Le chiffrement des données sur iOS et Android : un frein au travail des enquêteurs selon le Centre Européen de lutte contre la cybercriminalité

Après le patron du FBI, c’est au tour du directeur du Centre Européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3) de pointer du doigt le renforcement de la protection des données personnelles sur les prochaines versions des OS concurrents. D’après ce dernier, le chiffrement des données va rendre impossible le travail des enquêteurs.


L’argumentaire reste le même, la manière est cependant plus douce. La semaine dernière, James Comey, patron du FBI, considérait le renforcement du chiffrement des données sur iOS et Android comme une entorse à la loi. Dans les colonnes de The Register, c’est au tour de Troels Oerting, l’actuel directeur du Centre Européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3), de s’exprimer. Ce dernier rejoint les dires de son homologue américain, le renforcement à venir de la politique de confidentialité sur les OS mobiles Android et iOS ne va pas faciliter la tâche aux forces de l’ordre.

« Le chiffrement irréversible va rendre la tâche très difficile – peut-être même impossible – aux forces de l’ordre pour obtenir des preuves et je ne suis pas sûr que cette réalité soit évidente pour tout le monde »

Petit rappel concernant la manière dont les données seront chiffrées sur les versions futures des deux OS mobiles. Pour Apple, ce renforcement du niveau de sécurité passe par le fait que seul l’utilisateur pourra accéder à ses mots de passe. Du côté de Google, l’ennemi mortel, le chiffrement des données, qui existe déjà sur certains Androphones (Paramètres > Sécurité > Chiffrement > Chiffrer le téléphone), serait activé par défaut sur le fameux Android L.

Pour Troels Oerting, toute société démocratique se doit de laisser les mains libres aux autorités pour qu’elles accèdent à certaines données précises sur telle ou telle personne lorsque la situation se fait des plus urgentes (affaires de crime, terrorisme), que les suspicions sont fondées et que le magistrat a donné son accord par l’intermédiaire d’un mandat. D’après le patron de l’EC3 « Cela vaut pour le monde réel, cela devrait aussi s’appliquer dans le cyberespace ».

Troels Oerting voit le débat avec les citoyens sur les compromis que ces derniers sont prêts à faire ou non comme unique porte de sortie à ce problème. Selon lui « le chiffrement complet des communications et du stockage à distance va rendre la vie très facile pour les criminels et les terroristes ».

Reste à savoir comment les gouvernements réagiront et quelles seront les décisions prises une fois que les deux OS seront bien implantés sur le marché.