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Décryptage : Xiaomi, sur les pas d’Apple

Le constructeur chinois Xiaomi est en pleine ascension. Présent uniquement en Chine et à Taïwan (pour l’instant), il parvient à devancer Apple dans les ventes de smartphones sur ce même territoire. Mais qui est-il vraiment ?

Devenir un leader dans l’industrie des technologies de la communication, devant Apple et Samsung. Tel est l’objectif affiché de Xiaomi, une entreprise qui n’a que 3 ans d’existence. Fondée en 2010 par des anciens de Microsoft, Google ou encore Kingsoft, elle lance son premier smartphone un an plus tard. Ce qui ne l’empêche pas d’être évaluée par les analystes financiers, en août dernier, à 10 milliards de dollars, soit deux fois plus que BlackBerry. C’est d’ailleurs à ce moment-là que Xiaomi, selon le cabinet d’étude Canalys, obtient plus de parts de marché sur les ventes de smartphones en Chine qu’Apple : 5 % contre 4,9 %. Un pourcentage d’ailleurs en progression continue.

Composants haut de gamme, prix bas et ventes «flash»

Pour percer aussi vite, Xiaomi a choisi de proposer des appareils techniquement à la pointe, mais à des prix défiant toute concurrence. Dernier en date : le Mi3, doté d’un SnapDragon 800 quatre cœurs à 2,3 GHz, 2 Go de RAM et d’un écran 5 pouces Full HD, pour 250 euros en Chine (ou 310 en version 32 Go). La firme fait très peu de profits sur ses ventes de smartphones. Elle n’est d’ailleurs rentable que depuis le dernier trimestre. Pour se renflouer, elle compte sur son magasin d’applis et les services vendus sur sa plateforme Android, la ROM MiUI, qui équipe par défaut ses appareils.

Xiaomi se place juste derrière Huawei, Lenovo et Samsung sur le marché chinois :

Enfin, Xiaomi organise savamment la sortie de ses nouveaux modèles, à grand renfort de conférences-spectacles et de contrôles des stocks. Ce qui lui permet d’annoncer régulièrement de gros chiffres de vente en un temps record : 100 000 exemplaires du Xiaomi Red Rice en 90 secondes par exemple.

Le client au cœur du procédé

Lei Jun, fondateur et CEO (Chief Executive Officer) de Xiaomi, est souvent comparé à Steve Jobs, dans sa stratégie de communication et même son style vestimentaire. À tort selon lui : «[Apple] ne se soucie pas vraiment de ce que veulent les utilisateurs. Ils l’imaginent. La priorité de Xiaomi n’est pas le revenu, le profit, ou la part de marché. On se concentre sur les produits qui feront hurler de joie les consommateurs».

Xiaomi bat des records de ventes pour son Mi3 :

Très actif sur les réseaux sociaux, notamment Sina Weibo en Chine avec plus de 3 millions de fans, Xiaomi n’hésite pas à impliquer ses clients dans la conception des ses futurs produits, en leur demandant ce qu’ils souhaiteraient y voir. En août 2012, la firme avait même demandé sur sa page Facebook quel pays était le plus intéressé par une sortie mondiale de son smartphone Mi2. La France était en tête avec près de 5 500 voix.

Quel avenir pour Xiaomi ?

La récente embauche d’Hugo Barra, ancien de l’équipe Android, désormais Vice Président de Xiaomi International, laisse présager d’une volonté de s’implanter en dehors du marché asiatique. Une arrivée en Europe ou aux États-Unis n’est pourtant pas jugée réaliste à court terme par certains spécialistes. Free mobile avait bien entamé des négociations en 2012, mais elles n’ont pas abouti.
De son côté, la firme chinoise étend son catalogue en proposant une application de messagerie, MiTalk, une box pour la télévision, type Apple TV, une télévision sous Android justement, la MiTV, et même une smartwatch.
Côté smartphones, les modèles du constructeur sont disponibles chez des revendeurs en ligne (Priceminister, SoTactile, Sciphone…), dans des versions compatibles avec les réseaux français.


Auteur
Thomas Povéda
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