Maladie) ou encore ce dentifrice interdit en France mise en avant par l’influenceuse Sarah Fraisou.

À ce moment-précis, le dropshipping passe d’une pratique légale à une arnaque. Comme le précise l’avocat spécialisé Maître Elias Bourran, le dropshipper entre dans une pratique commerciale trompeuse à partir du moment où le vendeur ne dispense pas une information claire sur le produit (absence de la composition d’un produit de beauté par exemple), lorsqu’il ment sur la nature intrinsèque d’un produit, sur sa qualité, ou encore s’il pratique une politique des prix barrés, c’est-à-dire des produits constamment bradés toute l’année (une pratique interdite en France).

Le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire a récemment pris la parole concernant le dropshipping : « Dans de nombreux cas, les produits sont présentés comme de bonne qualité et vendus au prix fort alors qu’il s’agit en réalité de produits bas de gamme achetés à faible coût », explique Bruno Le Maire. En cas de doute sur les produits de certains sites ou de certains influenceurs, n’hésitez pas à les signaler sur le site Signal.conso.gouv.fr. Durant vos sessions shopping, utilisez également le site Captain Drop, qui vous permet de confirmer ou non la fiabilité d’un produit. Enfin, on vous recommande de jeter un œil au compte Instagram Vos Stars en réalité, qui met en avant les arnaques et dérives des influenceurs avec une pointe d’humour (et pas seulement dans le domaine du dropshiping).


Laisser un commentaire