Drogues, prostitution : le côté obscur de Snapchat

Accusé par Gérald Darmanin d’être le réseau social de la drogue, Snapchat est aujourd’hui utilisé par de nombreux trafiquants et proxénètes. Instagram, Telegram, WhatsApp et Twitter sont également très prisés par ces réseaux criminels.

Souvenez-vous, ce 19 mai 2021, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin défrayait la chronique dans la matinale de France Inter. Le locataire de la Place Beauvau accusait Snapchat d’être « le réseau social de la drogue » et appelait ses dirigeants à prendre ses responsabilités. Pour une fois, difficile de donner tort au ministre, qui effectivement, a mis en lumière une pratique devenue extrêmement populaire ces dernières années.

En effet, Snapchat, mais aussi Instagram, Twitter, Telegram ou encore WhatsApp sont régulièrement utilisés par les trafiquants de drogues et les proxénètes pour proposer leurs « services et produits » au plus grand nombre, et ce dans la plus grande discrétion. Déjà en 2019, nous évoquions justement dans nos colonnes cette prostitution 2.0 qui gangrène les réseaux sociaux, avec un « proxénétisme de cité » : de jeunes femmes sont repérées sur Snapchat ou Instagram avant d’être recrutées de force par des maquereaux, puis contraintes de se prostituer dans des appartements loués sur AirBnb.

Sur Snapchat, Telegram et WhatsApp, les trafiquants de drogues usent et abusent de la messagerie chiffrée et éphémère que proposent ces applis pour mettre en avant leurs produits. « Snapchat est loin d’être le seul réseau, il y a Télégram, Signal, WhatsApp et aussi Instagram, qui va, lui, plutôt servir de vitrine où les trafiquants peuvent poster des photos et des vidéos de leurs produits », explique Clément Gérome, sociologue à l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies dans les colonnes de France Inter.

Il faut dire que consommateurs comme vendeurs ont tout intérêt à passer via ces plateformes en ligne : les messages sont chiffrés, les conversations disparaissent au bout de quelques secondes, et la transaction peut être effectuée juste en bas de son domicile, loin des points de revente traditionnels dans les quartiers populaires. On se fait livrer directement à domicile, diminuant ainsi fortement les risques d’être attrapé, que ce soit pour les consommateurs comme les dealers.

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twitter drogue
Crédits : Capture Android MT

Snapchat, Twitter, Instagram : une vitrine idéale pour les trafiquants

De plus, ces applications restent des réseaux sociaux, et ça, les dealers l’ont bien compris et les utilisent pour entretenir leur relation clientèle, à grands coups d’offres promotionnelles comme cela se passe « dans l’économie légale », précise Clément Gérome. Durant nos recherches, nous avons même trouvé des annonces pour du cannabis et d’autres drogues sur Twitter.

Les trafiquants mentionnent toutes les informations de contact nécessaires, comme leur profil Snapchat ou leur numéro sur WhatsApp. Et pour s’assurer de toucher un maximum de personnes, ils font en sorte de mettre des dizaines de tags populaires dans leur publication (comme #PSG, #Detente, #Drogue, #Confinement ou #Couvrefeu). Ainsi, les bots de Twitter peuvent potentiellement afficher ces publications dans les fils d’actualité de nombreux utilisateurs, et pas forcément des consommateurs.

Sans surprise, les confinements successifs n’ont fait qu’accentuer ce phénomène. En raison des restrictions de déplacement, les consommateurs se sont rués sur ces alternatives. « Se déplacer et se rendre en points de vente physique était un risque qu’il fallait endosser et, de manière assez logique, le phénomène de livraisons a augmenté », assure-t-il.

Notez que Snapchat, via la voix de son PDG Evan Spiegel, a déjà répondu aux accusations de Gérald Darmanin : « Nous investissons beaucoup, et depuis très longtemps sur la surveillance de tous les échanges sur la plateforme concernant le trafic de drogues. Nous collaborons déjà avec les autorités locales pour repérer et arrêter les dealers ». 

Il va falloir redoubler d’effort mon petit père car on trouve maintenant des armes à feu en promo sur ton appli…

Source : France Inter


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