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Comment Facebook (et les autres) vous manipulent

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La liste des têtes pensantes de la Silicon Valley qui se retournent contre leur création ou ancien employeur s’allonge. Dans une interview exclusive au Figaro, Roger McNamee, ancien proche de Zuckerberg et investisseur historique du réseau social estime carrément que Facebook nuit « à la santé publique » et qu’il manipule ses utilisateurs à des fins commerciales.

Pas vraiment un scoop direz-vous, déjà en mai dernier Chris Hughes, un des cofondateurs de Facebook, expliquait dans le New York Times que le gouvernement américain devait « briser le monopole de Facebook et imposer un contrôle de la compagnie qui l’oblige à rendre des comptes au peuple américain. » Mais le fait qu’un nouvel acteur clé du succès du réseau social s’alarme de son expansion et de ses méthodes donne un indice assez sérieux de la gravité du problème.

Mais au fait, comment Facebook, Instagram, Google ou YouTube vous manipulent ? Très simplement selon McNamee, en privilégiant via leurs algorithmes les contenus qui « provoquent la peur ou l’indignation, en particulier les discours de haine, la désinformation et les théories du complot ». Et non pas parce que les internautes aimeraient ces contenus, ou qu’ils prendraient du plaisir à les consulter, non, mais parce qu’ils « activent le cerveau reptilien – notre câblage psychologique le plus fondamental – déclenchant une réponse à laquelle nous ne pouvons pas résister. » Et de conclure : « Ce n’est pas accidentel. C’est ainsi que sont conçues les plateformes Internet. »

« Ce n’est pas accidentel. C’est ainsi que sont conçues les plateformes Internet. »

De fait, le modèle économique de ces plate-formes repose essentiellement sur les revenus publicitaires, et sans audience, les publicités ne sont rien. La survie et la croissance de Facebook et des autres dépendent donc de leur capacité à capter et garder le plus longtemps possible l’attention de leurs visiteurs. Et pour ce faire, rien de tel que de leur infliger une bonne dose de stress à vocation addictive via des contenus anxiogènes. En effet, en situation de stress le corps libère du cortisol, la bien nommée « hormone du stress », et pour faire simple cette hormone qui augmente la concentration de sucre dans le sang pour donner à l’organisme l’énergie dont il a besoin pour répondre à une situation de stress, a aussi un effet comparable aux drogues (alcool, opiacés, cannabis…) en terme de plaisir et d’addiction (via le « système de récompense »). Et si cette réponse physiologique est efficace en situation de stress isolé, elle provoque de nombreux dérèglements en cas de stress répété ou constant « troubles de l’anxiété, dépression… » et comme on le disait, l’addiction, qui est ici l’effet recherché par les réseaux sociaux. Ou comment s’assurer la fidélité de ses utilisateurs en les maltraitant.

En quelques mots, on pourrait dire que Facebook vous met sciemment dans des situations de stress prolongé et répété pour modifier la chimie de votre cerveau et donc gagner du pognon. Mais il faut les comprendre ces braves gens, vous avez une idée du prix au mètre carré dans la Silicon Valley, vous ? C’est leur bien-être contre le vôtre.

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« Mark est un type bien, un gentil. Mais son obsession pour la croissance l’a poussé à sacrifier la sécurité et l’intérêt général pour des clics. » Et c’est Chris Hughes qui le dit…
Auteur
Richard Romano

Il n'y a pas grand-chose à dire sur Richard. Bon camarade avec des odeurs corporelles limitées à leurs plus simples expressions, Richton erre à la rédaction le plus souvent à la recherche d'un Croix Bleu, d'un Stoptou ou d'un Batna. Parfois il travaille, mais trouve toujours une bonne excuse pour ne pas rendre un article à l'heure : "Mon père était bloqué à Roquefort-la-Bédoule alors j'ai dû...", "J'ai marché dans l'eau avec mes chaussettes donc..." et notre préférée "J'avais pas Internet alors j'ai envoyé des mails". Une épée.

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Auteur Richard Romano