Deliveroo, Uber Eats, Glovo : la folle course à l’Uberisation

Deliveroo, Uber Eats et Glovo : ils ont tous des points communs. Ils brassent des millions, ne salarient personne et vous promettent de vous livrer de la nourriture en un temps record (sauf le dernier qui peut vous livrer absolument n’importe quoi). Vous trouvez ça pratique et vous pensez même peut-être participer à une nouvelle économie ? Détrompez-vous : c’est de l’exploitation pure et simple.

Les trente glorieuses sont terminées depuis longtemps et le temps des réglementations et du salariat c’est dépassé à l’heure de la «start-up nation» et du «travailler plus pour gagner plus». Nos pères et grands-pères se sont battus pour les congés payés, les arrêts maladie et pour un droit du travail, mais tout cela est en forte régression. L’autoentreprise est devenue une norme et on n’est plus choqué de voir des jeunes (et des moins jeunes) pédaler comme des esclaves sur des vélos à toute vitesse et en prenant des risques pour leur vie pour ne pas être en retard. Pas en retard pour être bien noté, pas en retard pour que le repas chinois arrive encore chaud et pas en retard pour enchaîner la prochaine course.

Quand les prolos exploitent les sans-papiers, les millionnaires rigolent

Pour livrer des gens à peine plus riches qu’eux et qui désirent gagner du temps ou ne souhaitent pas ressortir après avoir passé 2 heures dans les transports, ces prolétaires 2.0 de la pédale vont maintenant sous-louer les identifiants de leurs comptes à des sans-papiers qui effectuent les livraisons à leur place. En contrepartie, ils prélèvent jusqu’à 50 % de leurs gains. Les exploités deviennent des exploiteurs. Dans les pays de l’ex-bloc soviétique, le socialisme a complètement disparu, car souvent synonyme d’échec. Du coup, le capitalisme sauvage fait de gros dégâts. Il faut faire du cash quitte à risquer sa vie. Le groupe russe milliardaire Yandex (moteur de recherche, banque en ligne, VTC, etc.) a aussi son service de livraison à domicile : Yandex.Eda. Et il y a quelques jours, un de leurs «employés» est mort d’épuisement après avoir pédalé 10 heures d’affilée. 21 ans, un âge normal pour mourir. Le lendemain il ne s’est pas présenté au travail. Il avait la bonne excuse d’être décédé pourtant, mais il a quand même eu une amende.

Ne soyez pas complice, n’utilisez pas ces applications. Quant à nous, nous n’en parlerons plus ici à l’avenir.

yandex
«Sacré Serguei ! Toujours vivant !»