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Des mouchards dans les stations de métro et les gares

surveillance métro
Ils sont partout ! Les panneaux lumineux diffusant des spots publicitaires seraient des outils pour tracer les possesseurs de smartphone passant à proximité des fameux écrans.

Cela défraye la chronique depuis quelques jours, certains écrans publicitaires que l’on trouve dans les stations de métro et gares françaises seraient équipés d’une carte Wifi permettant d’identifier l’adresse MAC d’un smartphone, dont la connectivité WIFI est activée, se trouvant à moins de 10 mètres de l’écran.

A première vue rien d’illégal là-dedans, les données collectées sont uniquement utilisées afin de mesurer l’audience. La Commission nationale informatique et liberté (Cnil) a audité et validé le principe en 2017.  « Le procédé (…) garantit une anonymisation totale des informations de flux de trafic, comptage et parcours. Les adresses récoltées sont supprimées dans un délai de quelques minutes » assure Isabelle Bordry, fondatrice de Retency.

Dans les faits il s’agit de mesurer le nombre de personnes ayant eu accès au panneau, soit le taux d’exposition et évaluer l’impact de cette exposition publicitaire sur leur comportement soit le taux de conversion. Ces valeurs permettent à Métrobus, qui vend ces panneaux, de proposer des tarifs adaptés à la « rentabilité » de cet espace publicitaire. En résumé plus les taux d’exposition et conversion sont élevés plus la place sera chère !

Si vous ne souhaitez pas faire partie de cette étude de marché vous pouvez vous rendre sur le site de Retency pour vous opposer à la collecte et l’exploitation de vos données. Autre option, désactivez la connectivité WIFI générale de votre appareil en allant dans les paramètres de votre téléphone.

Dernier recours, ce programme crée par des activistes anti-pub, proposé en open-source sur la plate-forme Framagit, qui serait capable d’interférer avec le comptage de Regency en envoyant des adresses MAC aléatoires. Selon Thomas Bourgenot, militant de l’association «Résistance à l’agression publicitaire», ce programme de résistance aux publicitaires serait une première d’un point de vue numérique.